Lyon : L’hôpital Saint Joseph-Saint Luc vise l'équilibre en 2021

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(Crédits : DR)
Deux ans après le départ du service de soins aux brûlés, le centre hospitalier Saint Joseph-Saint Luc a tourné la page de son activité historique. Des travaux vont être engagés pour utiliser les locaux vacants, mais, financièrement, l'établissement reste fragile.

Situé en plein cœur de la ville, le centre hospitalier Saint Joseph-Saint Luc fait office d'exception dans le paysage lyonnais. Géré par une association, l'établissement est certes privé, mais à but non-lucratif.

"Il n'y a pas de reste à charge pour les patients, aucun dépassement d'honoraire. Tous nos médecins sont salariés. C'est un challenge sur le plan financier et organisationnel. On reste attaché à cette mission de service public" rappelle Jacques De Chilly, président du conseil de surveillance depuis l'automne dernier.

Une réorganisation nécessaire

Suite au départ de son service de soins aux brûlés pour des questions de mutualisation avec l'hôpital Edouard Herriot au printemps 2017, le centre hospitalier a dû réfléchir à de nouvelles activités, afin de se stabiliser financièrement. Ainsi, des travaux vont être engagés pour utiliser les 1000 m2 laissés vacants depuis deux ans.

"Les travaux physiques de démolition et reconstruction démarreront ce printemps. Cela va durer un an. Mi-2020, le réaménagement interne de l'hôpital sera effectué pour une ouverture d'un nouveau service en fin d'année," poursuit Pascal Bonafini, le directeur général de l'établissement.

Ce service de 20 lits sera dédié à la prise en charge de patients souffrant de polypathologies chroniques, à l'amélioration de la fluidité des urgences, et "sans doute aussi pour apporter un appui en gériatrie sur des courts séjours", précise Emmanuel Vivier, le président de la commission médicale de l'établissement.

100 millions d'euros de budget en 2018

Mais, d'ici à cette réorganisation, l'hôpital doit compenser la perte d'un service qui représentait 10% de ses recettes (7 millions d'euros sur un total d'un peu plus de 70 millions de chiffre d'affaires) - les budgets 2017 et 2018 du centre hospitalier avoisinant les 100 millions d'euros.

Pour 2017, 2018 et 2019, l'Agence Régionale de Santé a octroyé une enveloppe de deux millions d'euros par an à l'établissement en compensation. Cela a permis à l'hôpital de dégager un léger excédent pour l'année 2018 puisque son déficit structurel se chiffre à environ 1,5 million d'euros sur cette année.

"On vise l'équilibre structurel pour l'année 2021, lorsque la nouvelle activité sera active", rapporte Pascal Bonafini.

Cependant, il s'inquiète pour l'année 2020. Pour l'instant, l'ARS n'a pas prévu de crédits pour cette période-là, alors que le service ne sera pas lancé avant la fin de l'année.

"En plus de cette problématique, il faut souligner que l'on bénéficie des tarifs publics, tout en subissant un coût du travail supérieur à celui de la fonction publique. Pour les mêmes salaires, le coût de l'emploi est supérieur... Le crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires (CITS) compensait cela, mais il s'est arrêté au 1er janvier 2019. De plus, la tarification du service public est minoré de -1,5% pour la 2e année consécutive. Cela aggrave notre modèle économique" constate Jacques De Chilly.

Trouver de nouveaux partenaires financiers

Actuellement, l'hôpital emploie 128 équivalents temps plein en personnel médical, et 840 ETP de personnel non-médical, pour 347 lits. Afin de trouver des sources de revenus complémentaires, le centre hospitalier devrait se munir cette année d'un service de mécénat d'entreprises.

"Nous avons besoin de ces ressources pour permettre au centre hospitalier d'assurer ses missions de service public. Cette cellule serait complémentaire du fonds de dotation que l'association Saint Luc va créer prochainement. Celui-ci devrait permettre de financer des sujets de recherches ou d'innovation au sein de l'hôpital" explique Jacques De Chilly.

Malgré ces besoins de restructuration interne, le centre hospitalier garde sa mission de service public bien en tête : afin d'optimiser la prise en charge des patients, ces derniers sont répartis par durée d'hospitalisation et non par service. Ce sont les spécialistes qui viennent à eux, dans leur chambre.

"C'est un confort pour le patient, et un gage de coordination" avance Pascal Bonafini.

Avec 40 000 passages comptabilisés en 2018, le service des urgences est le deuxième de Lyon. Entre 2017 et 2018, l'hôpital a connu une augmentation de 3% de son activité (hors service des brûlés transféré en cours d'année 2017).

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