Primo1D lève 6 millions d'euros pour nourrir sa croissance

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(Crédits : DR)
Une seconde levée de fonds pour accélérer l'industrialisation de son fil textile RFID. La jeune pousse grenobloise Primo1D vient de réunir 6 millions d'euros, à travers une opération qui signe notamment l’entrée à son capital des fonds Michelin Ventures et BNP Paribas Développement. Avec un objectif : atteindre un chiffre d’affaires d’un million d’euros d’ici à la fin de l’année.

Près de cinq ans après sa première levée de fonds de 3 millions d'euros, la start-up grenobloise Primo1D remet le couvert en doublant la mise, à travers un nouveau tour de table de 6 millions d'euros. Mené en partie auprès de ses actionnaires historiques (Sofimac Innovation, Kreaxi, Expansinvest, Casra Capital et Rhône-Alpes Angels), cette nouvelle opération lui permettra également de se faire accompagner par les fonds Michelin Ventures et BNP Paribas Développement pour franchir un nouveau cap.

"En accueillant un investisseur stratégique tel que Michelin Ventures, nous ciblons les marchés de l'IOT dans les segments industriels à forte valeur ajoutée tandis que le soutien de BNP Paribas Développement est également important compte tenu de son large réseau de sociétés accompagnées, susceptibles d'être intéressées par la solution E-Thread", soulignait la société dans un communiqué.

Une occasion également pour le pdg et cofondateur de la société, Emmanuel Arène, de rappeler le chemin déjà parcouru :

"Notre première levée nous avait donné les moyens de réaliser une première phase d'industrialisation et d'aller à la rencontrer des marchés. Quatre ans après, nous avons désormais un produit fonctionnel".

Désormais, Primo1D est prête à passer à une seconde phase d'industrialisation à plus grand volume, et d'aller chercher des clients internationaux.

"Nous allons concrétiser cette année notre premier exercice significatif, avec l'objectif d'atteindre un million d'euros", entrevoit Emmanuel Arènequi s'attend déjà à une croissance beaucoup plus forte à compter de 2020.

"La levée de fonds va nous permettre d'investir dans des équipements industriels de nouvelle génération, qui vont nous permettre d'adresser de plus grands volumes avec un coût plus compétitif", ajoute-t-il.

Une solution unique de traçabilité

Car si Primo1D avait déjà pu commercialiser une première série de produits pour le secteur de l'habillement et de l'industrie, elle souhaite désormais se renforcer pour adresser de nouveaux marchés applicatifs, en ciblant directement les trois zones cibles (Europe, Asie, et Etats-Unis). "Nous sommes dans un secteur où il faut travailler main dans la main avec les clients pour les aider à déployer des services avec notre solution", illustre le pdg.

Face à une économie de plus en plus digitale et connectée, Primo1D observe en effet une série de nouveaux usages et enjeux qui requièrent une intégration plus forte d'électronique.

"Ces nouvelles propositions s'intègrent dans les évolutions rencontrées par les clients, qui auront tendance à acheter demain des services d'usage plutôt que des produits, comme ce peut déjà être le cas avec des pneus connectés qui utilisent des puces RFID pour calculer leur niveau d'usure", glisse-t-il.

Car, en permettant de mémoriser et de récupérer à distance des informations contenues dans un système électronique, la technologie RFID a déjà su convaincre plusieurs types d'acteurs, dans un contexte règlementaire de traçabilité des produits toujours plus exigeant. Intégrée sous forme filiaire par Primo1D, cette technologie offre ainsi de nombreuses applications comme le suivi de production, l'inventaire temps réel, la gestion des retours clients, la maintenance prédictive, etc.

Et c'est justement à ces défis que souhaite répondre Primo1D, depuis sa création en août 2013, à partir d'une technologie imaginée au sein du CEA Leti. Avec une ambition : proposer, à travers sa technologie E-Thread, une solution unique de traçabilité et d'identification aux industriels, applicable à différents secteurs : textile, pneumatiques, mais aussi production de câbles électriques, ou encore agriculture...

"On retrouve déjà des puces RFID sous forme d'étiquette électronique dans la grande distribution, chez des marques comme Décathlon, Zara ou encore Uniqlo ou H&M. Mais nous sommes le seul spécialiste à savoir le faire sous forme filaire, ce qui permet de l'intégrer dans des objets auxquels on n'aurait jamais pensé", affirme Emmanuel Arène.

Objectif : 50 millions d'euros de chiffre d'affaires

Avec 17 salariés basés à Grenoble, dans les locaux de Minatec, la start-up vient tout juste de renforcer ses effectifs avec des profils spécialisés (business développement, industrialisation et développement de nouveaux produits). Tout en confiant sa production à un réseau de partenaires rhônalpins, spécialisés dans les semi-conducteurs, l'assemblage électronique ou encore les fils techniques.

"Le fait d'être basé à Grenoble nous permet de bénéficier de l'environnement technologique, qui ne se résume pas uniquement à la microélectronique. Il existe encore beaucoup de sociétés iséroises qui savent travailler les textiles techniques, ce qui nous permet de gagner en crédibilité", avance le pdg.

La jeune pousse anticipe déjà une nouvelle levée de fonds d'ici à 18 mois, pour soutenir la croissance attendue et se déployer plus largement à l'échelle mondiale. Avec un objectif de franchir encore d'ici quelques années un autre palier, pour dépasser la barre des 50 millions d'euros.

"Les marchés que nous adressons aujourd'hui nous permettraient déjà de dépasser ce chiffre, mais tout l'enjeu sera de bien manager cette croissance", souligne-t-il.

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