"Nous ne ferons pas la transition écologique en cassant tout" (François Astorg, Annecy)

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(Crédits : Ville d'Annecy)
ENTRETIEN. En devenant maire d’Annecy l'été dernier, l'écologiste François Astorg a mis fin à plus d’un demi-siècle d’une succession de maires de droite et centre droit. Une décision pas tout à fait digérée par l'ancien maire, qui a déposé une requête devant le tribunal administratif, toujours en cours. À la tête d’une coalition de conseillers municipaux sans étiquette -mais soutenue par EELV et le PS-, François Astorg se prépare déjà à faire passer Annecy au "vert", en adressant les dossiers de la mobilité, du logement, etc. Avec une ambition : décliner l'objectif de neutralité carbone en 2050 sur le plan local.

LA TRIBUNE AUVERGNE RHONE-ALPES - Quel a été votre parcours avant de devenir maire d'Annecy ?

FRANCOIS ASTORG - J'étais entrepreneur dans le secteur du conseil et de la formation, spécialisé dans le conduite du changement, ainsi qu'en traitement des données. Notre cabinet de conseil Cogito avait notamment fait l'analyse des contributions des Français, lors du Grand débat national.

Ma première entrée en politique remonte au début des années 1990, quand j'ai travaillé au cabinet du Secrétaire d'État chargé de la Mer, qui était alors Jean-Yves Le Drian, sous le gouvernement d'Édith Cresson et la présidence de François Mitterrand. J'ai découvert à l'époque des problématiques écologiques comme la question des filets dérivants qui causaient des dégâts dans les océans.

Mais c'est en 2009 que j'ai commencé à m'impliquer en politique au sein d'Europe-Écologie-Les Verts. J'avais été candidat une première fois aux élections municipales d'Annecy en 2014, l'année où l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait désigné Annecy comme la deuxième ville la plus polluée de France aux particules fines.

Comment voyez-vous votre rôle de maire, à la tête d'une coalition de conseillers municipaux sans étiquette - mais soutenue par EELV et le PS, et avec une alliance avec l'ex-députée LREM Frédérique Lardet au Grand Annecy- ?

Je suis le garant et l'arbitre de nos politiques basées sur quatre axes, à savoir prendre un virage écologique, opérer un renouveau démocratique en impliquant et en concertant les citoyens, favoriser la justice sociale, et développer l'économie locale.

Pour résumer ce rôle, je citerais Montesquieu : « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux ». Notre liste a ainsi fédéré des gens venus d'horizons différents qui ont co-construit notre programme. Pour ma part, je n'étais pas candidat autoproclamé : j'ai été élu, parmi un ensemble de candidats, à la tête de liste.

Alors que votre prédécesseur, Jean-Luc Rigaut, a d'ailleurs déposé un recours, toujours en cours, devant le tribunal administratif de Grenoble pour contester le résultat de l'élection municipale -votre liste l'ayant emporté avec 27 voix d'avance sur la sienne-, voyez-vous déjà votre mandat comme une rupture avec le mandat précédent ?

C'est une rupture franche avec les mandats précédents, car M. Rigaut était maire depuis treize ans, mais les équipes étaient les mêmes depuis plus longtemps. La population était peu sollicitée durant les mandats, sauf au cours de la dernière année.

Pour notre part, nous lançons un renouveau démocratique en nous appuyant sur des budgets participatifs. Nous redessinons les quartiers en impliquant la population, ce qui rompt avec l'habitude passée de dessiner les quartiers de manière centralisée.

Nous impliquons aussi les agents du service public sur la mise en oeuvre de nos orientations politiques. Cette méthode horizontale se positionne une rupture avec l'approche pyramidale qui était appliquée...

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