Le député PS Pierre-Alain Muet pourrait ne pas voter le plan d'économies

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©Laurent Cerino
©Laurent Cerino (Crédits : Laurent Cerino)
Le député PS du Rhône Pierre-Alain Muet pourrait ne pas voter le plan d'économies le 29 avril. Prendra-t-il le risque de décrédibiliser voire de faire tomber le gouvernement Valls ?

« Voterai-je le plan d'économiesle 29 avril prochain ? Je ne sais absolument pas ». Pierre-Alain Muet, député PS du Rhône et vice-président de la Commission des Finances, fait planer le doute. Il est l'un des 14 signataires du manifeste appelant le gouvernement à réviser le contenu du pacte, et notamment à ramener à 35 milliards d'euros le montant des économies. Son crédo ? « L'essentiel des efforts servira à financer les allègements ». Allègements dont il confie avoir été « stupéfait » que François Hollande, dans la mouture finale, les abonde de 10 milliards supplémentaires.

Commission « coupable »

Surtout, l'économiste, ancien professeur à l'École Polytechnique, vilipende une Commission européenne qui, « depuis Jacques Delors, n'a jamais eu à sa tête le patron compétent pour porter le développement économique et social européen ». Hors de question pour ce fidèle Jospiniste de ployer devant le diktat d'une Commission à ses yeux coupable d'avoir précipité l'Europe dans une récession « sans autre précédent que celle des années trente », au crépuscule de laquelle s'imposèrent le national-socialisme et la guerre. « Si on ne fait rien maintenant, nous le payerons très cher lors du scrutin européen », prévient-il.

Esquive

Est-il prêt à prendre le risque de décrédibiliser voire de faire tomber le gouvernement Valls si les 88 députés, comme lui ouvertement favorables à la renégociation du plan, ne votent pas en sa faveur ? L'embarras domine dans la bouche de Pierre-Alain Muet, qui se réfugie derrière la possibilité pour le Premier Ministre de ne pas soumettre le plan au vote du Parlement. Une éventualité en réalité très peu probable, d'une part car la Commission Européenne ne le souhaite pas, d'autre part car une telle esquive serait « politiquement » guère envisageable et de toute façon scellerait la sort du dispositif.

Et le député d'affirmer alors qu'un rejet du pacte permettrait à Manuel Valls d'aller « enfin » affronter la Commission et ainsi « de justifier sa désignation à la tête du gouvernement », en prenant  appui sur le « non du peuple français via son parlement », pour obtenir un nouveau report du délai d'atteinte des 3% de déficit public. Est-il là aussi sérieux que la somme des réflexions et travaux macro-économiques qui ont fait sa réputation d'universitaire ?

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Commentaires
a écrit le 19/04/2014 à 21:36 :
on est bien barré avec des mecs comme ça qui n'ont fait que manger aux rateliers de nos impôts! "Economiste", lui?????
On a une chance de trouver un consensus national qui élimine les extrêmes, mais ça risque de ne plus le rendre intéressant pour "s'opposer". Et le sauvetage de la France, c'est avec son sourire qu'il va le faire?

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