« Si la production n'est pas à la hauteur, les prix pourront difficilement se stabiliser »

 |   |  940  mots
(Crédits : DR)
Adopté le 13 mai dernier, le Plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon devrait permettre de relancer la construction de logements neufs, selon la métropole. Avec, pour effet, d'endiguer le phénomène de pénurie et de hausse des prix qui prend de l'ampleur. Hervé Simon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise et Philippe Warsmann, administrateur de la FPI de la région lyonnaise ont une analyse plus mesurée.

Le Plan local d'urbanisme et de l'habitat est désormais voté, quel est votre lecture globale sur ce document ?

Nous sommes d'abord satisfaits d'avoir enfin un Plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H). Il faut désormais que tout le monde se l'approprie au plus vite et que les services d'urbanisme des communes délivrent les permis de construire. Cette procédure de réalisation du PLU-H très longue (NDLR : près de 7 ans) a ralenti considérablement la production de logements, donc la question est désormais de savoir combien de temps il faudra pour rattraper ce retard. Néanmoins, nous ne voulons pas être alarmistes. Ce PLU-H propose une capacité intéressante de production de logements neufs, au moins pour des deux années à venir, puisque nous sommes sur environ 10 000 logements nouveaux ce qui permettrait de redonner un peu d'air au marché actuellement très tendu.

A plus long terme, cette analyse est-elle la même au regard de la baisse de production qui devrait se traduire par environ un millier de logements en moins par an sur la métropole ?

C'est effectivement un point d'inquiétude. Ce PLU-H est théoriquement fait pour mettre les moyens nécessaires en face du développement de la métropole, mais nous constatons que la demande est toujours aussi soutenue. Par ailleurs, nous savons par expérience que le foncier théoriquement disponible au sens du PLU-H n'est pas le même que le foncier effectivement disponible. C'est pourquoi, il faut rester prudent et attendre de voir ce que les maires vont véritablement autoriser en signant les permis de construire.

La métropole estime que ce PLU-H est de nature à détendre suffisamment le marché du logement pour aller vers une stabilisation des prix, qu'en pensez-vous ?

Là encore on revient au problème de l'offre : si l'offre se développe suffisamment pour sortir de ce marché en tension, la stabilisation des prix est peut-être à notre portée. Au moins dans des secteurs où le foncier est encore important, comme Gerland, ou le Carré de Soie. En revanche, si la production n'est pas à la hauteur de la demande, nous restons sur le schéma dans lequel nous sommes depuis deux ans et les prix pourront difficilement se stabiliser.

La métropole promet d'autres outils pour parvenir à stabiliser les prix, notamment le retour du plan 3A (un dispositif qui vise à aider les ménages à revenus modestes et moyens à devenir propriétaire d'un appartement neuf) et un office foncier solidaire (OFS), cela vous semble-t-il pertinent ?

L'OFS peut être une solution et une solution durable, pour avoir une vision à long terme. C'est donc un outil que nous regarderons avec intérêt. Toute ou partie d'un foncier peut être maitrisé par l'OFS. C'est un moyen de permettre à la fois à certaines personnes d'accéder à la propriété et de préparer l'avenir.

Une autre orientation forte de ce PLU-H est le classement de plus d'éléments patrimoniaux, cela peut-il vous amener plus de contraintes ?

Nous étions demandeurs de cet inventaire plus précis, notamment parce qu'il nous arrivait de monter des projets qui étaient au final retoqués, alors qu'ils se situaient sur des sites non répertoriés. Ces classements amènent plus de lisibilité et ils vont dans le bon sens. Alors, bien sûr, ils peuvent être porteurs de certaines contraintes, mais souvent ces éléments apportent un caractère particulier et positif à une opération.

Cette analyse positive vaut-elle aussi pour les nouvelles règles relatives aux places de parking et pour la création d'un barème indicatif sur les surfaces des logements ?

Sur les places de stationnement, le PLU-H adapte les ratios de production au regard du réseau de transport en commun. C'est un raisonnement intéressant qui correspond à la réalité des besoins de nos clients et c'est donc une réelle amélioration. En revanche, il faut en finir avec ce débat sur la taille des logements. Depuis 7 ans, la surface des logements ne baisse pas dans la métropole, ce n'est pas un sujet, mais un procès d'intention fait aux promoteurs. Après certaines communes souhaitent plus de grands logements, des T4 ou des T5. Mais il ne faut pas ignorer la nature de la demande et sur ce point nous constatons que les grands logements sont ceux qui se vendent le moins bien, alors qu'il y a une forte demande sur les petites surfaces.

Laissons le logement, pour parler du tertiaire où là aussi le marché est tendu. Ce PLU-H permettra-t-il de construire suffisamment de bureaux et de locaux d'activité pour répondre à la demande ?

A priori, on peut penser que oui. Le potentiel est réévalué, il reste fléché, pour le bureau, sur des points de centralité bien identifiés. C'est une bonne chose car le bureau doit se développer sur des secteurs bien desservis en transports en commun pour rencontrer sa clientèle - à l'exception peut-être de certains territoires périphériques, comme Techlid par exemple. Il en va de même pour l'activité qui va pouvoir se développer sur des sites qui lui seront dédiés, ce qui ne veut pas dire que l'on ne pourra pas construire des locaux d'activité ailleurs.

Que ce soit sur l'habitat ou sur le tertiaire, votre première approche de ce PLU-H est donc plutôt « globalement positive » ?

L'aboutissement de ce PLU-H a été long, il est là. C'et déjà une satisfaction. Maintenant, tout le débat porte sur ce qui est permis et ce qui sera autorisé. Donc il faut rester prudent.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/06/2019 à 10:54 :
Cette idée de densification de l'habitat à Lyon se révélera une grosse bêtise dans quelques années. La majorité des habitants de Lyon rêve de pouvoir habiter dans une maison, et non dans un appartement. Au lieu d'adapter l'habitat aux transports en commun, pourquoi ne pas faire l'inverse ? Les nouveaux moyens de transports (VE, bus électrique, vélos, vélos électriques, trottinettes, etc..) devraient permettre de compenser largement les transports habituels, à un coût moins important. Laissez les villes s'étendre, promouvez l'habitat individuel, les Français vivront mieux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :