Nouvelle année record pour Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes

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(Crédits : DR)
La banque publique a injecté, l'an dernier, plus de 4 milliards d'euros de financements dans les entreprises d'Auvergne-Rhône-Alpes. Une région particulièrement dynamique pour Bpifrance qui décline, sur le territoire, l'expérimentation du volontariat territorial en entreprises (VTE) ainsi que son plan Deeptech. Les explications d'Anne Guérin, la directrice exécutive de Bpifrance en charge du Financement et du Réseau.

Bpifrance avait enregistré une année record en 2017. Quelle a été la tendance pour l'exercice 2018 de la banque publique en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Anne Guérin : Bpifrance a de nouveau battu son record d'activité, avec une croissance que ce soit au niveau national ou en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans la région, nous avons soutenu près de 14 000 entreprises pour 4 milliards d'euros de financements directs (contre 3,5 milliards d'euros en 2017, Ndlr) qui ont permis d'accompagner 8,3 milliards d'euros de financement publics et privés (contre 7,1 milliards d'euros en 2017, Ndlr).

D'une manière générale, la région Auvergne-Rhône-Alpes se montre plus dynamique que la moyenne nationale. Et l'on peut dire qu'elle se taille la part du lion : elle concentre ainsi près d'un tiers des prises de participation opérées l'an dernier, ce qui s'explique par la présence d'un très beau bassin industriel dont Bpifrance accompagne les investissements.

Outre ses interventions financières, Bpifrance joue également un rôle d'accompagnateur de la croissance des entreprises. Comment s'est portée cette activité l'an dernier ?

Elle a également été très dynamique. En région Auvergne-Rhône-Alpes, cela s'est traduit par le lancement de la deuxième promotion de l'Accélérateur PME Auvergne-Rhône-Alpes, déployé avec le soutien de la Région, qui vise à faire émerger les ETI de demain. 20 entreprises bénéficient ainsi d'un accompagnement sur mesure pendant 24 mois.

J'ai le sentiment que l'on rend un très grand service à ces entreprises - au-delà de l'apport de capitaux financier - en mettant à leur disposition du capital humain, notamment par la formation ou le conseil.

Cela permet à l'entrepreneur de sortir de son isolement, et l'aide à prendre du recul que ce soit pour réaliser une croissance externe, se lancer à l'international, opérer des changements de gouvernance, organiser l'entrée d'investisseurs ou encore procéder à des recrutements... Avec l'objectif de rendre ces entreprises plus fortes pour passer des cycles de croissance.

Au regard des premiers mois de l'année, quelle est la tendance pour l'exercice 2019 de Bpifrance ?

Les premiers mois de l'année ont encore été très dynamiques. Il est tôt pour dire que l'activité 2019 sera de nouveau en croissance, mais il est presque certain qu'il n'y aura pas de retournement de conjoncture.

Parmi les nouveautés 2019, Bpifrance est à l'initiative de l'expérimentation du volontariat territorial en entreprises (VTE). En quoi cela consiste concrètement ?

L'idée de ce dispositif, qui est une déclinaison territoriale du volontariat international en entreprise (VIE), est de faciliter le recrutement de jeunes diplômés des écoles de commerce et d'ingénieurs dans les PME et ETI industrielles.

On constate que ces entreprises rencontrent d'importants problèmes de recrutement, l'objectif est donc de pousser les étudiants à découvrir des structures susceptibles de proposer des jobs intéressants à responsabilités. Et c'est l'occasion, pour ces entreprises, d'avoir pour un an minimum des étudiants de bon calibre à leurs côtés.

Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, l'emlyon business school est la première école partenaire, et le Grand Annecy fait partie des 12 territoires pilotes de la démarche en France. Nous ambitionnons de signer une centaine de VTE d'ici septembre en France, et 2000 chaque année en vitesse de croisière.

L'autre actualité de Bpifrance est le lancement d'un plan Deeptech pour démultiplier les actions de soutien à l'innovation de rupture en France. De quel constat est partie cette initiative ?

Ce plan, qui a été lancé au début de l'année, part du constat que l'on pourrait, en France, transformer beaucoup plus souvent l'intelligence académique en innovation. Il s'agit d'encourager la transformation de recherches en laboratoire en de véritables innovations de rupture qui deviendront des produits.

Nous allons donc notamment encourager les incubateurs à mettre en place des accélérations de chercheurs. L'ambition est de faire émerger 2 000 startups Deeptech en France d'ici 2023.

Bpifrance organisera une Tournée Deeptech d'une dizaine de dates dont la première édition se tiendra à Grenoble le 28 juin prochain. Cette tournée a pour objectifs de mieux connecter le monde de la création des startups au monde académique, de favoriser la dynamique deeptech au niveau local et d'enrichir le lien entre les universités et l'écosystème deeptech.

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