Rhône-Alpes aide les entreprises à lever du cash

 |   |  707  mots
(Crédits : Reuters)
Les acteurs économiques de Rhône-Alpes ont dressé un bilan jugé positif de la première année d'existence du programme « PME levée de fonds » s'inscrivant dans une palette d'actions d'accompagnement. Les dirigeants des entreprises, bénéficiaires du dispositif, ont compris que l'ouverture du capital devait s'appuyer sur un projet industriel bien énoncé.

Pluristop SA, Modetic et Breakfirst. Ces trois jeunes sociétés rhônalpines partagent en commun de chercher de l'argent frais. Pour s'y préparer elles ont participé (ou vont le faire) au programme « levée de fonds PME » lancé il y a un an. Piloté par le Medef de Rhône-Alpes, et entrant dans la panoplie du Plan Pme, il est subventionné à 70 % par le conseil régional et les principaux acteurs du financement tandis que l'ARDI (Agence de développement et de l'innovation) a contribué à l'ingénierie de l'accompagnement.

Une cinquantaine d'entreprises impliquées

« Une cinquantaine d'entreprises a pris part aux sessions collectives organisées dans le cadre de ce dispositif. Une sur deux est aujourd'hui engagée dans un processus de levée de fonds pour des tickets de 250.000 euros à 4 millions d'euros », s'est félicité Bernard Gaud, président du patronat rhônalpin ce mardi.

« Le problème financier des entreprises est d'abord dans les entreprises elles-mêmes qui sont souvent de trop petite taille pour être en mesure d'être sensibilisées aux mécanismes et outils financiers de plus en plus compliqués. Notre rôle est de leur donner confiance afin qu'elles ne s'autocensurent pas », a reconnu Jean-Pierre Lac, président de Lyon Place Financière et Tertiaire rassemblant 300 membres issus des univers de la banque, du droit, des professionnels du chiffre et autres organisations.  « HubFi.fr », portail gratuit constitué en mars 2012 et déclinant plus d'une centaine de solutions de financement, prend le relais et « leur donne les bonnes portes d'entrée assorties des conseils nécessaires », a ajouté Bruno Lacroix, président du Pôle d'Orientation Financière Rhône-Alpes.

datBIM vise 2,5 à 3 millions

« La première préoccupation d'un chef d'entreprise est d'assurer les paies du personnel en fin de mois. Ce n'est que le soir à partir de 21 heures que nous réfléchissons à la stratégie. Les sessions du Plan PME, riches d'échanges, sont l'occasion de sortir la tête du guidon et de bâtir une vision moyen terme. J'ai appris que le capital est l'outil du développement de l'entreprise », témoigne Didier Balaguer fondateur de Pluristop SA  basée à Montferrat, en Isère.

Cette société de 9 collaborateurs met en place le premier démonstrateur de datBIM.com, un site (repensé ) mettant en relation les donneurs d'ordres et les prestataires de l'acoustique, thermique, sécurité incendie et  environnement. Une première collecte de cash de 0,3 million d'euros en avril (auprès des actionnaires historiques et d'un nouvel entrant ) complétés par 0,2 million en juin doit préparer une introduction sur le marché libre prévue en septembre pour recueillir entre 2,5 et 3 millions d'euros. Objectif ? Se développer à l'international.

Jeans écolo made in France

Thomas Huriez, créateur de Modetic à Romans, qui s'est spécialisé dans les vêtements en coton bio et équitables, aurait besoin d'1 million d'euros pour acheter deux petits sous-traitants tricolores fragiles. « Nous voulons internaliser la production afin de sécuriser notre démarche.  Pour moi le choix de l'investisseur est donc fondamental compte tenu de notre approche », explique l'entrepreneur. Sous sa marque propre « 1083 » (comme 1083 km, la distance maximum entre les deux villes les plus éloignées de l'Hexagone) la société propose des jeans et des sneakers made in France et vendus en direct. Faisant travailler douze personnes (avec ses façonniers), elle a vu ses ventes tripler en 2014 pour s'élever à 0,7 million d'euros.

Breakfirst au Google I/O

Jeune pousse lyonnaise du numérique analysant les mouvements (sur les objets du quotidien) avec 10 salariés, Breakfirst est également en quête de 1 million d'euros. « Je pense aujourd'hui avoir les bons critères pour y parvenir car le plan PME m'a beaucoup apporté. Nous voulons poursuivre notre R & D et continuer nos prospections commerciales », justifie Benoît Auguin, dirigeant de la start up née il y a quatre ans.  « Nous sommes déjà en contact avec Philips et Sony pour les téléviseurs androïdes. Depuis six mois nous collaborons avec Google et nous présenterons une technologie unique qui sera dévoilée lors de la conférence annuelle Google I/O, à Los Angeles jeudi prochain », lâche Benoît Auguin, le dirigeant. Suspens jusque là.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :