Chez le papetier Canson, la situation reste tendue

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Un plan social est envisagé dans l'entreprise Canson.
Un plan social est envisagé dans l'entreprise Canson. (Crédits : A.T.)
Une semaine après le mouvement des salariés du papetier Canson, à Annonay, l'ambiance reste particulièrement tendue. Le 16 octobre, une partie du personnel avait exprimé sa colère face à la suppression annoncée de 58 postes. Syndicats et direction s'accusent désormais mutuellement.

Des incidents avaient éclaté, le 16 octobre 2014, devant le site industriel du papetier Canson, à Annonay (Ardèche). Les salariés protestaient contre un plan de licenciements annoncé. Ils avaient empêché la tenue du comité d'entreprise. Les élus ont d'ailleurs été emmenés sur un chemin environnant et leurs mains furent attachées. Le directeur de l'usine a, quant à lui, été blessé à la tête à la suite d'un jet projectile. Des insultes et menaces de mort ont également fusées. Un huissier était présent sur les lieux pour constater les faits.

Les dirigeants portent plainte

La direction d'Hamelin propriétaire de Canson, n'avait pas voulu prendre la parole le jour-même "afin de ne pas mettre de l'huile sur le feu". Eric Joan a contacté Acteurs de l'économie. Le directeur général du groupe et mandataire social de Canson, sort de son silence :

"De graves incidents se sont produits la semaine dernière. Les cadres dirigeants ont été menacés de mort, à plusieurs reprises. Leurs familles, enfants et domiciles ont été photographiés. Ils ont été suivis dans le moindre de leurs mouvements. C'est absolument inadmissible. Quatre personnes sont visées, trois plaintes ont été déposées.

Un plan social envisagé

Acteurs de l'économie a pu consulter ces documents. Outre les témoignages des dirigeants, il est mentionné qu'un plan social est bel et bien envisagé dans l'entreprise. La direction se refusait jusqu'alors à tout commentaire sur le sujet. Le dirigeant revient aussi sur le climat actuel dans l'entreprise.

"L'ambiance est délétère. Il y a une pression très forte sur les salariés non grévistes. Des personnes qui ne font pas partie de l'entreprise ont participé aux incidents de jeudi. Ils ne sont pas à l'abri de sanctions pénales", commente-t-il.

Eric Joan souhaite également que le comité d'entreprise puisse désormais se réunir et en appelle à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.

"Le comité n'a pu avoir lieu, et cela à deux reprises. Nous avons assisté à une entrave. Il faudra bien qu'il se réunisse. Je vois mal comment la Direccte ne pourrait pas intervenir et jouer son rôle de facilitateur", poursuit-il.

Une réunion de conciliation devrait d'ailleurs être organisée le lundi 27 octobre.

De la provocation selon les syndicats

Pour Carlos Tunon, délégué syndical et secrétaire du comité d'entreprise, le climat résulte de l'attitude des dirigeants.

"Jeudi, les dirigeants sont sortis de l'entreprise et ont nargué les salariés. Ils filmaient et photographiaient avec leur iPhone. L'huissier, seul, aurait pu le faire. La journée se serait bien passée sinon. Ils ne font rien pour apaiser le climat. C'était de la provocation", souligne-t-il.

Le syndicaliste a par ailleurs déposé une main courante auprès de la gendarmerie. "Le directeur m'a suivi en voiture", a-t-il déclaré. L'homme affirme par ailleurs ne pas avoir entendu les menaces de mort proférées.

Une provocation dénoncée également par la CGT de l'Ardèche. Le syndicat demande aussi l'ouverture de "négociations loyales et sérieuses". Dans un communiqué daté du 20 octobre, elle indique aussi avoir demandé en urgence une réunion au ministre de l'Economie et de l'Industrie Emmanuel Macron.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2014 à 20:46 :
il faudrait que le maire, Olivier Dussopt, se remue un peu pour voir ses amis ministres. Il doit bien cela à Annonay car il a déjà laissé fermer GVP (Davézieux) un fleuron de l'enveloppes en France.
Qu'il oublie un peu Martine de Lille... et ses ambitions nationales !

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