Spartoo : le plan de relance d’André trébuche sur le coronavirus

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(Crédits : Reuters)
La crise du coronavirus aura-t-elle raison du chausseur André ? Racheté il y a près de deux ans aux mains de Vivarte par le leader de la chaussure en ligne isérois Spartoo, le réseau de boutiques André vient d’être placé en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Grenoble. La direction affirme être à la recherche d’un plan B pour les 600 salariés et 150 points de ventes d’André.

Alors que le président français Emmanuel Macron mentionnait à la mi-mars qu'aucune société ne serait mise en faillite par le coronavirus, l'enseigne de chaussures André, reprise il y a 18 mois par le leader de la chaussure en ligne Spartoo, a été mise en redressement judiciaire ce mardi 31 mars par le tribunal de commerce de Grenoble, après une première audience qui a eu lieu le 23 mars dernier.

Si la procédure prévoit donc pour l'instant une poursuite de l'activité soumise à l'approbation d'un plan de sauvetage, l'avenir de l'enseigne, qui fait partie des fleurons de l'industrie française depuis sa création en 1896, semble menacé une nouvelle fois. En 2019, le réseau André avait ainsi essuyé 10 millions de pertes, pour un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros.

Et depuis le 16 mars dernier, les fermetures prévues par le gouvernement français pour tous les commerces dits "non essentiels" du pays ont mis de fait à l'arrêt ses 150 points de ventes (dont 110 points de vente intégrés et 40 corners et affiliés) employant près de 600 salariés.

La situation ne ferait depuis lors que s'aggraver puisque, depuis la mi-mars, le groupe réaliserait "une perte de 250 000 euros par jour, ce qui signifie 4 millions d'euros de moins en l'espace de 15 jours".

"Malheureusement, la fermeture nette et franche (des points de vente, ndlr) a précipité la chute de l'enseigne", estimait Boris Saragaglia, dans une prise de parole auprès des médias.

La direction, qui affirme avoir informé les salariés, placés pour la plupart en chômage technique ou en télétravail, annonce "faire le maximum pour sauver les emplois et trouver un plan B en vue d'éviter une liquidation". Tout en précisant qu'en l'état actuel des choses, sa demande effectuée auprès de BPIFrance pour un prêt de 12 millions d'euros lui a été refusée "sans plus d'explications".

Une nouvelle qui met à mal une stratégie lancée depuis 2018

Cela faisait plusieurs années que le leader de la distribution en ligne recherchait à acquérir un réseau de magasins en vue d'accélérer sa stratégie, tournée vers le phygital. Il avait d'abord ouvert une douzaine de magasins en propre, mais souhaitait accélérer le maillage territorial en vue de proposer un service multicanal.

Pour cela, le fondateur de Spartoo, Boris Saragaglia a investi, lors de la reprise du réseau André, près de 13 millions d'euros dans un programme de modernisation de la marque, tout en mettant en place plusieurs mesures visant à retravailler et réorienter la gamme de produits.

L'un des objectifs était notamment d'amorcer un recentrage de la marque vers une clientèle familiale et rajeunie, avec l'arrivée de nouvelles marques telles que Nike, Adidas, New Balance ou Geox et des ponts avec les stocks de Spartoo. Il y a quelques mois, le groupe avait même annoncé, fin 2019, le rachat aux enchères de la marque de chaussures pour enfants Easy Peasy (sans toutefois reprendre les salariés ni ses sites de production).

Le plan de relance, pensé il y a deux ans, est-il désormais vouée désormais à l'échec ? Une chose est certaine : le contexte économique actuel, fortement malmené par le coronavirus, s'additionne à une situation déjà compliquée pour le commerce du détail de manière générale, et ce, sur plusieurs plans.

Car en plus d'avoir subi de plein fouet la crise des "gilets jaunes" ainsi que les manifestations contre la réforme des retraites fin 2019, le secteur de l'équipement de la personne (habillement et chaussures) avait déjà perdu 15 % de ses ventes en l'espace de dix ans. L'effet domino pourrait donc être plus dommageable que prévu.

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Commentaires
a écrit le 05/04/2020 à 15:40 :
J'ai travaillé pendant 43 ans et je ne me permettrais pas de critiquer les gens qui s'investissent. Tous ces gens qui critiquent ne savent certainement pas ce qu'est le travail. Ils ont certainement reçu plus que donné. Il y a beaucoup de petites cervelles parmi tous ces gens qui ne pensent qu'à manifester et foutre en l'air le travail des autres.
Oui, pauvre France.
a écrit le 03/04/2020 à 11:06 :
Pinocchio Macron mentionnait à la mi-mars qu'aucune société ne serait mise en faillite . Tout est dit ! Et son grand paltoquet, qui raconte des conneries aussi. " pauvre France fiscalement très cher pays de mon enfance "... je vous laisse chanter la suite ! ;o))
Réponse de le 05/04/2020 à 11:07 :
Ce type de commentaires fait-il avancer la France ?

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