Le chinois Huawei choisit Grenoble pour son centre de R&D

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Huawei accueillera jusqu'à une trentaine de chercheurs d'ici 2020 dans son center R&D grenoblois.
Huawei accueillera jusqu'à une trentaine de chercheurs d'ici 2020 dans son center R&D grenoblois. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Après le laboratoire hautement confidentiel d’Apple, c’est le géant chinois Huawei qui a choisi d’implanter un centre de recherches à Grenoble. L’objectif ? Se rapprocher de ses partenaires, notamment le CEA Leti et STMicroelectronics.

Il accueillera jusqu'à une trentaine de chercheurs d'ici 2020. Le nouveau centre de R&D du géant chinois des télécoms, Huawei, vient de s'implanter discrètement dans le tissu grenoblois. A travers ce choix, Huawei vise notamment à se rapprocher de ses partenaires, que sont le CEA Leti, mais aussi de son fournisseur STMicroelectronics.

Spécialisé dans les capteurs pour téléphones mobiles et le logiciel, ce nouveau centre occupera une place stratégique pour le groupe puisqu'il deviendra l'unique laboratoire dans ce champs d'expertise, et le cinquième site à être installé en France depuis l'arrivée du groupe sur le territoire il y a 16 ans.

Le président de Grenoble-Alpes Métropole, Christophe Ferrari, s'est rapidement félicité de cette arrivée, chapeautée par le service Invest in Grenoble Alps et en lien avec l'agence régionale Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, qui illustre selon lui "une fois encore l'attractivité du territoire métropolitain grenoblois aux yeux des investisseurs étrangers".

Un cinquième site en France

Le groupe chinois a finalement officialisé l'existence de ce laboratoire grenoblois, déjà en service (et dont la localisation exacte n'a pas été précisée), lors de sa conférence annuelle fournisseurs et partenaires, qui s'est tenue le 27 novembre dernier.

A cette occasion, Huawei en a profité pour rappeler avoir déjà investi près de 1,5 milliard de dollars de dépenses sur le territoire français au cours des cinq dernières années.

Dirigé par Ren Zhengfei, un ancien "technicien militaire" de l'institut de recherche de l'Armée Populaire de Libération (APL), le groupe Huawei pèse aujourd'hui 603,6 milliards de yuans et emploie près de 180 000 collaborateurs, pour une croissance de 15,7% enregistrée en 2017.

Une bataille autour de la 5G ?

Désormais positionné comme le second fabricant de téléphones à l'échelle mondiale derrière Samsung, d'après le baromètre trimestriel d'IDC et Strategy Analytics, Huawei fournit déjà les quatre opérateurs français (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free). Il est également l'un des leaders dans le domaine des infrastructures 5G, un marché en cours de déploiement dans plusieurs pays, et dans lequel un appel d'offres s'apprête à être publié prochainement en France par le gouvernement.

Si l'Allemagne et le Royaume-Uni ont déjà été séduits par les offres cœur de réseau du constructeur, la France s'est jusqu'ici montrée plus frileuse. Alors que les Etats-Unis et l'Australie avaient considéré que les équipements du groupe seraient selon eux « mal sécurisés », Huawei a été blacklisté par ces deux derniers. Et tend donc à se réorienter sur le continent européen, un marché qui arrive pour le constructeur en seconde position, juste après la Chine.

"Nous sommes avant tout une société de technologie. Depuis notre création, nous avons déposé plus de 74 000 brevets dans le monde, dont 2 400 brevets en Europe ", avait tenu à rappeler le directeur général de Huawei France, Weiliang Shi.

Avec près de 50 nouveaux brevets déposés chaque année, Huawei serait désormais positionné "parmi les premiers déposants de brevets européens", avait ajouté le directeur du centre de recherche et développement de Huawei France, Merouane Debbah.

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