A Saint-Etienne, Casino tente de rassurer

 |   |  682  mots
(Crédits : DR)
Face au désengagement de ses activités historiques, sept parlementaires du bassin stéphanois demandent à Casino des engagements clairs sur le maintien des emplois sur le territoire.

"Casino est une entreprise historique de notre territoire et constitue un marqueur de l'identité économique ligérienne. Depuis quelques mois, les nouvelles du Groupe inquiètent un certain nombre d'acteurs locaux quant au maintien des emplois liés à Casino sur le territoire ligérien, en particulier sur les fonctions logistiques et supports". Ainsi débute le courrier adressé au début du mois par sept parlementaires ligériens - Régis Juanico, Jean-Claude Tissot, Cécile Cukierman, Bernard Bonne, Bernard Fournier, Julien Borowczyk et Nathalie Sarles - à Jean-Charles Naouri, président directeur général de Casino.

"En notre qualité de parlementaires de la Loire, compte-tenu du nombre d'emplois directs et indirects du groupe Casino sur le territoire ligérien, nous ne pouvons qu'être préoccupés par les différentes informations diffusées", écrivent-ils.

Ils font allusion à la procédure de sauvegarde couvrant Rallye la maison mère de Casino et au plan de désendettement engagé par le groupe. Dans ces conditions, les élus demandent au groupe "des engagements fermes et rassurants" concernant les près de 3 000 emplois de Casino sur la Loire Sud.

"La direction de Casino a été rassurante"

Le courrier a bien été réceptionné confirme-t-on du côté de Casino à La Tribune et une réponse lui sera apportée prochainement.

En attendant, une rencontre s'est tenue, à Saint-Etienne, il y a quelques jours entre Régis Juanico, député Génération.s, Claude Risac, directeur des relations extérieures de Casino, et Jean-Claude Delmas, DRH France de Casino. Une rencontre comme il s'en organise régulièrement à Saint-Etienne entre les élus et les cadres du groupe tient à préciser Casino. En clair, qui ne serait donc pas liée à une éventuelle situation de crise.

"La direction a été rassurante sur le sujet de l'endettement. La dette est passée de 7 milliards d'euros il y a 7 ans, à 2,5 aujourd'hui. Par ailleurs, Casino m'a confirmé ne pas envisager de plan social mais des adaptations légères pour l'emploi sur le territoire ligérien avec une réorganisation des activités au siège".

Une cellule de mobilité a ainsi été créée à Saint-Etienne et concernerait déjà 400 personnes environ, selon le député, pour des réaffectations de services au sein même du siège stéphanois. Un chiffre que ne souhaite pas commenter le groupe. Régis Juanico dit rester vigilant et continuer de suivre attentivement le dossier.

"Nous avions dû mal à croire qu'il n'y aurait aucune répercussion sur l'emploi local, Casino m'a assuré du contraire", indique le député.

La bataille des chiffres

Du côté des organisations syndicales, l'heure reste néanmoins à l'inquiétude. Notamment en raison d'informations récentes révélées par le magazine Capital et faisant état de discussions sérieuses entre Casino et Leclerc pour la cession d'une soixantaine d'hypermarchés (sur les 80 encore détenus par le groupe). Lors d'un comité d'anticipation réunissant les représentants syndicaux et la direction des relations sociales, ce chiffre aurait été formellement démenti.

"On nous a parlé d'une cession à prévoir de seulement 10 hypermarchés supplémentaires à terme, sans précision sur l'acquéreur potentiel", indique Thomas Meyer, délégué syndical UNSA groupe.

Un ordre de grandeur évoqué également par une autre source impliquée dans ce dossier. La direction du groupe, de son côté, ne confirme aucun des chiffres avancés.

"Les salariés sont inquiets, notamment au siège à Saint-Etienne. Nous savons qu'il faut renflouer les caisses. La direction est rassurante et nous avons envie de la croire mais nous restons méfiants", insiste Thomas Meyer.

Un comité de groupe extraordinaire avec Jean-Charles Naouri a été sollicité. La date n'a pas encore été fixée.

Côté financier, Casino annonce aujourd'hui la finalisation de l'opération de refinancement annoncé le 22 octobre dernier et visant à renforcer sa liquidité et sa structure financière. Elle concerne une levée de financement d'1,8 milliard d'euros via un prêt à terme et une dette obligataire, ainsi qu'une nouvelle ligne de crédit syndiquée de 2 milliards d'euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/11/2019 à 12:04 :
Bien sûr que la situation n'est pas très rassurante pour les employés! Les élus savent-ils ce qu'est une procédure de sauvegarde? On a l'impression qu'ils ne montent au créneau que pour montrer qu'ils font quelque chose.. la suite prévisible, ce sont les grandes exclamations sur la "trahison" de Casino en cas d'ajustement douloureux.. Ne peut-on être adulte quand on est un élu!
a écrit le 22/11/2019 à 2:18 :
A voir mais pour moi ça craint.
a écrit le 22/11/2019 à 1:03 :
C'est extraordinaire ces députés qui montent soi disant au créneau pour sauver des emplois en se livrant à des incantations alors qu'ils seraient plus inspirés de voter des lois qui réduisent la pression fiscale, seul moyen de redonner du dynamisme au marché de l'emploi.
Réponse de le 22/11/2019 à 10:27 :
Je ne pense pas que la pression fiscale soit la seule raison des problèmes de Casino.
Réponse de le 23/11/2019 à 19:22 :
Bonjour,
Je suis toute à fait d'accord avec vous c'est la pression fiscale qui asphyxie les entreprises et les empêchent de recruter ou d'investir.
Cordt.
a écrit le 21/11/2019 à 20:36 :
Pas de plan social chez Casino mais personne e ne parle des départ plus ou moins volontaires dans ce groupe
a écrit le 21/11/2019 à 19:57 :
le reveil va etre douloureux!
la grande distribution classqiue se fait cogne rdedans de tous les cotes, et ils ont en plus droit en permanence a des batons dans les roues de la part d'elus... qui ne viennent pas de leur demander de ' prendre les responsabilites' quand y a un risque sur l'emploi!
on croit rever
Réponse de le 21/11/2019 à 20:49 :
Soit vous êtes complètement perché, soit je n'ai pas compris votre intervention. Les maux de la grande distribution ne sont pas dû aux interventions des élus. Les maux ne sont uniquement dû qu'au laxisme des dirigeants des ces enseignes. La preuve en est d'autres enseignes progressent alors que le groupe casino ne fait que s'enfoncer. Oui le réveil va être dur. Lorsque les milliards de crédits auront été complètement dilapidés, et que les actionnaires et autre banquiers demanderont leurs dûs. Beaucoup trop de monde est aveugle sur le dossier casino. Mais nous en reparlerons. Lorsqu il y aura des degressages massifs il sera trop tard pour dire si on avait su.
Réponse de le 22/11/2019 à 11:00 :
le pb de la grande distribution, c est surtout qu ils ont loupe le virage internet. Et ca c est sur que c est pas la faute des deputés ou maire.
Amazon va faire a casino ce que casino a fait aux epiciers dans les annees 60
Apres c est clair que nos elus ont une responsabilite dans le declin economique de la France, en voulant privilegier la rente, en taxant le travail a mort, en etant incapable de voter un budget a l equilibre depuis 30 ans

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :