Lyon : logements neufs, les promoteurs immobiliers inquiets

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(Crédits : ON / Rémi Benoit)
Une conjonction d'éléments peu favorables à la production de logements neufs est en train de se mettre en place sur l'agglomération lyonnaise. De quoi renchérir encore les prix et frôler la pénurie selon les promoteurs locaux

"La situation est inquiétante, mais pas encore alarmante". Voilà la situation sur le front de l'immobilier neuf résumée en une phrase par Hervé Simon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de la région lyonnaise. Il faut dire que la plupart des signaux sont au rouge.

"Le foncier se raréfie, il devient très cher, les durées d'instruction des autorisations d'urbanisme s'allongent et les recours sont de plus en plus nombreux", égraine Louis Ziz, membre de la FPI de la région lyonnaise.

Sans compter l'entrée en vigueur du nouveau PLU H qui va demander un temps d'adaptation aux communes et les élections municipales qui sont traditionnellement des périodes où la production de logements baisse.

Bref, une conjonction d'éléments bien peu favorables au secteur immobilier et encore moins aux acquéreurs potentiels qui doivent s'attendre à ne pas avoir beaucoup de choix et à devoir payer le prix fort.

Peu d'offre disponible

La situation n'est pas vraiment nouvelle puisque sur les 8 premiers mois de l'année, les indicateurs sont déjà tous dans le rouge.

"Cela fait 10 ans que nous n'avions pas connu un nombre de mises en vente aussi faible", s'inquiète Eric Verrax, président du Centre d'études de la conjoncture immobilière (CECIM).

Moins de 1 900 logements ont ainsi été mis sur le marché en 8 mois, soit une baisse de 38% par rapport à l'an dernier. Les réservations sont elles aussi en baisse de 17%. Mais c'est surtout l'offre disponible qui inquiète les professionnels.

"L'offre est porteuse de beaucoup d'inquiétudes. Nous avons à peine 7 à 8 mois de commercialisation devant nous et cela génère de fortes tensions sur les prix", déplore Hervé Simon.

Les prix vont encore monter

A Lyon, il est désormais presque impossible de trouver un mètre carré neuf à moins de 5 000 euros.

"Le 9ème arrondissement reste le moins cher à 3 377 euros en moyenne le mètre carré, suivi du 8ème à 4 700 euros et du 7ème à 4 950 euros. Dans tous les autres arrondissements, nous sommes au-dessus de 5 000 euros et à Villeurbanne à 4 200 euros le mètre carré", calcule le président de la FPI de la région lyonnaise.

Il pronostique encore des hausses, d'ici la fin de l'année et à fortiori sur les deux prochaines années.

"Les mises en chantier vont baisser en 2019 et 2020, les difficultés pour obtenir des permis de construire vont se renforcer. Tout est réuni pour que les prix continuent de monter", regrette-t-il.

La tendance sera bien difficile à inverser, en tout cas sur le court terme. A moins que les élus de l'agglomération ne libèrent du foncier et signent plus rapidement les permis de construire. Une situation peu probable de l'avis des acteurs locaux de la promotion immobilière

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Commentaires
a écrit le 26/09/2018 à 8:15 :
Bonjour,
Il me semble qu'avant de s'affoler une analyse comparative des ventes dans l'ancien est nécessaire, afin de déterminer si l'ensemble des politiques publiques en faveur le de la rénovation énergétique du parc de logement, encouragée par la LTECV produit ses fruits. Cela pourrait tout simplement être un symptôme de rééquilibrage des ventes dans le neuf et l'ancien. Il faudrait aussi distinguer la réhabilitation de la reconstruction.
En outre, les politiques cœur de ville sont mises en œuvre en faveur des villes moyennes et produiront des effets d'ici 2022.
Dès lors, la pression se reporte au delà des frontières métropolitaines, sur les territoires directement inter-dépendants comme le Val de Saône par exemple, des territoires à désenclaver en matière de transport en commun en site propre pour accéder à l'agglomération lyonnaise.
Les promoteurs vont devoir s'adapter à un marché que les politiques publiques bordent et encouragent ! Et bien sûr s'associer aux bailleurs sociaux pour réserver des logements sociaux.
a écrit le 25/09/2018 à 18:41 :
A cette offre, perçue par les promoteurs comme "insuffisante", se profile aussi l'arrivée d'une demande en berne: prix élevés, rentabilité médiocre, propriété immobilière surtaxée et mise à l'index... Hors mis l'achat de sa résidence principale, pourquoi encore investir dans ce secteur même si une fraction importante des Français non protégés reste durablement mal logée (surface, vétusté, isolation et confort, éloignement,...)?

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