La culture face à la crise (2/3) : les aides seront-elles à la hauteur des attentes ?

 |  | 2123 mots
Lecture 11 min.
La filière culturelle, qui emploie près de 20.000 personnes à l'échelle de la métropole de Lyon, devrait voir son chiffre d'affaires baisser de 25 % en moyenne 2020 à cause de la crise sanitaire, et même de -72 % pour le secteur du spectacle vivant.
La filière culturelle, qui emploie près de 20.000 personnes à l'échelle de la métropole de Lyon, devrait voir son chiffre d'affaires baisser de 25 % en moyenne 2020 à cause de la crise sanitaire, et même de -72 % pour le secteur du spectacle vivant. (Crédits : DR/ Philippe Sassolas)
ENQUÊTE - ÉPISODE 2/3. Cette semaine, La Tribune Auvergne Rhône-Alpes s'intéresse de plus près à la manière dont le secteur culturel fait face à la crise. Etat et collectivités locales ont annoncé une succession d’aides aux acteurs du spectacle vivant. Ces dispositifs, parfois gérés par des opérateurs tiers (DRAC, Centres nationaux de la musique, du cinéma, etc) seront-ils pour autant suffisants et bien orientés pour répondre aux défis de ce secteur, particulièrement morcelé ?

> VOIR L'épisode 1 : Face à la crise, le spectacle vivant retient son souffle

« Aujourd'hui, la question que tout le monde se pose, c'est : comment se relever de la situation actuelle », résume Thierry Bordereau, représentant du Syndeac, le syndicat des acteurs publics du spectacle vivant, qui regroupe une cinquantaine de lieux et d'équipes artistiques de la filière.

Si cette situation « hors cadre » touche plus particulièrement les acteurs du spectacle vivant, c'est aussi parce que leur modèle économique s'appuie sur différents piliers : « Certains acteurs identifiés comme exerçant des missions de service public reçoivent de l'argent public pour développer leurs spectacles, tandis que d'autres ont développé des modèles axés davantage sur la vente de leurs créations à travers des cessions à des partenaires. On voit aussi des acteurs qui mènent des actions d'éducation culturelle et artistique au sein des écoles par exemple, et une partie d'entre eux qui mixent plusieurs de ces modèles », traduit Jeanne Guillon, la déléguée régionale du Synavi (Syndicat National des Arts Vivants. Sans surprise, les acteurs qui s'en tirent le mieux demeureraient pour l'heure ceux qui ont choisi de s'appuyer sur un modèle « mixte », associant de l'autoproduction, des contrats de cession de spectacles, et des subventions.

A une exception près tout de même : alors que la Ville de Lyon a mené une première évaluation de la situation, son constat s'avère particulièrement alarmant : la filière culturelle, qui emploie près de 20.000 personnes à l'échelle de la métropole de Lyon, devrait voir son chiffre d'affaires baisser de 25% en moyenne 2020 à cause de la crise sanitaire, et même de -72% pour le secteur du spectacle vivant, en raison notamment des fermetures de lieux imposées.

« La billetterie, qui reste souvent l'une des principales ressources des professionnels de ce secteur, a été fortement touchée à nouveau », rappelle l'adjointe à la culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert. C'est pourquoi la municipalité EELV a annoncé un large plan d'aides aux acteurs culturels établi sur son périmètre, de près de 4 millions d'euros lors du premier confinement, et qui visait principalement à accorder des aides d'urgence.

Et d'après les derniers chiffres, 182 structures, 97 artistes et deux établissements (auditorium et théâtre) ont ainsi pu être accompagnés à compter du mois d'octobre, pour un montant de 2,9 millions d'euros. «Les acteurs culturels nous ont fait remonter que leur plus grand défi serait déjà de parvenir à passer l'année », confie Nathalie Perrin-Gilbert.

Et pour couvrir...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/12/2020 à 19:39 :
y a pas assez d'argent pour la culture!
mon beau frere, qui travaille genereusement 510 heures par an, est indigne du fait qu'il ne puisse plus se produire, le risque etant que quand l'economie reparte, il y aura plein d'animations qui n'auront plus lieu
et donc le nombre de place ou on travaille 510 heures va vite se restreindre
il faut plus d'argent pour les glandouilleurs
et plus d'argent pour les footeux qui gagnent 50 millions par an et ne savent pas comment ils vont payer leurs ferrearis quand leurs clubs auront fait faillite
a écrit le 02/12/2020 à 8:30 :
Dans tous les cas de figure il serait très interessant de connaitre les budgets alloués mais détaillés pour savoir quels sont les gens qui profiteront le plus de ces aides.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :