Tourisme : Les stations de Villard-de-Lans et Corrençon dans le giron de Tony Parker

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(Crédits : Corlin)
Le champion de basket Tony Parker serait bien en passe de racheter près de 76,8 % des parts de la société d’exploitation des remontées mécaniques du domaine skiable (SEVLC) de Villard-de-Lans et de Corrençon-en-Vercors (Isère). Si l’affaire n’est pas encore conclue, il ne s’agirait plus que d’une question de jours, maintenant que les deux conseils municipaux des deux communes ont donné leur aval.

La figure de la NBA (National Basketball Association), Tony Parker, se prépare à élargir son champ d'activité. Après avoir participé, en 2015, à la création de la Tony Parker Academy, le champion de basket a désormais des vues sur les stations iséroises de Villard-de-Lans et Corrençon-en-Vercors, comme l'indiquait il y a quelques jours nos confrères de France Bleu Isère.

A l'issue d'un séjour où il s'est rendu cet été sur le plateau du Vercors, loin des caméras, le joueur a confirmé sa volonté de racheter près de 76,8 % des parts de la société d'exploitation des remontées mécaniques du domaine skiable (SEVLC), à travers sa société, Infinity Nine Mountain.

Après plusieurs mois de négociations, une première étape a déjà été franchie fin mars, avec le vote, unanime, du changement d'actionnaire par le Conseil municipal de Villard-de-Lans, suivi de celui de Corrençon-en-Vercors, début avril. Car les deux communes, propriétaires des terrains, en avaient confié l'exploitation, dans le cadre d'une délégation de service public (DSP), à la société d'exploitation SEVLC, détenue majoritairement par la famille Huilliez.

"Le vote du Conseil municipal doit être complété d'un vote des actionnaires, qui doit se faire incessamment, avant le 15 avril", glisse une source proche du dossier, qui ne croit plus "qu'il soit possible de faire marche arrière".

Le basketteur devrait ainsi racheter les parts détenues jusqu'ici par l'actionnaire majoritaire, la famille Huillier. Avec un objectif : proposer une offre toutes saisons à travers la mise en place d'un important plan de développement immobilier, qui comprendrait plusieurs centaines de logements situés au pied des pistes. Un projet qui mêlerait donc de l'équipement, des infrastructures touristiques avec de l'immobilier.

De nouvelles perspectives

D'après les premiers éléments communiqués à la presse par l'adjoint au maire de Corrençon-en-Vercors et futur chargé des relations publiques du consortium, Guillaume Ruel, le basketteur Tony Parker aurait été séduit par l'offre "4 saisons" de la station.

Partagé sur deux communes, "l'Espace Villard Corrençon" comprend 280 km de pistes alpin et nordique, qui avaient accueilli les épreuves de luge des Jeux Olympiques de 1968. Mais la station ne comptait en effet pas uniquement sur l'hiver, puisqu'elle a déjà commencé, à l'image d'autres homologues alpines, à réagir aux aléas climatiques en développant plusieurs équipements, à commencer par une patinoire en 1975, un centre aquatique en 1989 puis un casino en 1996. Elle dispose également, en outre, d'un stade de biathlon et d'un bowling qui complètent son offre de loisirs. De quoi générer chaque année près de 900 emplois directs et indirects rien que sur la commune de Villard-de-lans, qui comporte 4 100 habitants (contre près de 400 habitants pour Corrençon).

Dans une interview, Guillaume Ruel évoquait notamment un vaste programme immobilier de "lits chauds, sans résidences secondaires", avec une volonté de "ne pas tout bétonner", et de concevoir un projet "tourné vers la diversification et le respect du massif".

"Cette station est le poumon économique du Vercors. Le but est de la faire tourner trois cents jours par an, y compris durant les périodes creuses", ajoutait-il.

Des acteurs locaux autour de la table

Le sportif devrait être épaulé, dans ce rachat, par plusieurs autres internationaux, dont Nicolas Batum, un autre joueur tricolore de la NBA, mais aussi Marie-Sophie Obama, l'actuelle présidente de la section féminine de l'Asvel Lyon-Villeurbanne.

Des chefs d'entreprise seraient également présents au sein de cette opération, tels que le président du groupe lyonnais Federaly, Ruben Jolly, ou encore un restaurateur de Villard-de-Lans, Sébastien Giraud, qui possède le restaurant Altitude 2000.

Contacté, ce dernier se veut discret, et mentionne juste que "les choses sont en cours".

"Nous sommes tous ensemble sur la même ligne, à savoir de ne pas communiquer plus tant que le compromis n'est pas signé". Avant de glisser : "Tout devrait être calé d'ici la mi-mai".

Une nouvelle qui tombe à point nommé

Actionnaire majoritaire, présent même depuis la création de l'ancêtre de la SEVLC dans les années 1950, Victor Huilliez, 89 ans, avait fait part de son souhait de vendre ses parts depuis 2016.

Par ailleurs, la gestion de la station, dont la DSP a été confiée à la SEVLC, n'était pas non plus sans impact pour la commune de Corrençon-en-Vercors. La commune avait été épinglée par la Cour des Comptes en 2016, à travers un rapport passant au crible les exercices 2009 à 2014, où cette dernière évoquait notamment une gestion des activités, liées au tourisme d'hiver, qui n'était "pas sans difficultés" pour la commune.

Alors que la municipalité avait renouvelé sa délégation de service public du domaine skiable en 2013, "la redevance perçue par la commune au titre du nouveau contrat ne lui permet pas de couvrir les charges de gestion (dépenses liées aux navettes touristiques notamment)", expliquait le rapport. Parmi les principales difficultés, figuraient également "l'exploitation du domaine en régie (...) pas viable sans subvention du budget principal", ainsi que "l'endettement porté par le budget annexe dédié (...) important depuis 2012". Quant à l'exploitation du site nordique, elle était jugée comme "tout juste équilibrée au plan financier".

En d'autres termes : la commune n'avait ainsi plus la capacité de moderniser seule ce domaine, "pour lequel un choix de gestion devra être effectué", précisait le rapport.

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Commentaires
a écrit le 14/04/2019 à 10:54 :
Penser qu’en 2019 le développement d’un site touristique déjà très structuré ne peut se faire qu’avec une relance par l’immobilier est un leurre. Et un modèle qui a montré ses limites dans toutes les montagnes françaises.
On évoque des résidences de tourisme, qui, vu le mode de financement actuel, se feront via des particuliers, donc à terme des lits froids.
Au regard des très nombreux lits froids existant sur le Vercors, la priorité n’est peut être pas à de nouvelles constructions. Le Vercors c’est environ 35 000 lits dont seulement 8500 lits touristiques...
Donc à suivre de très près pour un tourisme 300 jours par an...

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