L'emploi salarié artisanal résiste en Auvergne-Rhône-Alpes

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(Crédits : DR)
L'assureur Maaf et l'Institut supérieur des métiers (ISM) dévoilent, en exclusivité pour La Tribune, le nouveau baromètre ISM-MAAF de l'artisanat. il compare pour la première fois la dynamique des entreprises artisanales entre les différents territoires de la région Auvergne-Rhône-Alpes : grandes agglomérations, communes périphériques, villes-centres, villes moyennes, communes rurales et quartiers prioritaires. Décryptage de Catherine Élie, la directrice des Études de l'ISM.

Quelle est la tendance générale qui se dessine dans la région Auvergne-Rhône-Alpes en terme d'emploi salarié artisanal ?

Catherine Élie : Comparativement aux autres régions, l'artisanat en Auvergne-Rhône-alpes affiche une bonne dynamique de sortie de crise, tant sur le plan de l'évolution du nombre d'entreprises que sur celui de l'emploi salarié.

Fin 2018, l'emploi salarié a progressé de 0,5% par rapport à 2017, plaçant la région au 5e rang après la Corse, l'Ile-de-France, la Bretagne et l'Occitanie. L'emploi salarié a notamment bien progressé dans l'artisanat de l'alimentation (+2,1%).

Le baromètre ISM/MAAF montre cependant que tous les départements n'ont pas connu une trajectoire égale. En terme d'emplois salariés, l'artisanat a plus souffert dans la Loire, l'Allier et la Haute-Loire.

Avez-vous également constaté des évolutions entre les types de territoires (grandes agglomérations, communes périphériques, villes-centres, villes moyennes, communes rurales et quartiers prioritaires) ?

L'artisanat des communes rurales de moins de  2 000 habitants a été plus fragilisé, et les pertes d'emplois salariés y ont été plus importantes  (- 4% entre 2013 et 2016) que dans les unités urbaines. Cette baisse de l'emploi salarié a atteint 9% dans l'artisanat rural de l'Ain, 7% dans celui de la Drôme, 6% dans celui du Cantal ou du Puy-de-Dôme.

Cette perte de vitesse a été d'autant plus ressentie que l'artisanat pèse lourd dans l'économie et les emplois de ces territoires ruraux.

D'après ce baromètre, qu'est ce qui fait la particularité de la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Cette fracture, entre le rural et l'urbain, est observée globalement au plan national. L'artisanat joue pourtant un rôle d'amortisseur, dans la mesure où il continue de créer des entreprises et des emplois non salariés dans les communes rurales. Ce fait s'observe également dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Ce qui singularise la région Auvergne-Rhône-Alpes, c'est plutôt la bonne résistance du tissu artisanal dans les petites et moyennes agglomérations : l'emploi salarié artisanal s'y est globalement bien maintenu. Cela est vrai également pour l'artisanat commercial des métiers de bouche et des services, qui a créé des emplois dans plusieurs villes moyennes du programme "Action Coeur de Ville".

Lire aussi notre dossier : centres-ville, coeur de ville ?

Qu'en est-il de la métropole lyonnaise ?

Dans l'unité urbaine de Lyon, le nombre d'entreprises artisanales a progressé de 25% entre 2013 et 2016. C'est une belle progression, même si une partie importante de entreprises créées sont des micro-entrepreneurs, plus nombreux en milieu urbain que dans le monde rural.

L'emploi salarié artisanal s'est globalement maintenu - fait exceptionnel durant ces années de crise - témoignant de la bonne dynamique des métropoles : les transports (taxis/VTC), de même que les métiers de bouche ont même créé de nombreux emplois salariés (boulangerie +10%, boucherie +8%), compensant les pertes alors enregistrées  dans l'artisanat du BTP, l'artisanat du textile-habillement ou du bois.

L'artisanat du BTP ayant repris des couleurs en 2018, gageons que les prochains chiffres confirmeront la croissance des emplois salariés.

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