Mission Patrimoine, volet 2 : quatorze dossiers retenus en Auvergne-Rhône-Alpes

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Le Viaduc des Fades dans le Puy-de-Dôme fait partie des projets retenus par la Mission du Patrimoine
Le Viaduc des Fades dans le Puy-de-Dôme fait partie des projets retenus par la Mission du Patrimoine (Crédits : Fondation du patrimoine)
Le deuxième volet de la mission Patrimoine en péril entre en œuvre ce lundi avec le lancement de la commercialisation des tickets à gratter. Parmi les 18 sites français figurant sur ces tickets : le Viaduc des Fades dans le Puy-de-Dôme.

Un million d'euros. C'est la somme que la V1 de la mission du Patrimoine, en 2018, avait permis à la Mission Bern de distribuer à 24 sites de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Lire aussi : Mission patrimoine : moins d'un million d'euros pour Auvergne-Rhône-Alpes

Pour cette nouvelle mouture 2019, 121 dossiers ont été retenus parmi les 3 500 présentés. Dont 14 en Auvergne Rhône-Alpes : Cuivrerie de Cerdon (01), Tuilerie de Lenax (03), Moulin Dupuy à Saint-André Lachamp (07), Maison Buc à Laroquebrou (15), Château de la Touche (26), Villa La Casamaures à Saint-Martin-le-Vinoux (38), Château de Jarnosse (42), Eglise Saint-Hilaire et Saint-Roch à Beaumont (43), Collège des Jésuites à Billom (63), Domaine Dupoizat à Saint-Symphorien-d'Ozon (69), Eglise Saint-Saturnin à Saint-Sorlin-d'Arves (73), Château de Ripaille à Thonon-les-Bains (74) et le Viaduc des Fades (63).

Ces 13 sites recevront prochainement une part du butin récolté par la Mission Bern grâce au loto du Patrimoine, dont le tirage a été effectué le 14 juillet dernier, et aux tickets à gratter. La commercialisation de ces derniers démarre ce lundi 2 septembre. Sur ces tickets figurent les 18 sites emblématiques retenus sur la France entière pour représenter le patrimoine en péril. A l'instar de l'An I de la mission patrimoine, avec l'Aqueduc du Gier à Chaponost (69), un seul de ces ouvrages emblématiques est implanté dans la région : il s'agit du Viaduc des Fades dans le Puy-de-Dôme.

Construire un projet touristique

Construit en 1901, sur la commune des Ancizes-Comps, il était au moment de son inauguration en 1909 le plus haut pont du monde (132,5 mètres). Il a aujourd'hui dégringolé au 35e rang mais est inscrit à l'inventaire supplémentaire des bâtiments historiques, grâce notamment à ses deux piles monumentales en pierre de granit, de 92,3 mètres, et qui restent les plus hautes piles de pont en maçonnerie de moellon jamais construites.

"Ce viaduc permettait le passage de la ligne ferroviaire Clermont-Ferrand/Montluçon. Il attirait beaucoup de touristes dans les années 70/80", se souvient le maire de la commune auvergnate, Didier Manuby. "Il a été bien conservé jusqu'en 1981. Mais avec la suspension de la ligne ferroviaire en 2007, il n'est plus du tout entretenu par la SNCF. Il s'est vraiment détérioré".

Même si les membres d'une association locale de sauvegarde de patrimoine tente, tant bien que mal, de sauver les meubles, ils ne peuvent effectuer eux-mêmes le gros des travaux, un chantier de remise en peinture de près de 5 millions d'euros.

"Nous avions déjà tenté notre chance sur la première année de la mission du Patrimoine mais nous n'avions pas été retenus. Pour la seconde édition, nous avons été accompagnés par la fondation du patrimoine Auvergne et par la communauté de communes, pour construire un projet. Car au-delà du péril de l'ouvrage, nous avons bien compris qu'il fallait présenter un projet touristique", analyse l'édile.

La petite commune a donc construit un plan, pas encore tout à fait ficelé mais suffisamment tout de même pour séduire Stéphane Bern : un vélo-rail qui partirait de la gare d'Ancizes jusqu'au Viaduc.

"Nous sommes en train d'établir les chiffrages pour une rénovation de la gare, du tablier et bien sûr la mise en sécurité du viaduc obligatoire pour une telle opération".

Objectif : débuter les travaux fin 2020.

Premiers pas

Quant à l'énorme chantier de peinture et à son budget d'investissement colossal, Didier Manuby reste lucide :

"La Mission Patrimoine va nous donner un coup de pouce financier mais nous savons bien que nous serons loin de couvrir la totalité du projet. Dans un premier temps, la priorité est de lancer ce vélorail, de faire revenir les touristes et de recréer de l'activité autour de cet ouvrage".

L'élu sera fixé le 21 septembre prochain avec la remise du chèque par la Mission Patrimoine en péril. Pour mémoire, le site emblématique de l'Aqueduc du Gier avait perçu 100 000 euros environ en 2018 alors que son besoin global était d'1,4 million d'euros.

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