André Marcon, CCI France : "La CCI de demain sera connectée et collaborative"

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(Crédits : A.Rouabhi/CCIFrance)
En marge du forum, qui se tenait ce jeudi, à Lyon, André Marcon, président de CCI France, évoque les nouvelles orientations des Chambres de Commerce et d'Industrie avec le projet "CCI de demain", et s'exprime sur le moral retrouvé des entrepreneurs.

Acteurs de l'économie-La Tribune : Quelles sont les pistes proposées jeudi lors de ce CCI Forum dédié à l'entrepreneur des futurs. Comment les CCI préparent l'avenir ?

André Marcon : La CCI de demain se dessine et s'appuie sur un triptyque. D'abord, elle sera une CCI connectée, capable de traiter l'information afin de la mettre à disposition des chefs d'entreprises. Parallèlement, elle sera un élément de connexion entre les chefs d'entreprise, afin de créer des communautés d'intérêts partagés. En outre, la CCI de demain se veut collaborative, capable de travailler avec d'autres structures en assurant au besoin le leadership. Enfin, elle sera réactive, capable de répondre immédiatement à une question ou à un besoin d'une entreprise.

Selon le sondage réalisé par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1, les chefs d'entreprises affichent un relatif optimisme. Mais paradoxalement, ils hésitent encore à embaucher. Comment expliquer ces réticences ?

Quand vous êtes dans le noir, la moindre lueur permet d'espérer. Les récentes initiatives gouvernementales à destination des entreprises sont de petites lumières. Cette volonté de réforme encourage les entrepreneurs et redonne un peu de moral aux chefs d'entreprises. Il semble qu'un cap soit tenu, ce qui est rassurant. Mais cet optimisme peine encore à se traduire par des embauches, à moins qu'il ne perdure et ne se transmette largement aux chefs de TPE et PME.

Comment réagissez-vous à l'amputation du budget des CCI de 150 millions d'euros ?

On s'attendait à cette amputation, annoncée dès l'an dernier. Mais l'on osait espérer de manière un peu naïve qu'elle soit moins forte. Bien au contraire, elle l'est même plus qu'annoncée, à hauteur de 150 millions d'euros. Cette amputation s'inscrit dans une baisse drastique de nos ressources depuis 2014. On commence à en mesurer les premières conséquences. Fin 2015, nous aurons enregistré concrètement la suppression de 3 000 emplois. En outre, cette amputation sur traduit en termes d'investissement, puisque nous passons d'un budget d'investissement d'environ 600 millions d'euros à 260 cette année pour atteindre zéro l'an prochain, hors entretiens déjà prévus. Enfin, cette restriction budgétaire handicape grandement nos actions d'accompagnement des entreprises.

Justement, dans ce contexte de restriction, comment les CCI s'organisent-elles pour accompagner au mieux les entreprises ?

Depuis plus de deux ans, nous avons décidé au niveau national de réformer notre système structurel et de définir le modèle d'organisation des CCI de demain. L'amputation budgétaire nous oblige aujourd'hui à accélérer notre réflexion. Nous avons lancé le concept « CCI de demain » à partir d'un modèle bottom-up pour aller chercher, sur le terrain, les solutions les plus adaptées pour servir les entreprises et les territoires.

Jusqu'à présent, les CCI, indépendantes dans leur stratégie, animaient les territoires et mettaient les entreprises en réseau, assuraient des missions de formation et d'appui. Ce concept d'organisation globale a été entièrement repensé, pour répondre au mieux aux besoins des entreprises à chaque échelon territorial.

Notre première mission consiste à répondre au besoin d'information du chef d'entreprise. La deuxième réside dans notre capacité à lui fournir une expertise spécialisée, ciblée marché international, RH ou veille concurrentielle, par exemple.

Cette réorganisation s'inscrit dans un contexte de restructuration territoriale et de nouvelle carte régionale...

Depuis 2010, nous fonctionnons avec des chambres de région, disposant chacune en propre de leur budget et de leur personnel. Elles constituent le pivot de notre système et de notre organisation. Avec les nouvelles régions, ces chambres régionales verront leur périmètre d'action calqué sur la nouvelle carte régionale. Ainsi les CCI Auvergne et Rhône-Alpes vont-elles fusionner.

Cette nouvelle carte ne pose de problème fondamental, sauf peut-être en termes d'organisation. Nous disposons avec cette réforme territoriale d'une fenêtre de tir unique pour créer un réseau adapté à l'économie de demain. Nous devons créer des CCI agissant sur des territoires et des bassins économiques cohérents et pertinents.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2015 à 17:51 :
Quelle ironie !!!!
Doit on rappeler que les CCI, ou plutôt ses dirigeants et petits élus, n'ont aucune vision d'avenir pour l'économie de nos entreprises. Ils passent bien plus de temps à s'occuper de leurs propres intérêts, politiques et financiers, que de se soucier du terrain. En tant que chef d'entreprise, j’appréciais les conseils prodigués par certains conseillers (industrie, numérique ...) mais je viens d'apprendre que ces quelques personnes vont (devoir) quitter leur poste. Mais non, rien ne vous chagrine ... Les CCI de demain seront composées d'élus, directeurs et de personnes incompétentes mais certes connectées, qui vous donneront des conseils inutiles sûrement plus rapidement ...
Il est grand temps de vous réveiller !
Réponse de le 18/09/2015 à 18:11 :
-3000 collaborateurs mais toujours autant d'élus inutiles qu'il convient de flatter
a écrit le 17/09/2015 à 20:09 :
Lors de élections des CCI, seulement 5 % des entreprises participent au vote,

ce qui fait des élus des CCI les élus les plus ignorés et in finé les plus inutiles.

Les CCI Chambres de Commerce et d'Industrie ont à leur passif le déclin de l'industrie et la mort des petits commerce ;

En conséquence, les sommes astronomiques d'argent public déversées dans les CCI ont inutiles et ruineuses ;

Reste à ramener les CCI à ce qu'elle représentent, c'est à dire rien du tout, bonnes à boucler.

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