BTP : "Nous avons besoin de temps pour assurer la poursuite d'activité", Philippe Lansard, FFB Auvergne-Rhône-Alpes

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(Crédits : DR)
Les professionnels du bâtiment ont entamé un bras de fer avec le gouvernement qui souhaite la poursuite de l'activité des professionnels du bâtiment et des travaux publics alors même que cela expose les salariés aux risques. Philippe Lansard, le président de la Fédération française du bâtiment en Auvergne-Rhône-Alpes détaille leurs revendications alors que 30% des entreprises du secteur ont stoppé leur activité dans la région.

La Tribune - Dans quel état d'esprit se trouve la profession ?

Philippe Lansard - Nous faisons l'objet d'un chantage de la part du gouvernement. Il ne veut pas prendre en charge le chômage technique de nos salariés alors qu'il martèle un tout autre message, celui de rester chez soi. Or, nous ne pouvons pas mettre l'ensemble de nos salariés en télétravail, la plupart d'entre eux sont sur le terrain.

Pour le moment, c'est difficile de concilier les règles de sécurité et les distances imposées. D'autant difficile à supporter que sur les chantiers encore en activité, nos salariés se font insulter par le voisinage, des gens confinés qui ne comprennent pas ce les ouvriers font dehors sans respect possible des règles.

Quel constat tirez-vous de la situation actuelle ?

La réalité, c'est que la majorité des chantiers, sont, de fait, à l'arrêt, environ 30% des entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes. Lorsque le président a annoncé que les Français devaient rester chez eux, les chantiers se sont arrêtés d'eux même : nos donneurs d'ordre nous ont interdit l'accès à leurs entreprises, leurs usines, ils ont déjà assez à gérer avec leur propre personnel. C'est là le paradoxe de ceux qui nous gouvernent : les ministres doivent descendre de leur tour d'ivoire et constater ce qui se passe sur le terrain.

Nous ne sommes pas une activité vitale par rapport à l'ensemble des activités nécessaires. Bien sûr, on ne se défausse pas : chacun d'entre nous s'est organisé pour assurer l'astreinte et le dépannage, les fuites, la maintenance dans les hôpitaux et toutes les activités indispensables.

Autre inquiétude : la responsabilité. Nous sommes dans une situation de crise difficile : on comprend la peur de nos salariés, ils se retourneront contre nous s'ils sont contaminés sur nos chantiers. Et même si nous nous sommes améliorés, nous sommes encore une profession avec de nombreux accidents. Il ne s'agirait pas d'aller encombrer les urgences avec une main coupées ou des blessés.

Que demandez-vous au gouvernement ?

On demande une pause et une prise en charge d'une dizaine de jours. On n'est pas opposé à la reprise : on a besoin de temps pour y travailler en énonçant des règles du jeu claires entre les donneurs d'ordre, l'Etat et les entreprises. Nous voulons nous organiser, expliquer et faire le nécessaire pour que nos 200 000 salariés d'Auvergne-Rhône-Alpes reviennent en toute confiance sur les chantiers.

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