Grenoble : l'ambitieux projet du groupe Klépierre pour le centre commercial Grand’Place

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D'ici 2021, le centre commercial Grand'Place changera de visage. Un important projet de rénovation est désormais acté.
D'ici 2021, le centre commercial Grand'Place changera de visage. Un important projet de rénovation est désormais acté. (Crédits : DR)
Avec ses 120 boutiques accueillies sur 54 000 m2, le centre commercial Grand’Place, à cheval entre Echirolles et Grenoble, fait figure de poids lourd sur l’agglomération grenobloise. Face à des locaux qui ne correspondaient plus à l’image que souhaitent donner son propriétaire, le groupe Klépierre, celui-ci s’apprête à lancer un grand relifting du centre commercial, avec de premières livraisons prévues à compter de 2019. Et ce, alors même qu'un autre projet d'envergure, Neyrpic, est annoncé pour 2020.

Se conformer aux attentes de la clientèle, et imaginer le centre commercial de demain. Pour le groupe Klépierre, qui a repris la gestion de Grand'Place au groupe Corio en 2015, la tâche est grande. Car si Grand'Place demeure l'un des poids lourds de l'économie commerciale grenobloise, avec ses 120 boutiques et ses 12 millions visiteurs annuels, force est de constater que ses bâtiments ont encore tout de l'empreinte des années 1970.

Hormis une série de travaux entrepris en 2000, le centre commercial a en effet traversé le temps, pour une image qui ne reflète jusqu'ici pas vraiment le dynamisme du bassin. Un élément d'autant plus problématique qu'un projet de 24 000 m2 de surface commerciale flambant neuf s'apprête à voir le jour d'ici 2020 à quelques minutes de trajet, à Saint-Martin d'Hères.

Lire aussi : Grenoble : un centre commercial nouvelle génération aux portes de la ville

Le propriétaire de Grand'Place, la foncière commercial Klépierre, qui gère un patrimoine commercial estimé à près de 25 milliards d'euros, comprenant plusieurs grands noms en Auvergne-Rhône-Alpes (Ecully Grand Ouest, le centre Courrier à Annecy, le Centre Deux à Saint-Etienne ainsi que le centre Jaude à Clermont-Ferrand), parle d'un site "qui fonctionne très bien. On a enregistré l'arrivée d'un certain nombre de nouvelles enseignes au cours des dernières années, et certains éléments comme l'agrandissement de Zara, qui est passé d'une surface de 1200 à 3 200m2, sont de très bons signes", explique Vincent Sadé, directeur développement Klépierre France.

Entre modernisation et rénovation

Mis sur la table depuis plusieurs années, un important projet de rénovation comprenant la modernisation du centre commercial, ainsi qu'une restructuration complète la galerie attenante (où se trouve actuellement le Marché des Affaires), est désormais actée.

"Le volet modernisation comprend une réfection des sols et des faux plafonds, des sanitaires, ainsi que la création de verrières, et de zones de repos et d'événementiel, ainsi que le traitement global des façades et des deux entrées afin de rendre les espaces plus agréables, pour des travaux qui auront lieu entre 2019 et 2020", souligne Vincent Sadé.

La galerie attenante sera quant à elle entièrement déconstruite et rebâtie pour être mise au niveau de la rue, et aux "standards des centres commerciaux modernes". Passant d'une surface de 14 000 à 16 000 m2, pour une livraison attendue en 2021, cette nouvelle galerie proposera ainsi des emplacements commerciaux sur deux étages.

Elle accueillera ainsi une dizaine de nouveaux restaurants, une quinzaine de boutiques et deux enseignes de taille moyenne, faisant grimper le nombre de commerces total de 120 à 160 enseignes, avec l'arrivée de nouveaux noms, tels que l'enseigne irlandaise Primark.

Le groupe évoque une somme proche des 70 millions d'euros pour les deux volets, assumée en fonds propres, pour un centre commercial qui, d'un autre côté, génère un chiffre d'affaires annuel de près de 160 millions d'euros actuellement. Et vise, à travers ce projet, le niveau excellence de la certification Building Research Establishment Environmental Assessment Method (Breeam)

Lorsqu'on lui pose la question de la concurrence existante et à venir, avec le développement de projets tels que le complexe Neyrpic, qui devrait sortir de terre d'ici 2020 à Saint-Martin d'Hères, Vincent Sadé se montre confiant.

"Grand'Place reste le plus grand centre commercial en termes de surface, de chiffre d'affaires et de mix commercial de la région et permet d'offrir une offre aussi complète que dans les plus grandes métropoles de France, il n'existe pas de comparaison possible", fait-il valoir.

Un partenariat public-privé

Compte-tenu du rayonnement d'un tel équipement, un projet urbain partenarial (PUP) a été signé entre la métropole Grenoble Alpes et le propriétaire Klépierre, en vue de requalifier l'espace urbain et de démolir notamment l'autopont qui surplombait jusqu'ici Grand'Place. Avec un objectif : redonner de la place aux piétons à l'abord du centre commercial.

"Ce projet correspondait aussi aux attentes de la métropole, qui, en tant que gestionnaire des espaces publics et de la voirie, se demandait comment faire d'un centre commercial un lieu de flux et d'espace public qui soit moderne", explique Christophe Ferrari, président de la métropole grenobloise.

Avec, comme symbole de cette volonté, la démolition de l'autopont.

"Cet autopont représentait un symbole d'aménagement routier des années 1970, qui coupait en deux le quartier et donnait clairement la priorité à la voiture", estime Philippe Vic, directeur de la ville durable de la ville d'Echirolles.

C'est la raison pour laquelle la ville d'Echirolles elle-même avait réservé un emplacement pour faire passer un espace public au sol en remplacement de cette structure au sein de son PLU.

Des discussions, amorcées en 2014-2015 entre les différentes parties concernées, et qui se sont finalement traduites par la signature d'un projet urbain partenarial, où la métropole porte un projet estimé à 8,5 millions d'euros visant la requalification des espaces publics et la fluidification du trafic automobile, tandis que le groupe Klépierre s'est engagé à contribuer également à hauteur de 2,5 millions d'euros.

"Il est intéressant de voir que le sujet des espaces publics intéresse Klépierre et se pose comme un élément d'attractivité du lieu", ajoute le président de Grenoble Alpes Métropole, qui voit dans ce nouveau projet l'occasion de relancer la dynamique d'un quartier, fortement marquée par l'image de ses deux Villeneuve, alors qu'il héberge aussi un certain nombre d'entreprises (Artelia, Schneider, HP, Caterpillar, Spartoo...).

"Grand'Place est le point central d'un secteur que nous appelons aujourd'hui la centralité sud, et qui deviendra demain la prochaine Presqu'île de Grenoble", estime Christophe Ferrari.

Pour cela, les collectivités comptent bien miser sur l'attractivité qui devrait être générée par la refonte du centre commercial pour accroître la dynamique du quartier, qui réunit près de 40 000 emplois. Et pourquoi pas, aller jusqu'à lui trouver un nouveau nom, plus moderne et "sexy", qui n'a pas encore été arrêté, en vue de mettre à profit les mètres carrés qui demeurent utilisables.

"Il ne s'agit pas d'un projet uniquement commercial, cela va de pair avec toute la requalification d'un quartier. Nous n'aurions nous-mêmes pas pu réaliser un projet avec autant d'impact, en matière de traitement des espaces verts, de fluidification de la circulation, d'espaces piétons", précise pour sa part Vincent Sadé.

Selon lui, les foncières comme Klépierre auront de plus en plus vocation demain à travailler aux côtés des aménageurs publics, "afin que les centres commerciaux deviennent partie prenante de leur quartier".

Pour Philippe Vic, à la ville d'Echirolles, le PUP demeure un outil intéressant lorsqu'il existe des enjeux forts d'aménagement des espaces publics : "mais tout dépend du sens de l'usage qui en sera fait ensuite. Il faut que cela reste raisonné et raisonnable, car il n'est pas question de faire porter les coûts d'un aménagement public à des acteurs qui n'y voient aucun intérêt".

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