Rhône-Alpes Auvergne : le monde économique anticipe la fusion

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Bernard Schoumacher, président de la CCI Auvergne et Jean-Paul Mauduy, président de la CCI Rhône-Alpes.
Bernard Schoumacher, président de la CCI Auvergne et Jean-Paul Mauduy, président de la CCI Rhône-Alpes. (Crédits : DR)
Cette semaine, Acteurs de l'économie-La Tribune revient sur les enjeux de l'union entre les régions Rhône-Alpes et Auvergne. Après, le rapprochement institutionnel, les CCI des deux régions devraient sceller leur union en 2016. Même chose pour les représentations régionales du Medef et les discussions entre syndicats sont engagées. De quoi favoriser l'émergence d'un territoire économiquement fort.

À l'image de l'agitation qui règne au sein de la sphère politique, dans le champ économique, les acteurs sont aussi en mouvement. Du moins les institutionnels, pour qui, une course contre la montre au rapprochement semble engagée.

Poussées par des contraintes budgétaires tout autant que par la grande région, les organisations consulaires devraient être les premières à franchir 2016 avec une chambre de commerce et d'industrie Rhône-Alpes Auvergne.

Le sens de l'histoire

Un élan qui semble naturel en Auvergne, où les CCI ont opéré ces dernières années des regroupements leur permettant d'afficher une carte consulaire simplifiée. Pour Bernard Schoumacher, président de la CCI Auvergne le rapprochement est inéluctable :

« C'est le sens de l'histoire et cela fait plus de dix ans que les deux CCI travaillent ensemble pour créer des liens entre ces deux régions et notamment favoriser la création d'infrastructures favorisant leurs échanges mutuels, à l'image du barreau de Balbigny. Ces deux régions sont complémentaires. Les flux économiques interrégionaux entre Auvergne et Rhône-Alpes sont déjà très significatifs et ils seront encore renforcés par cette union. Pour y parvenir, il convient de miser sur les complémentarités de nos deux régions. À l'échelle, des organisations consulaires, il faudra bien évidemment s'unir, en préservant les territoires pour que chacun puisse s'exprimer et représenter ses entreprises auprès des collectivités locales ».

Pas de bouleversement des équilibres en place

Pour certains, il s'agit de s'organiser pour faire entendre sa voix à l'aube du prochain scrutin régional.

« Nous préparons depuis plusieurs mois déjà un dossier commun que nous communiquerons aux candidats. Notre objectif est de peser sur ce rapprochement pour faire en sorte que les acteurs économiques bénéficient d'un ensemble politico-économique fort à l'image des länders allemands ou des régions italiennes. Nous entendons être vigilants, car certes nous considérons que cette réforme est positive, mais elle confirmera sa pertinence si elle est porteuse d'économies d'échelles et donc notamment si le coût des services publics baisse », assène Bernard Gaud, le président du Medef Rhône-Alpes qui affirme par ailleurs que le rapprochement des Medef Rhône-Alpes et Auvergne est en bonne voie.

Les syndicats dressent un inventaire

Chez les syndicats de salariés, on se parle également de chaque côté du Massif Central, avec l'objectif de tirer parti de la future organisation territoriale.

« Dans l'immédiat, nous sommes mobilisés pour dresser un inventaire des pratiques et des besoins, spécialement en matière d'emploi et de formation, et faire en sorte que les grandes régions soient des opportunités pour relancer la croissance », plaide Gilles Mondon, secrétaire général de l'UNSA Rhône-Alpes.

Reste que sur le terrain, ce rapprochement ne semble pas de nature à bouleverser les équilibres en place.

« Nous sommes depuis longtemps actifs sur un territoire qui ne respecte pas les limites géographiques régionales. Le redécoupage régional ne devrait pas être de nature à modifier cela », élude Frédéric Dupouhet, directeur de la communication du Crédit Agricole Centre France dont la zone de chalandise couvre trois départements auvergnats et deux limousins.

La Caisse d'Épargne Auvergne Limousin, qui a elle aussi fait le choix de s'ouvrir à l'Ouest alors que la géographie politique va à l'Est, n'entend pas plus céder aux sirènes de la grande région Rhône-Alpes-Auvergne.

« Nous n'envisageons pas de revoir notre périmètre. En revanche, nous sommes très attentifs aux opportunités et à la dynamique économique que va créer ce rapprochement, notamment en matière de grands projets », affirme Christian Dunand, directeur de la communication de la Caisse d'Épargne Auvergne Limousin.

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