[Crise de l'eau 4/5] Tenevia ausculte l’état des rivières

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(Crédits : DR)
À l’heure où la ressource en eau devient de plus en rare, et qu’il devient urgent de l’économiser, La Tribune vous propose chaque semaine durant l’été le portrait d’une entreprise qui fait de cette contrainte une opportunité. Quatrième épisode avec Tenevia, une PME qui a mis au point des caméras intelligentes mesurant des paramètres tels que la hauteur d’eau ou encore le débit des rivières.

Créée en juin 2012, la société Tenevia est née de l'ambition de valoriser des recherches scientifiques menées au cours des quinze dernières années par le CNRS et l'Université de Savoie, autour d'algorithmes de traitement de l'image permettant de détecter des valeurs hydrométriques.

"Les grandes crues qui s'étaient produites dans les années 1990 dans le Sud de la France avaient provoqué l'arrachement des capteurs d'eau utilisés jusque-là. Les services de l'Etat se sont alors tournés vers la recherche universitaire pour avoir des capteurs qui puissent fonctionner sans être immergés, tout en restant exploitables dans des événements extrêmes", explique Arnaud Brun, le dirigeant de Tenevia.

C'est ainsi que le chercheur Georges-Marie Saulnier s'est associé au géographe, Arnaud Brun, qui s'occupait jusqu'ici des enjeux entourant le partage des eaux entre différents acteurs de l'économie de montagne, au sein de la Société d'économie alpestre de Haute-Savoie (74). Avec un nouvel objectif en commun : industrialiser ces algorithmes, fonctionnant à partir d'images saisies par les caméras d'un industriel partenaire, le suédois Axis.

"L'idée de départ était de pouvoir répondre à plusieurs applications possibles : la surveillance des crues des cours d'eau pour les services de l'Etat, mais aussi la mesure et l'optimisation des débits des barrages hydroélectriques à destination des producteurs d'énergie, et enfin le suivi de la ressource en eau pour les parcs naturels, les syndicats de rivières ou les collectivités locales", illustre Arnaud Brun.

Mesurer la qualité de l'eau

Après cinq années passées à développer ces marchés, Tenevia a souhaité diversifier son offre en proposant également un modèle d'anticipation du débit des rivières, sur une échelle de sept jours.

"Cela revient un peu à proposer une météo des rivières sur une semaine, afin de pouvoir en anticiper les débits", explique le cofondateur.

Et là encore, une telle demande nécessitait à la fois des caméras fixées près des cours d'eau, mais aussi le développement de nouveaux algorithmes.

Plus récemment, Tenevia a également remporté une aide du Programme Investissements d'Avenir, pilotée par le cabinet du premier ministre et l'Ademe, en vue de développer une nouvelle fonctionnalité permettant de détecter les polluants tels que les déchets plastiques pouvant se trouver à la surface des eaux, mais aussi les...

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