"Lyon a la capacité d'attirer des grandes entreprises"

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(Crédits : Reuters)
Alors que le marché tertiaire s’affiche en repli sur le premier semestre de 2014, Benoit de Fougeroux, président de la FNAIM Entreprises estime que les grands programmes annoncés sur ces prochaines années sont de nature à permettre à de grands groupes de s’installer entre Saône et Rhône.

Acteurs de l'économie: Le premier semestre marque un retrait de la demande placée, alors même que l'on enregistre un gros marché avec l'arrivée de la Caisse d'Epargne dans la tour Incity, est-ce à dire que le marché Lyonnais souffre ?

Benoit de Fougeroux: Sur ce premier semestre, la demande placée s'établit à plus de 108 000 m², dont il est vrai 18 000 m² liés à l'installation de la Caisse d'Epargne dans la tour Incity. Par ailleurs, il faut se souvenir que l'année dernière, nous avions enregistré trois signatures de grande taille avec Alstom au Carré de Soie, Sanofi à Gerland et la SNCF à la Part Dieu. Globalement, nous renouons avec des valeurs qui sont celles de 2010. Et même si les surfaces placées sont en retrait de 26%, le marché Lyonnaise continue à résister. Nous avons réalisé un piètre premier trimestre, mais un excellent deuxième trimestre, le meilleur depuis 2010, c'est le signe que le marché tertiaire résiste plutôt bien.

Comment évolue le nombre de transactions ?

Il diminue de 11%. C'est d'ailleurs un point de vigilance, car au-delà du volume global, la force du marché Lyonnais est justement cette diversité des transactions. Cela dit, les trois quarts des signatures se font sur des surfaces de moins de 5000 m², donc il ne faut pas faire de catastrophisme. Certes, l'activité tend à se calmer, mais la demande est toujours présente. Il faudra attendre la fin de l'année pour tirer des conclusions.

Dans ce contexte, le lancement de plusieurs grandes opérations de plus de 10 000 m² dans le quartier de la Part Dieu, vous semble t-il opportun ?

Il est toujours sain de voir le parc se régénérer. Pour plusieurs raisons d'ailleurs. La première vise la qualité des immeubles. Aujourd'hui, la durée de vie d'un immeuble est de plus en plus courte compte tenu des normes et des exigences des occupants mais aussi de la législation. Il faut donc avoir une offre aux standards internationaux pour répondre aux demandes de grands groupes. Or Lyon est une ville qui a la capacité d'attirer des grandes entreprises. Les récentes transactions réalisées auprès de la SNCF, de Sanofi ou encore d'Adecco et de Véolia le prouvent. Il faut donc être en capacité de leur proposer une offre qualitative et suffisamment importante. Ces opérations sont donc des atouts pour le marché Lyonnais.

En s'installant dans des immeubles neufs, ces grands comptes libèrent des bâtiments de seconde main, quel est leur avenir ?

C'est une vraie question. Il faut se demander ce que vont devenir ces immeubles. La réflexion doit être conduite au cas par cas suivant les quartiers notamment. La réhabilitation du Lugdunum par exemple, a montré qu'il peut être pertinent de laisser certains biens sur le marché tertiaire en les rénovant totalement. Dans d'autres zones, il peut être plus opportun de réfléchir à un changement de destination. Reste toutefois à ne pas oublier que le marché existe aussi pour le seconde main. Tant que les immeubles sont rationnels et de bonne qualité, ils trouvent preneurs, donc là non plus, il ne faut pas tomber dans le catastrophisme.

En marge des bureaux, le marché des locaux d'activité continue de bien se tenir, quels sont les enjeux sur ce segment ?

Nous sommes effectivement sur un effet pendulaire concernant les locaux d'activité. Ce premier semestre est donc dans la lignée de ceux des dernières années puisque il s'est placé un peu plus de 146 000 m². Il faut y voir un signe de confiance de la part des dirigeants de PME/PMI, malgré la crise. Quant aux enjeux, il s'agit de libérer du foncier pour pouvoir répondre aux demandes, spécialement à l'Est de l'agglomération ou se concentre la majorité des demandes et où les biens sont rares.

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