Musée des Confluences : Mercier met la pression sur Vinci

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(Crédits : Libre)
41 millions d'euros, de pénalités de retard pour le chantier du musée des Confluences. C'est le montant évalué par le Conseil général du Rhône qui vise le groupe Vinci. Le montant et la méthode ont suscité quelques remous en séance, ce mardi. Les deux partenaires semblent encore très loin d'un accord.

Va-t-on au vers un clash entre le département du Rhône et le groupe Vinci à propos du musée des Confluences de Lyon ? Le rapport présenté par Michel Mercier, ce mardi lors de la séance du Conseil général table sur 41 millions d'euros de pénalités de retard, qui pourraient être réclamées.

Le musée doit être livré le 19 novembre, pour une inauguration un mois plus tard, avant un transfert au 1er janvier à la Métropole de Lyon. Le chantier pharaonique a pris 16 mois de retard. Maitre d'ouvrage, le département met désormais la pression sur Vinci et les deux autres entreprises qui ont obtenu le marché du gros œuvre du chantier, pour un montant de 106 millions d'euros.

Un calcul hasardeux

Dans un premier temps, le rapport déduisait même les 41 millions du coût final du chantier, pour le ramener à 213,8 millions d'euros (au lieu de 255,1 à ce jour, en incluant 15,7 millions d'euros d'ajustement de l'autorisation de programme). Un calcul pour le moins hasardeux, partant du principe que Vinci va forcément payer ce montant.

Or rien n'est moins sûr. Une jurisprudence prévoit que les pénalités de retard ne puissent pas dépasser 25 % du montant total du marché. Michel Mercier a reconnu lui-même ce mardi qu'une vingtaine de millions d'euros pourraient en fait être obtenus. Deuxièmement, Vinci n'a pas l'intention de se laisser faire. Dans un courrier, daté du 22 octobre, adressé aux conseillers généraux, le groupe et les deux autres entreprises concernées, réfutent la responsabilité du retard. Elles jugent "disproportionnés, injustifié et inéquitable" le montant des indemnités.

"Le dossier de conception de l'ouvrage s'est révélé insuffisamment abouti. Nous n'avons eu de cesse d'alerter notre donneur d'ordre", justifient les entreprises qui s'étonnent de "la signification de cette démarche tardive" de la part du conseil général du Rhône. D'autant que Vinci pourrait également demander au département certaines sommes relatives à des révisions de prix.

"Un dossier blindé?"

De son côté, Michel Mercier avance que la SERL, maitre d'ouvrage délégué pour le projet a constamment alerté les entreprises sur les risques de retards

"C'est blindé. Il y a autant de mises en demeure dans ce dossier que de boulons et de pièces dans le musée. Tout le monde semble avoir préparé le contentieux" risque même l'ancien président du conseil général.

La soustraction des 41 millions d'euros au montant total du chantier a suscité une heure et demi de débats au sein de l'assemblée départementale. "Ce rapport atténue trop facilement le coût total du projet", a estimé Louis Pelaez, conseiller général PRG. "La finalité du rapport interroge. Le résultat attendu est fragile et cela ne donne pas plus d'avancées sur le coût final du projet" a renchéri Pascal Charmot, conseil général UMP.

Comme palliatif, la présidente du Conseil général du Rhône, Danielle Chuzeville, a fait voter un amendement supprimant ce dernier paragraphe du rapport qui mentionnait le prix du musée une fois déduites les pénalités.

La porte ouverte aux discussions

Le rapport a finalement été adopté par 49 voix contre 2, et 3 abstentions, magré les réserves émises par de nombreux élus. "On fait comme si Vinci allait perdre. Il vaut mieux un bon accord qu'un mauvais procès", a fait remarquer Gilles Buna, conseil général EELV. "Ce débat vient un peu tard" a regretté Christophe Guillauteau, président du groupe UMP "J'ai un peur que cette affaire se termine mal".

Le Conseil général du Rhône et Vinci ont un mois et demi pour trouver un accord, avant de porter l'affaire devant la justice. " L'objet de la délibération c'est d'armer le dialogue. La porte est ouverte aux discussions" martèle Michel Mercier. Une chose est sure ce n'est pas encore maintenant que l'on connaitra le coût réel du musée des Confluences.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2014 à 17:28 :
Les psychiatres sont dehors et les fous sont renfermés; c'est normal;;le règne de la folie et des égos, c'est facile de faire des constructions avec l'argent de la région, notre région bien sur, pour quelle utilité, il faudrait au préalable la connaître, pas de soucis tous paieront, car bien entendu ce n'est pas de leur faute c'est la faute à l'autre, cela est un bel exemple de ce qui se passe également dans toute la France, pendant ce temps les autres vont au resto des coeurs ou à l'armée du salut, pas de problème la vie est belle...
a écrit le 29/10/2014 à 15:09 :
250 millions d'euros pour ce seul musée (et ? les infrastructures de desserte qui vont avec ?), une vraie gabegis... Mégalopolis quand tu nous tiens...!
a écrit le 29/10/2014 à 9:47 :
Mais mon pauvre Eugène qui donc va financer cette folie si ce n'est le contribuable ?
La vraie question est : combien de centres d'accueil pour sans-abri ou de crèches aurait on pu construire avec ces 250 M€ ?
La culture oui, mais à quel prix ?
a écrit le 29/10/2014 à 9:29 :
Quel miracle d'horreur !
J'espère qu'aucun contribuable en France n'y soit de sa poche !
a écrit le 29/10/2014 à 8:03 :
Ce projet est symptomatique de la mégalomanie de nos élus et de leurs projets pharaoniques destinés à flatter leur égo et à laisser une trace dans le paysage urbain. Le coût de cette construction ainsi que le budget de fonctionnement sont hors de proportion avec ce dont nous aurions besoin à Lyon. C'est un scandale dont M. MERCIER et consorts devront répondre pour les contribuables du Rhône sans compter l'opacité du marché public...
a écrit le 29/10/2014 à 8:03 :
Ce projet est symptomatique de la mégalomanie de nos élus et de leurs projets pharaoniques destinés à flatter leur égo et à laisser une trace dans le paysage urbain. Le coût de cette construction ainsi que le budget de fonctionnement sont hors de proportion avec ce dont nous aurions besoin à Lyon. C'est un scandale dont M. MERCIER et consorts devront répondre pour les contribuables du Rhône sans compter l'opacité du marché public...
a écrit le 29/10/2014 à 7:37 :
Cas typique cout multiplié par 3 sans problemes et on appelle cela un appel d offres. la marge et la corruption se font dans les depassements de travaux.....Ils vont trouver un accord et une maniere de retroceder des commissions supplementaires à droite et à gauche...Vive la France propre et honnete
a écrit le 28/10/2014 à 20:30 :
Comment est il possible de faire encore parler de soit quand on a lancé en 99 un projet à 60 millions d'€ pour se retrouver en 2014 avec une facture de 300 M€ et 5 ans de retard ?
Un bel exemple d'impéritie et de gabegie. Mais ici, qui s'en soucie ?
a écrit le 28/10/2014 à 20:18 :
41 mE de pénalité de retard pour un musée, on marche sur la tête, pour un truc qui ne produit rien sinon des dettes publiques,

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