Startup : Isorg accélère avec le japonais Sumitomo Chemical

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(Crédits : DR)
Après avoir complété l’an dernier une levée de 24 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, qui doit le conduire à démarrer un premier cycle de production début 2020, le fabricant de capteurs a signé d'un partenariat avec le chimiste japonais Sumitomo Chemical. Avec, en ligne de mire, de nouvelles perspectives à l’échelle mondiale.

Créée en 2010 par deux anciens de STMicroelectronics (Jean-Yves Gomez et Emmanuel Guérineau), la pépite iséroise Isorg se prépare à une année 2020 déterminante.

Alors qu'elle travaillait déjà en secret avec plusieurs grands fabricants de smartphones de la planète, elle vient d'annoncer l'un de ses premiers partenariats stratégiques avec le chimiste japonais Sumitomo Chemical, qui devrait lui permettre de compléter son offre. La jeune pousse réalise des capteurs photoniques en électronique polymère imprimée, qui lui permettent de transformer des surfaces comme des écrans de smartphones en capteurs d'empreintes digitales.

"Il ne s'agit pas de notre premier partenariat, mais c'est l'un des plus importants", résume le Ceo d'Isorg, Jean-Yves Gomez.

Une collaboration avec le fabricant d'encre japonais qui a en réalité démarré il y a déjà cinq ans, mais dont les résultats aboutissent aujourd'hui.

"Nous avons réussi à développer avec Sumitomo une encre qui se dépose par voie liquide et avec des méthodes d'impression, sans utiliser les procédés des semiconducteurs, en vue de produire une encre organique semiconductrice", explique Jean-Yves Gomez.

Avec, comme visées, plusieurs opportunités qui s'offrent aux deux partenaires au sein de plusieurs marchés potentiels, tels que l'industrie des smartphones, le secteur médical et l'automotive, "avec tout ce qui est lié à l'installation de caméras au sein des voitures autonomes". Un passage en production est désormais anticipé d'ici peu.

"Sumitomo a déjà reçu de la demande pour plusieurs applications et va également nous ouvrir des portes vers de nouveaux clients", affiche Jean-Yves Gomez.

Lorsqu'on le questionne sur la taille du marché potentiel visé par cette nouvelle technologie, le Ceo évoque "plusieurs centaines de milliers d'euros".

"Les applications apparaissent sans arrêt, car cela nous permet de proposer par exemple des caméras qui voient aussi bien la journée que la nuit, mais pour des applications plutôt grand public".

Un lancement de la production à Limoges

Une année d'autant plus importante pour Isorg que celle-ci se prépare aussi à lancer sa première ligne de production de capteurs polymères imprimés, dans son usine flambant neuve de Limoges, livrée fin 2015.

"Il nous a fallu trouver un endroit où il existait une école d'ingénieur, capable de former de futurs salariés, mais aussi où des partenaires acceptent de participer, sous forme de subvention, à la construction du bâtiment à nos côtés. La Région Nouvelle Aquitaine a notamment contribué à financer 20% du bâtiment, dont le budget global s'élevait à 20 millions d'euros", indique le Ceo.

La société, qui souhaite conserver son siège isérois, pourra cependant s'appuyer, en Nouvelle Aquitaine, sur "un pôle de sociétés actives dans le secteur de l'électronique imprimée et de l'impression, une université reconnue dans le domaine de la chimie ainsi qu'un laboratoire XLim en pointe dans la chimie organique".

La pépite a ainsi fait le choix de réaliser elle-même une partie de la production en vue de pouvoir accélérer ses transferts technologiques.

"Cependant, la taille du marché consumer est telle qu'il nous faudrait l'équivalent d'au moins quatre usines de la taille de Limoges pour répondre à la demande", précise Jean-Yves Gomez, qui vise également à réaliser une partie de la production en Asie.

Pour financer ce choix, Isorg avait effectué, en septembre dernier, un second tour de table de 24 millions d'euros auprès de plusieurs investisseurs (dont New Science Ventures (NSV), Bpifrance, Financière Fonds Privés (FFP) en plus de ses partenaires historiques).

"Il y aura probablement encore d'autres levées, afin de nous aider à financer notre développement technologique et la mise en route de notre usine. Mais l'objectif étant que ces contributions aident à financer le démarrage, pour que la société soit ensuite en mesure de s'autofinance", reprend son Ceo , qui précise que l'actionnaire majoritaire est actuellement Bpifrance, suivi par FFP, tandis que les deux cofondateurs détiennent un peu moins de 25% des parts.

Des marchés diversifiés

Alors qu'Isorg conçoit déjà des capteurs d'empreintes digitales pour le contrôle des frontières, des capteurs à rayons X pour le secteur médical ainsi que des capteurs photoniques utilisés dans l'aéronautique, la logistique et l'industrie, tout le défi pourrait bien être pour elle de bien baliser les priorités à adresser.

"Notre technologie nous permet de réaliser beaucoup de choses : il y a même des personnes qui ont développé des réseaux de capteurs pour travailler sur l'épilepsie en détectant des variations électriques. Il va falloir nous freiner".

Isorg emploie actuellement près de 70 personnes, réparties sur ses trois sites : son siège historique de Grenoble, son centre de R&D à Toulouse, ainsi qu'un site de production à Limoges. Avec un objectif affiché d'atteindre les 200 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2021-2022, pour une centaine de salariés.

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