CCI métropolitaine  : Emmanuel Imberton prend du grade

Par Marie-Annick Depagneux  |   |  790  mots
(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La CCI métropolitaine, résultant de la fusion de celles de Lyon, Saint-Étienne-Montbrison et Roanne Loire Nord, a été installée ce lundi. Le président de la CCI de Lyon a été porté, à l'unanimité, à la tête de la nouvelle chambre consulaire.

Sans surprise, Emmanuel Imberton a été élu patron de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne ce lundi 11 janvier, lors de l'assemblée générale installant cette nouvelle assemblée. Elle résulte de la fusion, effective depuis le 1er janvier, des trois CCI territoriales de Lyon, de Saint-Étienne-Montbrison et de Roanne Loire Nord. La candidature d'Emmanuel Imberton, jusque là président de la CCI de Lyon, a recueilli l'unanimité. Il avait reçu le double adoubement du Medef et de la CGPME, indispensable pour garantir la sérénité de cet organisme dont la vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille au Palais de la Bourse, à Lyon.

Ressources fiscales rabotées

La CCI Lyon Métropole, fonctionne comme une structure faitière pour les 3 ex-CCI territoriales transformées en délégations. Philippe Valentin, André Mounier et Jean-Bernard Devernois ont été respectivement élus patrons des délégations de Lyon, Saint-Étienne et Roanne. "Nous proposons un nouveau modèle qui devient la deuxième CCI de France. Elle se situe à l'intérieur du réseau CCI Rhône-Alpes. Nous continuerons à combattre ceux qui opposent CCI Métropolitaine et CCI Rhône-Alpes", a averti Emmanuel Imberton devant la presse. Et la proximité sera respectée à travers les délégations.

Réduction des coûts

Contraintes financières et new deal territorial créé par le fait métropolitain, en politique, motivent cette nouvelle organisation. L'État, qui a dû adopter un régime de rigueur pour réduire sa dette, a décidé de diminuer de 38 % les ressources fiscales des CCI sur la période 2014-2017. Ces ressources assurent 45 % d'un budget cumulé de 60 millions pour l'ensemble des trois chambres désormais réunies, en vitesse de croisière."La réduction des coûts, tel est le principe fondateur. Et nous avons commencé à le faire", a poursuivi le président Imberton.

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Aéroports de Lyon

Le budget 2016 de la CCI métropolitaine, qui emploie 518 collaborateurs *, sera voté en mars prochain. Et "il nous faut dégager 3,7 millions d'euros d'économies dès cette année", a réaffirmé Emmanuel Imberton. Des mutualisations et des synergies seront recherchées. La CCI de Lyon a supprimé 32 postes l'an dernier. Un nouveau PSE est il envisagé ? "Nous n'excluons aucune hypothèse", a répondu Emmanuel Imberton.

La CCI pourrait elle céder sa participation de 25 % dans la société des Aéroports de Lyon dont l'appel d'offres pour la privatisation devrait être lancé en février ?  Pas dans l'immédiat mais elle a demandé à l'Etat la possibilité de vendre ses parts ultérieurement. De son côté, André Mounier verrait d'un bon oeil que l'aéroport de Saint-Etienne soit géré par celui de Lyon dont il deviendrait la 3ème piste.

Musée des tissus

Quant au musée des tissus et des arts décoratifs, la CCI a fait savoir qu'elle ne voulait plus assurer le déficit d'exploitation annuel de 1,7 million d'euros. Une réunion qualifiée de la dernière chance par Emmanuel Imberton réunira autour de la même table, à la Préfecture, tous ceux qui sont concernés, le 22 janvier. "Il faut que nous trouvions ensemble une solution. On n'a plus le choix de poursuivre l'aventure. On nous a fait les poches et on n'a plus les moyens d'entretenir les hôtels particuliers qui abritent les collections", a t'il martelé.

Nouveaux revenus

Parallèlement à la réduction des coûts, la nouvelle assemblée dit se pencher sur des revenus à venir. "Il faut que nous soyons imaginatifs", a glissé Emmanuel Imberton évoquant des pistes au niveau de la formation par exemple. Il a annoncé la création d'une société qui sera chargée de commercialiser les salles de réception du Palais de la Bourse. "Bordeaux l'a fait. Nous ne pourrons plus continuer de prêter gratuitement ce lieu et pas uniquement pour des activités économiques", a t'il précisé.

Les réfractaires

Les CCI de Villefranche et du Beaujolais et celle du Nord Isère, siégeant à Vienne, ont refusé de rejoindre la CCI métropolitaine. La première qui a perdu son existence juridique est désormais directement rattachée à CCI Rhône-Alpes. "Notre porte reste toujours ouverte", a assuré le président Imberton. La seconde a opté pour son rapprochement avec les CCI de Grenoble, de la Drôme et de l'Ardèche sous une forme de regroupement moins abouti que la fusion.

* en incluant l'aéroport de Saint-Etienne

La CCI Métropolitaine en chiffres

120 membres dont 47 siègent à la CCI Rhône-Alpes
108.000 établissements ressortissants
1,073 millions d'emplois
Prochaines élections : novembre 2016