A Lyon, vers une pénurie de logements neufs ?

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Entre une demande soutenue, des délais de réalisation des opérations qui s'allongent et surtout une multiplication des recours sur les permis de construire, les promoteurs craignent de ne plus pouvoir proposer suffisamment d'offre de logements neufs dans l'agglomération lyonnaise.

Le phénomène était déjà là, mais il s'amplifie. Depuis ces dernières années, les opérations de promotion immobilière ont de plus en plus de mal à sortir de terre dans l'agglomération lyonnaise. Et ce n'est pas tant la raréfaction du foncier que les promoteurs pointent désormais du doigt que les multiplications des recours sur les permis de construire.

En 2014, sur la seule ville de Lyon, la construction de plus de 600 logements était bloquée par des recours. Certes, le constat est le même dans la quasi-totalité des grandes villes, mais entre Saône et Rhône, il conduit aujourd'hui à une situation jugée inquiétante quant au niveau du stock.

Agir sur la loi

En fin d'année dernière, la FPI dénombrait ainsi 3 662 logements neufs en stock, contre 4 784 un an plus tôt sur le territoire de la Métropole.

"Les recours abusifs ne sont pas assez sanctionnés. Il devient urgent de changer la loi. À l'échelle de la Métropole, nous agissons avec les élus, pour limiter les risques. Dans le cadre de la rédaction du Plan Local d'Urbanisme et d'Habitat nous prenons soin de ne pas créer de règles qui pourraient donner prise à l'interprétation, mais cela ne suffira pas", alerte Yann Pommet, Président de l'Union des Constructeurs immobiliers du Rhône.

Lorsque l'on ajoute à ces recours des prises de position de certaines municipalités refusant de voir de nouveaux logements se construire sur leur commune, les professionnels de l'immobilier ne lâchent pas encore le mot de pénurie, mais on s'y achemine.

"Nous avons devant nous neuf mois de commercialisation, ce qui correspond à un marché tendu", commente Jean-Jacques Mathias, Président de l'Observatoire du CECIM (Centre d'étude de la conjoncture immobilière).

La demande progresse de 7%

Il faut dire que de l'autre côté du marché, la demande est en hausse. Sur la Métropole, les réservations nettes d'appartements neufs s'élèvent à 5 375 en 2015 en progression de 12 %. Si l'on prend en compte, le collectif ainsi que les maisons individuelles et les résidences service, l'augmentation des réservations est de 7 % sur un an.

L'autre élément qui rassure les promoteurs est la structure des ventes. Les mesures de défiscalisation ont fait revenir les investisseurs privés (2 354 ventes en 2015 contre 1 674 en 2014), tandis que les ventes à utilisateurs restent stables (1 880 en 2015) et les ventes en bloc représentent 1 141 logements. "Le marché lyonnais est sain", commente Louis Ziz, Président de la Fédération des Promoteurs immobiliers Région lyonnaise.

La stabilité des prix pourrait être remise en cause

Pour l'instant, la tension du marché n'a pas eu d'incidence sur les prix qui restent stables. L'an dernier, le prix moyen du mètre carré neuf tous produits confondus sur l'ensemble de la Métropole s'est établi à 3 939 euros et 4 417 euros dans Lyon intra-muros.

"En 2016, le principal facteur à surveiller sera celui du renouvellement de l'offre pour éviter une pénurie de logements et donc une incapacité à répondre à la demande favorisant alors la hausse des prix", indiquent Louis Ziz et Yann Pommet.

L'enjeu est d'autant plus crucial que si le manque de programmes neufs génère une augmentation des prix dans le neuf, il en sera de même dans l'ancien qui jouera alors le rôle de variable d'ajustement.

Lire aussi : Dans le Rhône, l'immobilier ancien se porte bien

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Commentaires
a écrit le 26/01/2016 à 18:06 :
Ne faudrait-il pas commencer à anticiper que le foncier disponible sur la Métropole aura une fin ?
Il est exaspérant de vouloir entasser toujours plus d'Humains dans les cages à poules qu'on construit actuellement et de s'insurger qu'ils saisissent les tribunaux pour défendre, bien modestement, leurs droits.

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