ERAI  : le président va prendre rendez-vous avec le tribunal

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Erai est implanté dans 27 pays dont la Chine, avec un bureau à Shanghai
Erai est implanté dans 27 pays dont la Chine, avec un bureau à Shanghai (Crédits : Reuters)
Le conseil d'administration d'ERAI a demandé ce lundi au président Daniel Gouffé de solliciter une procédure de règlement judiciaire. Le temps est compté pour que l'agence échappe à la liquidation judiciaire.

Le conseil d'administration d'ERAI (Entreprise Internationale Rhône-Alpes), réuni en fin de matinée ce lundi, a mandaté Daniel Gouffé, son président, pour qu'il prenne rendez-vous le plus tôt possible avec le tribunal de grande instance de Lyon. Il lui a été demandé, à la quasi unanimité, de solliciter une procédure de redressement judiciaire. Cette mise sous la protection de la justice était devenue inévitable après le rejet, le 6 mars dernier, par la commission permanente du conseil régional de Rhône-Alpes de la subvention de fonctionnement pour les neuf mois restant de 2015.

"Logique infernale"

« Nous sommes enfermés dans une logique infernale. Le compte a rebours est déclenché », commentait un administrateur d'ERAI, peu après la tenue du conseil d'administration. D'un côté, Daniel Gouffé dispose de 45 jours à partir du vote négatif de la Commission permanente de la Région Rhône-Alpes pour déclarer l'association en cessation des paiements auprès du président du TGI de Lyon. Passé ce délai il engagerait sa responsabilité personnelle, apprend on de sources concordantes. D'un autre côté il faut le temps, pour que Pricewaterhousecooper, missionné par ERAI, puisse recueillir toutes les informations financières, et entre autres les comptes consolidés 2014. Des données dont auront besoin les éventuels repreneurs.

Inquiétudes pour les dirigeants étrangers

Une fois la déclaration de cessation de paiements faite, les salaires des collaborateurs de l'association ERAI ainsi que ceux des bureaux à l'étranger seront pris en charge par les AGS (le régime de garanties des salaires) qui se substitueront à l'employeur. Pour les 14 filiales de droit étranger le régime est différent et, selon des propos rapportés, Daniel Gouffé aurait fait part de ses inquiétudes sur le sort des dirigeants de ces structures dans certains pays. Leur passeport pourrait leur être retiré voire même ils pourraient se retrouver en prison dans la pire des hypothèses.

 L'OSCI intéressé

Aux administrateurs, Daniel Gouffé aurait indiqué avoir recueilli trois marques d'intérêt de sociétés pour la reprise d'ERAI, relatent des observateurs. Pour sa part, l'OSCI (fédération professionnelle des entrepreneur de l'international), précise que 18 de ses adhérents seraient intéressés par des activités à l'étranger. Quid des missions régaliennes et du personnel du siège d'ERAI, à Lyon ? La Région réfléchit elle à un plan B ? A une reprise par l'ARDI avec laquelle ERAI devait fusionner fin 2014, mais les élus EELV (Europe Ecologie les Verts) s'y opposaient. Eux, continuent à réclamer la création d'une nouvelle structure que refusait encore Jean-Louis Gagnaire, vice président du Conseil régional, le 6 mars dernier. La CCIR pourrait elle alors se mettre sur les rangs en obtenant une délégation de service public ? Rien d'évident, à ce stade.

Un risque pour le Crédit Agricole

Le temps est donc compté pour ERAI qui devra convaincre le TGI de la placer en redressement judiciaire plutôt que de prononcer directement sa liquidation judiciaire.  Pour cela l'agence, qui totalise encore 270 entreprises sous contrat d'accompagnement, devra pouvoir présenter des offres fermes de reprise lors des audiences programmées soit le 7 avril soit le 21 avril. Au-delà des 128 salariés d'ERAI groupe, une centaine de personnes extérieures sont concernées. Et chez les créanciers, le Crédit Agricole est particulièrement exposé avec un prêt de 3 millions d'euros, 2,1 millions restant dûs.

Actualisé le 23/03/15 à 17h

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