Bâtiment : 17 propositions pour colmater la crise du secteur

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(Crédits : DR)
Premier employeur privé régional avec 153 000 salariés, le secteur du bâtiment tire la sonnette d'alarme suite à la baisse des mises en chantier. La FFB Rhône-Alpes présente 17 propositions à destination de l'État, du Conseil régional, des banques et des collectivités locales pour colmater la crise.

Après les manifestations du secteur des travaux publics au mois d'octobre, c'est au tour du bâtiment de tirer la sonnette d'alarme. Avec 33,384 logements mis en chantier fin juillet 2014, le secteur est loin des 51,417 constructions de 2011 et de la moyenne de longue période, de l'ordre de 42,600. En dépit du plan de relance annoncé par la ministre Sylvia Pinel, les sept fédérations départementales du bâtiment en Rhône-Alpes estiment qu'il y a "il y a urgence à agir", a expliqué Jacques Blanchet, président de la FFB Rhône-Alpes, ce lundi.

6 000 emplois supprimés

Selon les professionnels, le plan Pinel mettra 12 à 18 mois avant de porter ses fruits. "Le bâtiment subit une dégradation brutale et alarmante de son activité. Il n'y a pas de relais pour soutenir l'appareil de production qui décroche", poursuit le président de la FFB Rhône-Alpes. Face à cette situation de crise, qui a déjà détruit "6 000 emplois" en cinq ans selon l'organisation, le secteur du bâtiment a présenté 17 propositions. "Il faut que nos interlocuteurs comprennent que nos propositions sont pragmatiques. On n'est pas là pour se plaindre, mais pour proposer" soutient Jacques Blanchet.

"Un problème de courage politique"

Les 17 propositions s'adressent à l'État, à la région Rhône-Alpes, aux banques et assurances et aux collectivités locales. Parmi les mesures phares, le secteur demande le déblocage des chantiers arrêtés et la réduction des délais d'instructions des permis de construire, le renforcement du soutien aux trésoreries, la lutte contre la concurrence déloyale, la réactivation du dispositif de remboursement anticipé de TVA (FCTVA ), une mesure également défendue par Jean-Marc Cornut, président de la Fédération régionale des travaux publics de Rhône-Alpes.

Mais surtout, la fédération régionale du bâtiment souhaite le maintien des budgets investissements, notamment auprès des collectivités. "Les dépenses d'investissements ne doivent pas être la variable d'ajustement", souligne Philippe Lansard, président de la fédération du BTP de Haute-Savoie, dans le cadre de la réduction des allocations étatiques attribuées aux acteurs locaux. "C'est avant tout un problème de courage politique", poursuit-il.

La région se veut rassurante

De son côté, la région Rhône-Alpes veut rassurer les acteurs du bâtiment. "Nous avons conscience de l'importance de ce secteur d'activité. Contrairement à d'autres collectivités, le budget qui sera voté d'ici la fin de l'année devrait maintenir l'investissement. C'est notre volonté politique", affirme un proche conseiller du président Jean-Jack Queyranne. Par ailleurs, la région souhaite s'appuyer sur la société publique locale (SPL) Oser, dotée de 41 millions d'euros suite à un prêt de la Caisse des Dépôts, afin de financer la rénovation énergétique des bâtiments de la région. Et donc stimuler l'activité.

Les 17 propositions

Les services de l'Etat :

  • Le déblocage des chantiers arrêtés et la réduction des délais d'instruction des permis de construire.
  • Le redéploiement de la Dotation d'Equipements des Territoires Ruraux (DETR) en faveur des communes qui investissent.
  •  La mobilisation du foncier public et la mise à disposition de terrains constructibles.
  • La mobilisation de la BPI pour le soutien des trésoreries en particulier l'extension des clients éligibles au dispositif Avances Plus.
  • Le développement des infrastructures avec le Contrat de Projet Etat/Région.
  • La mise en place à court terme d'une cellule type CDFE (Commission Départementale de Financement de l'Economie) spécifique BTP.
  • La lutte contre la concurrence déloyale et contre les fraudes au détachement.

Le Conseil Régional :

  • La mobilisation du budget d'investissements et la signature d'une charte de bonnes pratiques.
  • Le renforcement de l'accompagnement à la rénovation énergétique.
  • L'abondement des investissements productifs notamment par le levier des fonds européens.

Le Comité régional des Banques et les assureurs crédits :

  • Le renforcement du soutien aux trésoreries d'entreprises et à la modernisation de l'outil de production.
  • Le renforcement de l'accompagnement personnalisé des assureurs crédits.

Les collectivités locales et les parlementaires :

  • Le maintien des Budgets d'Investissement.
  • La réactivation du dispositif FCTVA de remboursement anticipé de TVA aux collectivités locales.
  • La lutte contre les offres anormalement basses en application du Code des marchés publics.
  • L'engagement de nouvelles réflexions sur la gestion patrimoniale.
  • Conforter le plan de relance Bâtiment dans le projet de loi de finances 2015.

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Commentaires
a écrit le 13/11/2014 à 11:42 :
Le bâtiment est un métier cyclique qui crée des emplois précaires. Quand les politiciens expliquent qu'il faut construire 500 000 logements par an, c'est de la démagogie et ils n'y croient pas eux-mêmes. Et quand ils croient que "quand le bâtiment va, tout va", c'est de l'incompétence : on n'est plus dans les 30 glorieuses depuis longtemps.
a écrit le 05/11/2014 à 7:11 :
Pour aider la construction et l habitât créons une nouvelle taxe...
a écrit le 04/11/2014 à 21:35 :
Le bâtiment, n'est ce pas cette activité quasiment subventionnée par la fiscalité, c'est à dire nos impôts ?
Si on supprimait les lois machins, bidules, etc, histoire d'assainir le marché ?
a écrit le 04/11/2014 à 20:50 :
La solution est connue, il suffit d'accélérer sa mise en oeuvre ; Pour relancer le secteur du batiment tout en faisant baisser les prix de l'immobilier, il sera très vertueux de générer des incitations positives pour générer très rapidement les travaux dans l'existant et la remise sur le marché de tout l'ancien immobilier dormant ;
Ainsi les propriétaires de vacant auront 2 choix :
a) soit faire immédiatement des travaux pour remettre sur le marché, massivement cela fera baisser les prix du marché et donnera un grand soufle de travail aux entreprises du batiement et des travaux publics .. ce qui fera rentre de la TVA dans les caisses de l'Etat
b) soit payer de lourdes taxes qui feront aussi rentrer des fonds dans les caisses de l'Etat pour financer le logement neuf
Il est EVIDEMMENT juste salutaire d'augmenter les taxes sur les résidences secondaires,
il sera EVIDEMMENT encore plus salutaire et plus juste de taxer très lourdement tout l'immobilier vacant, les bureaux vacants, les appartements vacants, les immeubles vacants, les villas vacantes, les locaux industriels vacants...
Réponse de le 05/11/2014 à 7:13 :
Il faut taxer encore faire passer l exonération sur la vente dans l ancien de 30 a 50 ans...
a écrit le 04/11/2014 à 11:20 :
RELANCE LE B T P C EST UNE BONNE IDEE VECTEUR D EMPLOIE???
Réponse de le 05/11/2014 à 7:15 :
Mais non il ne faut plus faire travailler les ouvriers les élus pourrons mieux vampiriser leur femmes et leur enfants surtout leur enfants...
a écrit le 04/11/2014 à 10:23 :
Bloquer voir réguler le prix des terrains constructible
Réponse de le 04/11/2014 à 20:06 :
Vous venez de resumer le problème. Mais qui osera ??
Réponse de le 04/11/2014 à 20:48 :
... c'est essentiellement le prix du foncier, qui est scandaleusement trop élevé, ce qui freine énormément les projets de construction. Alors il ne faut pas bloquer le prix des terrains, mais encourager les communes qui proposent des terrains. La spéculation immobilière sclérose gravement l'économie, en créant des situations de rente pas productives du tout, car freinant l'économie en endettant de inutilement les candidats à l'accession à la propriété. Tout cet argent mis dans l'achat d'un terrain ne va pas ailleurs !
Réponse de le 05/11/2014 à 0:32 :
on est dans un libre marché, c'est la loi de l'offre et la demande. Si plein de gens veulent acheter un terrain quelque part, alors normal que ça soit cher !! on peut pas bloquer ou réguler les prix. C'est la faute des gens qui veulent acheter aux memes endroits, pas aux vendeurs.
Réponse de le 05/11/2014 à 3:33 :
vous oubliez que pour mettre un terrain aux normes de construction, le prix pour payer tous ces fénéants inutiles est absolument gigantesque !!!
Réponse de le 05/11/2014 à 7:16 :
Oui oui taxer taxer vive les taxes...

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