Center-Parcs de Roybon : première audience reportée

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Un center-parcs en Loraine. Celui de Roybon deviendrait le 6e en France si le projet abouti.
Un center-parcs en Loraine. Celui de Roybon deviendrait le 6e en France si le projet abouti. (Crédits : Ton Hurks)
Le Tribunal administratif de Grenoble a reporté au 18 décembre l'audience qui devait se tenir vendredi dans le dossier du projet de Center-Parcs à Roybon (Isère). Deux nouveaux recours en référé-suspension ont été déposés par les opposants, dont l’un présenté par la FRAPNA Rhône-Alpes.

Une audience du Tribunal administratif de Grenoble devait se pencher ce vendredi 12 décembre sur trois référés demandant l'arrêt des travaux du futur Center-Parcs de Roybon en Isère, initiés par le groupe Pierre & Vacances.

Cette première audience vient d'être reportée au 18 décembre "en raison du dépôt récent de deux nouveaux recours en référé, dont l'un présenté par la FRAPNA Rhône-Alpes et afin que tous les recours visant le projet Center Parcs de Roybon soient examinés à la même audience", précise le Tribunal administratif de Grenoble.

Plus tôt dans la journée, plusieurs sources avaient déjà évoqué la possibilité d'un tel report.

Deux nouveaux recours

A l'antenne régionale de la FRAPNA, on confirme que deux arrêtés suspensifs concernant la loi sur l'eau et la loi sur les espèces protégées avaient été déposées, en plus de deux procédures demandant l'annulation des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux. "La référé-suspension est une mesure d'urgence, où le juge devra se baser sur deux critères : à savoir l'urgence de la situation, et l'existence ou non d'un doute sur la légalité", rappelle Nicolas Gourdin, juriste à la FRAPNA Région.

Deux autres référés suspension ont aussi été déposés par l'association "Pour les Chambaran sans Center Parcs", par la Fédération de pêche de la Drôme et par l'Union régionale des fédérations départementales des associations agréées de pêche.

Un climat tendu

Après plusieurs actions entreprises par des militants s'opposant au projet, les opérations de défrichage sur le chantier de Pierre & Vacances sont donc bloquées depuis le début de la semaine.

Samedi soir,  une nouvelle manifestation a réunit près de 500 à 1000 opposants dénonçant l'impact environnemental de ce projet tandis que dimanche, 1500 à 2000 manifestants pro Center-Parcs  ont défilé pour affirmer leur soutien à un projet "dont le territoire a besoin", rappelant qu'il permettrait de créer 697 emplois et générer des retombées fiscales.

"Prévoir les dérapages"

Pour apaiser les tensions, le président du Conseil Régional Jean-Jack Queyranne a lui même demandé au préfet de région de "prendre les dispositions nécessaires à la suspension des travaux en l'attente, jusqu'au prononcé de la décision qui sera rendue par la juridiction administrative". Face aux risques de dérapages et au spectre d'un nouveau "Sivens", la FRAPNA a elle même appelé "au calme et à renouer un dialogue de haute qualité environnementale".

Avec plus d'un millier de cottages, le projet de Center-Parcs comprend également des restaurants, un spa et un espace de séminaires, pour une capacité maximale de 5500 lits. Prévu à l'origine pour 2012, son calendrier n'a cessé d'être retardé et serait désormais plutôt tourné vers une ouverture en 2017, sous réserve que la décision du tribunal ne débouche pas sur une suspension des travaux.

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Commentaires
a écrit le 23/12/2014 à 8:55 :
La manifestation pro Center Parcs est partie d'une réunion ou les habitants ont exprimé leur ras le bol. C'est bien un soulèvement populaire des habitants de la Commune.
L'enquête public a été menée par un membre de France Nature Environnement, farouchement opposé aux projets Sivens et Roybon, voir site. L’enquête publique a été orientée, ce qui va à l’encontre même d’une enquête public.
Pour autant toutes les observations ont été prises en considération, et ont été bénéfiques au projet.

L'enquête publique repose aussi entièrement sur le fait que le projet concerne des zones humides, qui pour le commun des mortels, n’a rien d’humides comme on pourrait s’y attendre et qui suscitent de grande polémique. Il ne s’agit certainement pas de marécage. Pour preuve le campement des zadistes est en zones humides, à vous de vous faire une idée !!
Cela laisse aussi assez perplexe car ils se prétendent préserver la nature alors qu’ils occupent ces soi-disant zones humides.

Quant à la qualification de terrorisme, ces personnes suscitent la haine car elles bafouent les règles de la propriété du respect et de civisme.
Ces actions mettent notre société dans une grande instabilité et mettent en lumière deux justices.
Il n’y a qu’une seule fin à ces actions qui est de monter les gens les uns contre les autres, alors qu’il n’y a pas lieu.
Ces actions mettent en péril notre pays. Elles utilisent les faillent du système de principe d'égalité au risque de les remettre en cause.
a écrit le 14/12/2014 à 18:22 :
Le maire de Roybon et le président du conseil général de l'Isère ont qualifié dans les médias les opposants au projet sur le terrain de "terroristes". Quel acte visant à produire de la terreur ou ayant produit de la terreur a été orchestré ? Absolument aucun. Cela constitue donc, concrètement, une incitation à la panique collective ainsi qu'une incitation à la violence.
a écrit le 13/12/2014 à 22:15 :
"Le Conseil Général de l'Isère vient d'annoncer qu'il supprimait les subsides accordés à la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature, (FRAPNA), coupable d'indiscipline pour avoir, elle aussi, osé déposer un recours contre l'arrêté préfectoral. Le 7 Décembre, bras dessus bras dessous, des élus du Front National défilaient, selon le site du Point, aux côtés de la droite et du PS, pour soutenir Pierre et Vacances. La très sainte alliance que voilà !!"

Bernard Kuntz
a écrit le 13/12/2014 à 19:42 :
Je me permets de faire résonner ici l'alarme d'un autre internaute (entre autres personnes, mais lui l'exprime clairement) :

" Center Parcs des Chambaran : le Préfet de l’Isère s’assoit sur la règlementation et bafoue la démocratie !

Les conclusions de la commission d’enquête publique « loi sur l’eau » pour l’implantation d’un Center Parcs à Roybon (Isère) dans le massif des Chambaran sont sans appel : absence de délimitation et de caractérisation de la zone humide, sous-évaluation de la surface détruite et impactée, insuffisance des mesures compensatoires, risques de crues et d’érosion, évaluation d’incidence déficiente, incompatibilité avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (voir article dans les épines drômoises de cet automne)… Malgré cela, dans un arrêté du 3 octobre, le Préfet de l’Isère vient de décider d’autoriser la société Pierre et Vacances à réaliser son projet.

La FRAPNA Drôme constate que des entreprises peuvent détruire l’environnement, et dissimuler leur spéculation avec la promesse d’hypothétiques créations d’emplois.

La Loi française représentait pourtant encore un rempart contre ces exactions, mais ce n’est plus le cas !

Dans les Chambaran, un nouveau pas a été franchi. Par son arrêté qui ignore les résultats de l’enquête publique, le représentant de la République dans le département de l’Isère s’assoit sur la règlementation française et sur l’expression démocratique des citoyens. Qui lui donne ce pouvoir ? Les spéculateurs dirigent-ils désormais notre pays ? "
a écrit le 13/12/2014 à 17:45 :
Les manifestations pro-center parcs ont été artificiellement organisées par certains hommes politiques liés médiatiquement et économiquement au projet de construction. Ce sont leurs magouilles fiscales et administratives qui vont à l'encontre du processus démocratique ; et ils veulent à présent nous faire croire que ce sont les opposants au projet qui nuisent à ce processus.

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