Lyon : Le monde économique donne sa feuille de route pour les mobilités

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(Crédits : A.T.)
La CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne vient de publier un livre blanc répertoriant les infrastructures à créer pour améliorer les mobilités sur son territoire. Une liste argumentée, mais pas chiffrée.

En publiant un livre blanc des mobilités, la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne souhaite peser dans les débats en cours et à venir en matière de mobilité.

"Tous les jours nous entendons des chefs d'entreprise se plaindre des retards ou du manque d'investissement dans les infrastructures de transport. 80% d'entre eux estiment que la mobilité est un frein à leur développement et même 25% envisagent de délocaliser leur entreprise hors de la métropole de Lyon", affirme Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne pour justifier l'urgence d'agir.

Au total, la chambre consulaire, épaulée par le cabinet Algoé, a dégagé 14 propositions, reflet des attentes du monde économique. Des pistes pour fluidifier les déplacements des hommes comme des marchandises à l'échelle d'un vaste territoire représentant quelque 4 millions d'habitants et englobant l'aire métropolitaine Lyon Saint-Etienne.

Périphériphe, RER et A45 en priorité

La modernisation des TER, le rééquilibrage du trafic entre les différentes gares lyonnaises et encore le développement d'un grand axe de covoiturage sur M6 (l'A6 déclassée, NDLR) entre Limonest et Pierre Bénite figurent notamment au programme souhaité par l'institution. Mais, trois infrastructures sont principalement mises en avant, dont la liaison Lyon Saint-Etienne.

"500 millions d'euros par an, c'est le coût que supporte le monde économique à cause des faiblesses de cet équipement. Il y a une urgence absolue à trouver des solutions innovantes pour réaliser cette infrastructure", estime Luc Pelen, vice-président de la CCI.

La CCI estime tout aussi urgent de créer un RER interconnecté aux réseaux de transports collectifs urbains reliant Lyon à Saint-Etienne, tout en améliorant les dessertes en TER sur cette ligne.

"Il faut arrêter de tergiverser sur l'anneau des sciences. Pouvons nous prétendre être une grande métropole européenne sans boucler le périphérique", interroge Luc Pelen.

Il met en avant "le frein majeur en matière de développement économique comme de mobilité des salariés", induit par l'absence de décision favorable au bouclage du périphérique lyonnais.

Droit au chapitre

L'inventaire est dressé, mais il n'est pas chiffré.

"Nos propositions sont pragmatiques, mais bien sur il faudra les financer", reconnaît Philippe Valentin.

Et le président de la CCI de se dire convaincu que les leviers financiers existent. Pour l'heure, la CCI va s'appliquer à diffuser largement son livre blanc aux acteurs en charge des mobilités sur son territoire et au-delà. Mais elle ne s'arrêtera pas là, car une des propositions formulées dans le livre blanc vise la gouvernance des mobilités.

"Nous avons un mille-feuille administratif qui représente un handicap", estiment les élus de la CCI qui plaident pour une refonte de la gouvernance.

Peut-être pas immédiatement jusqu'à l'autorité organisatrice unique sur l'aire Lyon Saint-Etienne, mais dans un premier temps à travers "un travail en bonne intelligence avec le monde économique".

Là encore, les moyens ne sont pas clairement identifiés, mais l'intention est martelée : le monde économique souhaite désormais être plus étroitement associé aux décisions portant sur les mobilités.

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a écrit le 30/11/2019 à 22:56 :
"Tous les jours nous entendons des chefs d'entreprise se plaindre des retards ou du manque d'investissement dans les infrastructures de transport. 80% d'entre eux estiment que la mobilité est un frein à leur développement et même 25% envisagent de délocaliser leur entreprise hors de la métropole de Lyon", affirme Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne pour justifier l'urgence d'agir.". Le problème n'est pas la mobilité, mais la concentration d'une majorité d'entreprises dans un espace minime à l'échelle de la région.
a écrit le 29/11/2019 à 17:50 :
Quand Luc Pelen de la cci et directeur chez Vinci Construction prône le bétonnage avec le projet climaticide de l'anneau des sciences. Aucun argument si ce n'est du corporatisme. Et employer des travailleurs détaches. Il y a d'autres solutions pour les déplacements collectifs à mettre en oeuvre et qui feront travailler des dizaines d’entreprises du BTP. A quand le développement du ferroutage et l' arrêt de tous ces camions qui traversent la France. Les autoroutes sont suffisants à condition bien entendu de déplacer les flux des camions de transit. Et les grandes métropoles suppriment tous les périphériques urbains.

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