Municipales 2020 : A Clermont-Ferrand, comment le futur maire veut doper l’économie ?

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Comment les candidats à la succession d'Olivier Blanchi répondent aux attentes des forces économiques de Clermont-Ferrand ? La plupart d'entre eux s'appuie sur la mobilité et la transition écologique pour faire-valoir leurs propositions.

Ils sont finalement sept candidats à se présenter au scrutin prévu ce dimanche 15 mars pour succéder à Olivier Bianchi, le maire sortant de Clermont-Ferrand. Marianne Maximi (LFI), Jean-Pierre Brenas (LR), Olivier BIanchi (PS, EELV et PCF, Générations, PRG, Place Publique, Nouvelle Donne), Philippe Fasquel (Liste citoyenne), Eric Faidy (LREM), Marie Savre (LO) et Anne Biscos (RN).

Lire aussi : Municipales 2020 : A Clermont-Ferrand, qui veut le fauteuil d'Olivier Bianchi ?

En s'appuyant sur la mobilité et la transition écologique, leurs programmes tendent à répondre aux attentes des forces économiques locales alors que la représentation métropolitaine est l'un des autres enjeux forts de cette élection. Le transfert de compétences à Clermont Auvergne Métropole a mutualisé la plupart des décisions qui pèsent sur l'économie pour les 21 communes qui composent la Métropole.

La mobilité

"Avec 44% de la population résidant dans la métropole de Clermont-Ferrand, deux projets pourraient être envisagés afin d'améliorer la qualité de vie de ses résidents et désengorger le secteur : la modernisation de la ligne ferroviaire Clermont-Ferrand / Paris et le contournement sud-est de Clermont-Ferrand" propose la Fédération Régionale des Travaux Publics Auvergne-Rhône-Alpes (FRTP). Une modernisation de la ligne ferroviaire que réclame aussi de ses voeux la Chambre de Commerce et d'Industrie Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole "grâce à des initiatives de grande échelle comme «Objectifs Capitales»".

L'association Objectif Capitales, qui réunit une centaine d'acteurs économiques et politiques, est également plébiscitée par Jean-Pierre Brenas et par Olivier Bianchi pour rapprocher Paris de Clermont-Ferrand. Pour la route, Eric Faidy propose une aire d'autoroute, "Clermont Ville Verte", avec des bornes électriques universelles alimentées par des panneaux solaires, une station à hydrogène, de la restauration bio et locale, un espace d'information ludique et interactif sur la ville.

La Capeb (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) espère des candidats une attention particulière aux déplacements et au stationnement des entreprises en ville. Un souhait que partage la CCI ainsi qu'une prise en compte de l'évolution des matériels de transport de marchandises dans l'aménagement des infrastructures routières. La CCI interpelle aussi les élus sur le développement des véhicules électriques (voitures, vélos, ...) et l'amélioration des déplacements, des temps de transport et des trajets domicile/travail.

Sur ces sujets, Eric Faidy propose de créer autour du campus universitaire des Cézeaux un Mobility Village. "Clermont-Ferrand dispose de tous les atouts pour devenir un pôle d'expertise des mobilités durables : le siège mondial de Michelin, des universités et des écoles qui ont déjà développé des expertises dans le domaine de la mobilité, le circuit de Charade, qui pourrait devenir le centre expérimental de la recharge électrique par induction. Clermont et ses alentours deviendront un lieu d'invention et d'expérimentation des mobilités durables dans tous les domaines : technique, infrastructure, code de la route, assurances."

Plus concrètement, Jean-Pierre Brenas annonce les 20 premières minutes de stationnement gratuites. Lui aussi rêve de faire de la capitale auvergnate la ville des mobilités du futur, de diminuer la pollution automobile, de faire plus de place au vélo, à la mobilité électrique et à l'hydrogène, de réduire les livraisons en ville et imagine aussi s'appuyer sur le circuit de Charade ainsi que sur les entreprises et les écoles clermontoises pour faire de la ville une vitrine des mobilités du futur.

Au diapason, la liste d'Olivier Bianchi imagine une métropole exemplaire et innovante en terme de mobilité. "Nous permettrons à chacun de se déplacer plus facilement, plus sereinement et d'une façon plus respectueuse de l'environnement. Les mobilités « douces » et les déplacements en transports en commun seront favorisés" annonce le site de campagne. Gratuité des transports en commun le week-end, ville à 30 km/h, priorité aux piétons et aux vélos, service d'autopartage, nouvelles lignes de bus sur des voies réservées, services logistiques pour réduire les poids lourds en ville, nouvelles zones piétonnes, restructuration du réseau de transport public autour des lignes A, B et C, nouveau plan de circulation concerté, voies réservées aux vélos sur les axes de grand passage et nouvelle implantation de la gare routière près de la gare SNCF promettent une métropole aux déplacements apaisés.

La gratuite des transports est aussi au programme pour l'équipe de Marianne Maximi  "pour faire baisser nos émissions carbone et pouvoir faire face à l'urgence climatique."

Coopération

La CCI encourage les élus à favoriser les coopérations inter-territoriales à l'échelle du Département, du Pôle Métropolitain Clermont Vichy Auvergne et de l'Auvergne afin de trouver en commun les solutions aux enjeux qui ne peuvent être traités au niveau d'un seul EPCI, à l'exemple des mobilités globales, de la gestion durable des ressources en eau.

Hall 32 pour les métiers de l'industrie, le Laboratoire d'Innovation Territorial (LIT) Grandes Cultures Auvergne et, sous peu, le LIT Élevage à l'herbe de Massif témoignent de choix de « partenariats public - privé » dont se félicitent CCI et Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme.

Elles attendent des élus qu'ils participent à créer les conditions pour favoriser des emplois non délocalisables liés aux territoires, à l'exemple des filières du tourisme et de l'agro-alimentaire ainsi que des services publics métropolitains et de leurs antennes territoriales (Universités, Enseignement supérieur, CHU, ...).

Elles comptent sur les collectivités pour investir collectivement afin d'attirer des événements de rayonnement international et, pour cela, s'appuyer sur les savoir-faire existants, à l'exemple du Sommet de l'Elevage de Clermont Auvergne.

L'agriculture et l'alimentation

Pour développer l'élevage régional et la production laitière de montagne en bio, Eric Faidy veut nouer un partenariat avec le Département. "Dans cet esprit, nous encouragerons des entreprises de transformation à venir installer dans la Green Valley des unités proches des sources d'approvisionnement." Le passage des repas collectifs en bio et local entraînera la création d'une ceinture maraîchère autour de Clermont.

Jean-Pierre Brenas veut faire des 800 hectares des Côtes de Clermont un grand parc rustique agrémenté d'une ferme pédagogique .

Olivier Banchi promet d'amplifier la présence de « la nature en ville » : permis de végétaliser, coefficient de biotope, ferme urbaine, écoquartiers, jardins familiaux et partagés, plan de gestion des Côtes de Clermont ainsi qu'une ceinture maraîchère pour renforcer les circuits courts, la préservation des Côtes de Clermont et deux repas végétariens par semaine dans les cantines ainsi que plus de produits bio et locaux (Cantine, crèche, Ehpad).

Marianne Maximi mise sur une cantine moins carnée, saisonnière, bio... et un soutien à la conversion en agriculture biologique, aux jardins familiaux et aux jardins partagés.

Investir pour l'attractivité et l'énergie

49% des commandes de travaux publics en Région Auvergne-Rhône-Alpes sont le fait des collectivités locales rappelle la FRTP. La Capeb demande aux candidats de s'appuyer sur les artisans pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine, la revitalisation urbaine, de favoriser l'accès des entreprises aux Marchés publics. Elle les interpelle également sur la transition énergétique. De son côté, la CCI encourage les élus à favoriser l'implantation d'entreprises de toutes tailles dans des lieux adaptés (centre-bourgs, zones d'activités spécialisées, locaux industriels et commerciaux, pépinières d'entreprises, Incubateurs de startups...) y compris les exploitations agricoles et à favoriser la reprise d'entreprises.

Pour favoriser l'économie locale, Eric Faidy propose une « Green Valley ». "Clermont possède déjà d'excellents atouts avec le Biopôle Clermont-Limagne et ses entreprises d'exceptions, tournées vers l'avenir. Les nouvelles technologies qui y sont mises en œuvre répondent à de nouveaux besoins. Nous favoriserons un ensemble industriel rassemblant synergies et compétences. Autrement dit la « Green Valley » de Clermont-Ferrand. Autour de ce concept, nous créerons l'environnement nécessaire (foncier, facilités, accueil...) pour que des entreprises viennent s'installer dans ce croissant de la Limagne, du nord au sud de Clermont." Il envisage la mutation de la ville comme un tremplin économique.

Jean-Pierre Brenas rêve d'un tiers lieu à l'ancien Hôtel Dieu, de s'appuyer sur le circuit de Charade pour faire de Clermont une ville attractive économiquement. "En nous appuyant sur la fiscalité, l'offre foncière, la connectivité nationale et internationale du territoire et nos liens avec la recherche publique locale, nous parviendrons à attirer des PME, TPE et ETI. Nous nous rapprocherons des startups parisiennes pour leur proposer un accueil et les convaincre à partir de nos atouts : le prix de l'immobilier, notre situation à l'équilibre entre ville et nature et la qualité de vie de nos habitants. Nous proposons un vrai stade Gabriel Montpied fermé et terminé de 12 à 13 000 places." Pour lui, la gestion de la ville doit être confiée à des acteurs de la société civile qui ont l'habitude de ne pas gaspiller. Il souhaite appliquer les solutions misent en oeuvre à la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour gérer la ville.

Quant au programme d'Olivier Bianchi, il prévoit l'accélération de la rénovation thermique des bâtiments publics et des logements privés, le développement de l'énergie photovoltaïque, le déploiement du plan de rénovation urbaine pour Saint-Jacques, La Gauthière et les Vergnes et le renforcement de la plateforme « Rénover + Demain » pour accompagner les particuliers. Le maire sortant promet aussi de maximiser la production de biogaz (déchets alimentaires et agricoles), de construire un nouveau réseau de chaleur pour utiliser l'énergie résiduelle de l'incinérateur. De nouvelles préemptions commerciales permettraient de dynamiser le commerce de proximité, et une nouvelle politique d'attractivité séduirait les investisseurs. Il prévoit également de renforcer le soutien à l'écosystème FrenchTech et enfin de maintenir le service de l'eau en régie publique.

Marianne Maximi propose aux habitants la gratuité des premiers mètres cubes d'eau, un système financé par une tarification progressive au-delà de ces premiers mètres cubes, pour faire payer les sur-consommateurs, les gaspilleurs, les pollueurs et les industries. Elle propose une politique du logement hors de l'emprise des promoteurs, du bétonnage et de la spéculation en renégociant l'ANRU. Elle propose aussi d'améliorer l'isolation des logements pour en finir avec les passoires thermiques. Pour soutenir l'économie, elle refuse le dumping social et souhaite soutenir les luttes contre les fermetures d'entreprises "comme à Candia, Luxfer ou les ACC ".

La Capeb et la CCI attendent des améliorations dans la gestion des déchets de chantier et de ceux des entreprises. Le programme de Marianne Maximi prévoit la réutilisation et le recyclage, pour une gestion circulaire des déchets. Elle refuse également l'extension de l'incinérateur, pour permettre "un tri efficace, le plus vertueux possible".

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Commentaires
a écrit le 12/03/2020 à 15:54 :
sympa toutes ces idées .... mais qui paie ???? .... dans un pays surendetté et où on travaille de moins en moins ..... toujours les mêmes qui vont financer et surtout la grande majorité qui profite de tout ce gaspillage .

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