La Suisse, si loin, si proche pour les PME

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(Crédits : Reuters)
Le 14e forum économique rhodanien s'est tenu vendredi matin à Lyon. Le constat est là, les PME rhônalpines ont encore une marge de progression pour décrocher des marchés et s'implanter en Suisse.

De l'autre côté du lac Léman, le potentiel de progression existe pour les entreprises rhônalpines et hexagonales, en particulier les PME. Lors du 14e forum économique rhodanien (FER), ce vendredi, à l'université Lyon III, le constat dressé a été clair.

7e partenaire de Rhône-Alpes

La Suisse se place au 7e rang des partenaires économiques de Rhône-Alpes. La balance commerciale est équilibrée : 1,8 milliard d'euros, à l'import, comme à l'export. Dans ce dernier domaine, la Suisse est même devant la Chine. En revanche, le voisin helvétique est loin derrière l'Allemagne et l'Italie, les partenaires traditionnels de la région Rhône-Alpes.
Les échanges commerciaux entre la France et la Suisse représentent quant à eux 25 milliards d'euros annuels dans les deux sens. L'an dernier, les investissements suisses dans l'Hexagone ont représenté 32 milliards d'euros.

« Mais les Français ne sont pas aussi présents en Suisse qu'ils le devraient , notamment les PME », estime Alain Palisse, président du FER. « Cela tient en grande partie à l'ADN des PME françaises qui ne sont pas assez tournées vers l'export ». Mais il y a aussi d'autres raisons comme le rappelle Bernard Soulage, vice-président de Rhône-Alpes chargé des relations internationales :

« Les coûts salariaux sont beaucoup plus importants qu'en France. Malgré la proximité, il faut donc bien avoir à l'esprit que c'est un autre pays. Il faut avoir une autre logique d'entreprise »

Un marché innovant

Pour le conseil régional de Rhône Alpes, la Suisse est devenue une priorité, l'imbrication des territoires, notamment sur l'agglomération Genevoise, pousse à de plus grandes collaborations, via notamment le programme « Interreg ». « Par la force des choses, on commence à voir de plus en plus d'entreprises à cheval sur les deux pays », constate Bernard Soulage.

« Les Suisses sont capables de tout faire. Pour réussir, vous devez avoir quelque chose qu'ils n'aient pas » conseille Alain Palisse.

« C'est un marché innovant, un marché de niche. Par rapport à des pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, il vaut mieux pour un patron de mon point de vue être à deux heures de route ».

Le cas des transfrontaliers

D'autres obstacles subsistent par rapport à l'image de la Suisse elle-même comme « coffre-fort ». Sans oublier l'incertitude sur les travailleurs transfrontaliers avec la votation du 10 février 2014, limitant la circulation des personnes. Un joli caillou dans la chaussure des relations franco-suisse, même si les cantons romans avaient voté contre. 145 000 Français vont travailler quotidiennement en Suisse.

Lancé en 2001, et organisé alternativement en Suisse et en France, le forum économique Rhodanien est devenu un rendez-vous annuel pour les décideurs économiques, politiques, ou universitaires des deux pays. Cette année, la thématique portait sur les partenariats public-privé. 400 participants étaient réunis vendredi matin à l'Université Lyon 3 pour cette 14e édition ,dont le nouvel ambassadeur de Suisse en France, Bernardino Regazzoni. Le sillon rhodanien regroupe trois régions françaises (Rhône-Alpes, Paca et Languedoc), et trois cantons suisses (Genève, Vaud et Valais) pour un bassin de 15 millions d'habitants.

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