La filière bois régionale, un filon à structurer pour mieux l'exploiter

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Construction bois
Construction bois (Crédits : DR)
Forte de capacités de production confirmées, la filière bois en Auvergne Rhône-Alpes est pénalisée par un éclatement de son offre, aussi bien en amont qu'en aval. Le salon Panorabois qui se tient jusuq'au 24 janvier, à la Grande Halle d'Auvergne, à Clermont-Ferrand, est un moment privilégié pour réfléchir à ces problématiques.

50 000 emplois et 14 000 entreprises directement ou indirectement concernées. C'est le poids de la filière bois en Auvergne Rhône-Alpes. S'il existe des régions françaises plus puissantes dans ce secteur, Auvergne Rhône-Alpes démontre cependant un vrai dynamisme. Avec environ cinq millions de m3 par an (hors bois de chauffage auto-consommé), la récolte régionale est la troisième de France métropolitaine.

"Elle se compose pour les trois-quarts de bois d'œuvre, notamment des sciages résineux : sapin, épicéa, Douglas", précise Yves Cogneras, gestionnaire forestier.

Le bois d'industrie, dont la récolte est stable, et le bois-énergie, en forte progression dans les deux régions, constituent le reste de la production régionale.

Un domaine éclaté en de nombreux propriétaires

Mais cette récolte est pénalisée par l'éclatement du domaine forestier. Auvergne Rhône-Alpes décroche en effet le record de la plus petite surface moyenne par propriétaire, puisque 600 000 propriétaires se partagent 80 % de la forêt régionale et que quelque 400 000 possèdent moins d'un hectare. Le domaine régional est à 80 % privé.

"La forêt régionale est très morcelée, et en grande majorité privée, mais ça n'est pas forcément un handicap lorsqu'elle est bien gérée", tempère Jean Philippe Loudes, ingénieur CRPF (Centre régional de propriété forestière).

Point positif, depuis 2005, la récolte de bois d'œuvre en Auvergne a progressé d'un quart en productivité. Elle égale désormais la récolte rhônalpine, malgré une surface presque deux fois moindre.

900 entreprises de transformation

Si la production est éclatée, la transformation de la matière première doit faire face aux mêmes problématiques. La région compte plus de 900 entreprises d'exploitation forestière et scieries, ce qui la place au premier rang national.

"Nombre d'entre elles sont petites, surtout en Rhône-Alpes : elles maintiennent une activité en milieu rural, mais pèsent peu sur la production totale, concentrée sur quelques dizaines d'entreprises", annoncent les Services régionaux de l'information statistique et économique de la Draaf (Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt).

Si l'éclatement du tissu est un frein à l'organisation de la filière, c'est avant tout l'état de la demande qui conditionnera son évolution :

"Il existe un bon réseau de services en Auvergne Rhône-Alpes, mais la capacité à animer et à structure la filière dépendra beaucoup de la demande locale. C'est l'aval de la filière, en particulier la construction bois, qui détermine la santé bois forêt", constate Philippe Couvin, ingénieur CRPF.

Un salon pour fédérer la filière bois foret

Afin d'aborder ces différentes problématiques et perspectives, l'interprofession d'Auvergne Promobois organise chaque année un salon. Malgré un contexte économique complexe, l'édition 2015 de Panorabois s'était révélée favorable.

"En effet, la majorité des entreprises était satisfaite des contacts qualifiés réalisés sur le salon. Et nombre d'entre elles seront présentes en 2016", remarque Cécile Buisson, responsable commerciale du Salon.

Des initiatives concrètes ont déjà été présentées lors du salon 2016 qui a débuté ce vendredi matin et qui s'achèvera dimanche. Parmi elles, le lancement du site boisdauvergne.com. Unique en France, il vise à simplifier les relations entre propriétaires forestiers et professionnels.

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