Pourquoi le musée d'Art contemporain de Lyon change de mode de gouvernance

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(Crédits : Blaise Adilon)
Après le départ à la retraite de son emblématique directeur Thierry Raspail, le musée d'Art contemporain (Mac) Lyon entre dans une nouvelle ère avec l'émergence d'un duo, Isabelle Bertolotti et Matthieu Lelièvre. Une gouvernance inédite qui s'inscrit dans le cadre du pôle des musées d'art de la Ville de Lyon, marquant le rapprochement entre le Mac Lyon et le musée des Beaux-Arts (MBA).

Exit une organisation descendante, place à une direction "collaborative", complémentaire, voire évolutive.

Isabelle Bertolotti, actuelle responsable des expositions du Mac, prend la direction du musée lyonnais dédié à la création contemporaine et celle de la Biennale éponyme.

Isabelle Bertolotti

Isabelle Bertolotti, directrice du Mac Lyon (crédit : Xinyi HU, Paris)

Elle sera accompagnée par l'historien d'art et commissaire indépendant Matthieu Lelièvre qui assure pour le musée "une mission de conseiller artistique". Il sera plus spécifiquement chargé de travailler sur les liens avec la jeune création et les réseaux internationaux.

Mathieu Lelièvre

Mathieu Lelièvre, conseiller artistique pour la jeune création au MAC Lyon

Au gré des besoins, par exemple selon le type d'expositions, la directrice pourra faire appel à d'autres collaborations extérieures.

Pôle des musées d'art

Cette nouvelle forme de gouvernance, inédite pour un musée lyonnais, s'inscrit dans le cadre du rapprochement entre le Mac et le MBA, impulsé par le nouveau pôle des musées d'art de la Ville de Lyon. Initié au printemps 2018, et dirigé par Sylvie Ramond, la directrice du MBA, il a pour vocation de faire émerger les collections des deux musées - la première collection d'art de France, hors Paris  sur la scène internationale.

"Dans un contexte mondial très concurrentiel, où on assiste à l'émergence de puissantes fondations privées, les musées publics doivent être plus visibles et peser plus. Nous devons être inventifs pour être attractifs : c'est là tout l'enjeu de la création du pôle des musées d'art", explique Sylvie Ramon.

Encore en construction, ce pôle s'appuie sur des modèles initiés par d'autres grands musées européens, à l'image du Tate à Londres (regroupement de quatre musées). Il est avant tout "une collaboration culturelle entre les deux entités", qui proposeront des projets transversaux innovants, puiseront dans les collections permanentes de chacun "assez peu mis en valeur" et disposeront des "moyens nécessaires(sans préciser lesquels) pour répondre à leurs ambitions internationales.

"Ce n'est pas une fusion, chaque musée garde son autonomie et son identité. Le Pôle impulse seulement la vision stratégique", assure Loïc Graber, adjoint à la culture de la Ville de Lyon, gestionnaire de ces deux musées.

Vers une bannière unique ?

Néanmoins, pour exister à l'international, les deux entités devraient logiquement communiquer sous une marque commune.

"Rien n'est arrêté. Mais, en effet, nous sommes en train de réfléchir à un nom commun à l'international, toujours en nous inspirant de nos confrères européens et en nous appuyant sur l'expérience de chacun", concède Sylvie Ramon.

S'affirmer sous une bannière commune devrait également permettre aux deux musées lyonnais d'avoir accès à "d'autres collections et de mieux négocier des prêts et des partenariats".

En attendant, une première exposition "commune" de cette nouvelle entité devrait être présentée au public lyonnais au début de l'année 2019. Avant la mise en place plus approfondie de ces expérimentations d'ici 2020.

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