Jean-Luc Raunicher (Medef Auvergne-Rhône-Alpes) : "Je veux porter un Medef de contact"

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Jean-Luc Raunicher, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes
Jean-Luc Raunicher, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes (Crédits : DR)
Elu à la tête du Medef Auvergne-Rhône-Alpes depuis début septembre, Jean-Luc Raunicher compte faire entendre sa voix sur les dossiers des grandes infrastructures régionales. Et dessine la présidence qu'il compte mener, en évitant tout lyonno-centrisme.

Cela fait maintenant près de quatre mois que vous êtes élu à la présidence du Medef Auvergne-Rhône-Alpes. Quelle est la priorité de votre mandat ?

La mère de toutes les batailles assez simple : il faut que les entreprises retrouvent la compétitivité qu'elles ont perdue, et qu'elles commencent tout juste à retrouver. Pour cela, il faut une réduction de la dépense publique de façon à baisser de façon réelle les charges qui pèsent sur les entreprises. Car 48 % de prélèvements obligatoires, ce n'est pas acceptable. Mon rôle, en tant que président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, est de porter cette voix.

Et sur un plan plus régional, quels sont les dossiers que vous entendez porter

Sur le plan régional, je considère que la question des infrastructures est essentielle. Il y a, en Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs enjeux de mobilité avec des nœuds routiers et ferroviaires que l'on va essayer de démêler avec la Région et l'État. C'est un enjeu pour la compétitivité de nos entreprises. Par exemple, nous œuvrons à notre niveau pour la réalisation de la ligne ferroviaire Lyon-Turin.

Je porte également l'idée de la création d'un observatoire régional de la qualité de service des infrastructures. Cela existe dans d'autres régions françaises, et consiste en un diagnostic sur les manques et les travaux à réaliser. Il faut savoir que les infrastructures françaises sont déclassées au niveau européen depuis une quinzaine d'années faute d'investissements.

Vous succédez à Patrick Martin qui a été nommé vice-président du Medef au niveau national. Que comptez-vous insuffler au Medef Auvergne-Rhône-Alpes ?

Tout d'abord, j'inscris mon mandat dans la continuité de mes prédécesseurs. Une de mes grandes missions sera de se rappeler que le Medef est au service des entreprises. Certes, dire cela peut faire un peu "tarte à la crème", mais il est évident que l'on peut parfois se perdre dans la vie technocratique.

Il n'y a qu'à voir le mouvement des gilets jaunes pour se rendre contre que la fracture territoriale s'est accentuée, peut-être même au niveau des organisations professionnelles. Il faut que l'on se rapproche du terrain que l'on dise aux entrepreneurs à quoi ça sert d'aller au Medef.

Je veux un Medef de contact qui ne se perd pas son lien indéfectible avec sa base.

Tous les présidents du Medef disent cela...

Oui, sauf que cette volonté d'être proche du territoire se matérialise par des délocalisations des conseils du Medef du siège régional. Ainsi, le bureau s'est réuni à Roussillon fin décembre. C'est symbolique, mais cela évite de donner le sentiment qu'il ne se passe rien en dehors de Lyon.

En cela, votre élection est révélatrice. Pour une fois, le Medef régional n'est pas dirigé par un « Lyonnais »... Vous pensez que votre casquette de chef d'entreprise haut-savoyard a joué pour faire consensus autour de votre élection (1) ?

Je ne sais pas si cela a une incidence, mais c'est vrai que cela n'aurait pas forcément été un message positif d'élire un Lyonnais... Le fait que je ne sois pas lyonnais évite l'écueil du lyonno-centrisme, même le Medef Lyon-Rhône est d'accord avec cela.

Une autre différence avec vos prédécesseurs, c'est que vous êtes le patron de Promedif, une « petite » PME industrielle de 60 salariés, là où Patrick Martin, par exemple, contrôle un groupe de 2 500 salariés. Là aussi, il y avait un message à faire passer ?

Je rappelle que 90% des adhérents du Medef Auvergne-Rhône-Alpes sont des TPE/PME. Ma candidature était donc le signe que tout ne se passe pas nécessairement dans les grandes entreprises, ni dans les capitales régionales (sa société est basée à une dizaine de kilomètres de Thonon, Ndlr).

Patrick Martin, dont vous êtes très proche, reste premier vice-président délégué du Medef Auvergne-Rhône-Alpes. Allez-vous avoir réellement les mains libres pour piloter l'organisation ?

Absolument. Nous avons voulu que la transition se passe comme cela, avec lui comme premier vice-président délégué. Mais ses sollicitations nationales font qu'il n'a pas de velléité à s'occuper de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Vous avez été un soutien actif de Patrick Martin lorsqu'il visait la présidence du Medef. Partagez-vous son diagnostic, assez critique, qu'il faisait pendant la campagne, à savoir que le Medef se trompe parfois de combats ?

Pierre Gattaz a voulu un Medef de combat, ce qui était nécessaire en son temps, au début du mandat de François Hollande. Aujourd'hui, nous portons un Medef de contact et de propositions.

Comment cela se matérialise-t-il concrètement en région ?

Un des principaux sujets est inadéquation entre l'offre et la demande sur le marché de l'emploi. Beaucoup de nos entreprises rencontrent de difficultés pour recruter les compétences humaines dont elles ont besoin pour se développer. C'est le cas, notamment, dans les métiers du numérique où 7 000 à 8 000 postes sont à pourvoir dans la région.

Nous avons donc décidé de créer un CFA du numérique, ouvert il y a tout juste un mois en partenariat avec la Région, qui propose des formations accélérées en un an pour des profils d'ingénieurs bac +5 qui souhaitent se former aux métiers du digital et de la programmation. C'est une réponse concrète.

(1) Jean-Luc Raunicher a été le seul candidat en lice.

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