French Tech : Digital Grenoble se dote d’une gouvernance

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Jean-Pierre Verjus a été élu président du CA de Digital Grenoble.
Jean-Pierre Verjus a été élu président du CA de Digital Grenoble. (Crédits : Marie Lyan)
Inscrite dans la première fournée de labellisations French Tech, Grenoble est aussi l’une des premières villes à se doter d’une gouvernance ! Avant les lyonnais, les grenoblois se sont réunis ce mercredi 10 décembre pour élire un conseil d’administration élargi de 42 membres et désigner leur président, qui n’est autre que le porteur du projet, Jean-Pierre Verjus.

Première étape avant la création d'une société privée (une SCIC est envisagée), Digital Grenoble (333 adhérents) s'est dotée ce mercredi 10 décembre d'un conseil d'administration approuvé à l'unanimité par ses membres, venus en nombre pour assister à l'AG qui s'est déroulée au sein de l'amphithéâtre de la CCI de Grenoble.

Une large représentation

Afin de représenter largement l'écosystème grenoblois, le CA nouvellement élu comprend 42 membres dont les représentants de 5 universités et organismes de recherche (le CEA, Grenoble INP, GEM...), 10 grands groupes (Atos, ERDF, Schneider Electric, Orange...) ainsi 14 start-up, PME et accélérateurs (Spartoo, Eveon, BonitaSoft, Petite Mousse, Start-up Maker, Cowork in Grenoble...) et 13 institutions et collectivités (Metro, AEPI, Pays Voironnais, CCI de Grenoble, Minalogic, Cluster Edit, Inovallée, Grenoble Angels...).

"Cela été difficile car tout le monde voulait en être", résume Jean-Pierre Verjus, le nouveau président, qui voit dans cette dynamique l'illustration de la stratégie "bottom up" ayant fait ses preuves à Grenoble. "Contrairement à des candidatures qui avaient été portées par un seul agent, une véritable dynamique s'est créé à Grenoble où 6 groupes de travail rassemblant l'ensemble des acteurs s'étaient mis en place", constate-t-il.

Tandis que ce CA élargi se réunira tous les trimestres, un bureau composé de 10 membres se verra quant à lui tous les mois pour piloter les grands chantiers à venir.

Plusieurs dossiers en cours

Et les nouveaux administrateurs ont du pain sur la planche : alors qu'un budget de 500 000 euros vient d'être voté par le Conseil communautaire, Digital Grenoble se prépare déjà à effectuer des travaux au sein du Totem, sa "vitrine" située dans le bâtiment Pasteur d'Orange (Chavant), qui ouvrira progressivement ses portes au cours du 1er semestre 2015. "La première année, nous disposerons de 700 m2 de bâtiment, puis de 1200 m2 la seconde année puis de 2000 m2 la troisième", explique Jean-Pierre Verjus. Des locaux qui ont vocation à accueillir des professionnels des quatre coins du numérique (webdesigners, graphistes mais aussi ingénieurs, étudiants en commerce ou en art déco...).

L'ambition : que ce Totem devienne un guichet unique pour les entreprises du numérique, sans néanmoins se substituer aux offres existantes. "Alors que des villes comme Lille ont choisi un bâtiment très grand, nous avons choisi un bâtiment aux dimensions plus modestes car il y avait déjà à Grenoble des acteurs comme Inovallée, Bouchayer Viallet, ou Europole... Nous voulions rester une zone neutre et inventer des offres à valeur ajoutée à destination des start-up, des grands groupes mais aussi des accélérateurs", rappelle M. Verjus.

Une ambition internationale

Dans cette logique d'échanges entre les différents acteurs, un espace de brasserie-pub sera ouvert "dès que possible" au sein du Totem, tandis qu'un espace de coworking sera géré par Cowork in Grenoble, qui déménagera du secteur des Antiquaires en juillet 2015. Ces deux services seront regroupés sur une plateforme de 400 m2 au total. "Pour montrer l'exemple, les bureaux d'un ou deux permanents ainsi que du président de Digital Grenoble seront installés dans l'espace de coworking", précise M. Verjus.

D'ici fin 2015, Digital Grenoble souhaite développer des partenariats avec plusieurs entreprises qui lui permettront à terme de s'émanciper des collectivités en trouvant son propre modèle économique. L'objectif ? Attirer au moins un sponsor qui investisse plus de 100 000 euros et qui bénéficie, en échange, d'une vitrine technologique, ainsi que 2 à 3 sponsors mettant entre 5 et 15 000 euros, en plus des financements que pourraient apporter dans un premier temps des collectivités comme le Conseil général, la Région Rhône-Alpes, ou encore le Pays Voironnais. "Nous avons déjà une grande entreprise intéressée pour devenir un partenaire de taille", murmure M. Verjus.

Un Small Business Act à la grenobloise

Le pari est de taille : favoriser, à terme, l'émergence d'un leader mondial grenoblois. Pour cela, un partenariat (surnommé le Small Business Act), a été signé entre 5 entreprises (Atos, HP, Schneider Electric, Xerox et ERDF) afin de développer les partenariats entre les grandes entreprises et les start-ups. "Nous n'avons pas d'Amazon ou de Google à Grenoble, mais il faut aider à faire prendre la mayonnaise en poussant par exemple les entreprises à sous traiter à des PME et PMI du secteur", estime André Meyer, vice-président de Grenoble Angels.

Alors qu'il rappelait que le groupe HP vient de lancer lui aussi un programme visant à parrainer 20 start-ups, le vice-président et secrétaire général de HP France, Antoine Vivien, complète : "Nous avons aujourd'hui 18 entreprises candidates, dont 3 à Grenoble, 15 à Paris et zéro ailleurs... " Preuve, s'il en faut, que la candidature grenobloise s'impose de manière bien singulière.

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Commentaires
a écrit le 12/12/2014 à 10:47 :
C’est bien ... on avait deja minatec, minalogic, french tech et maintenant digital grenoble …. Sans parler de la BPI qui a pour vocation de distribuer des crédits et des subventions. J’aimerais connaitre le cout total de ces structures ? c’est autant de subventions et crédits en moins pour les start ups ? non ? encore des milles feuilles bureaucratiques alors que un service conjoint de la BPI et de minalogic aurait été suffisant et beaucoup agile pour agir rapidement et efficacement ..... mais bon ce ne sont que nos impôts après tout ......
Réponse de le 22/12/2014 à 14:42 :
la BPI perso je les ai contacté (gérant de startup) et bien leur réponse fut de me dire d'aller voir des investisseurs privés car le role de la BPI était d'aider les grandes entreprises et pas les jeunes ou petites...
Conclusion : encore un truc à pipo qui ne sert à rien à part faire genre qu'on se bouge pour notre économie dans les hautes sphères !

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