La CCI métropolitaine ne convainc pas les territoires

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Au siège de la CCI de Lyon on veut refléchir à une CCI métropolitaine
Au siège de la CCI de Lyon on veut refléchir à une CCI métropolitaine (Crédits : DR)
Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon a engagé le dialogue avec ses homologues de Saint-Etienne, du Roannais, de Nord-Isère et Villefranche-sur-Saône. Interrogés, ces derniers ne veulent pas entendre parler d'une fusion.

Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon, joue patte de velours pour faire avancer l'idée d'une CCI métropolitaine. « Les CCI de 15.000 à 30.000 entreprises ressortissantes sont efficaces. Ces institutions ne le sont plus dès l'on dépasse ce nombre. Et je ne pense pas que les Pme et les Tpe s'y retrouveraient. Elles ont besoin de proximité », rétorque Daniel Paraire, président de la CCI Nord-Isère. « On n'a jamais vu quelque chose de grand bien fonctionner. Et les petites chambres sont plus transparentes », renchérit Noël Comte, président de la chambre de Villefranche-sur-Saône/Beaujolais.

Si le projet métropolitain devait voir le jour, dans le périmètre envisagé apriori, la CCI de Lyon serait amenée à absorber juridiquement, outre les chambres de Vienne et de Villefranche-sur-Saône, celles de Saint-Etienne et du Roannais La communauté ainsi formée avoisinerait alors quelque 120.000 ressortissants.

Ne rien imposer

«  Je propose à mes homologues que nous réfléchissions à ce que pourrait être une CCI métropolitaine. Je suis dans une démarche de co-construction », ménage Emmanuel Imberton. «  Il faut que nous respections les territoires, que chacun d'entre eux soit représenté dans la gouvernance. Il faut que nous donnions de la puissance au réseau consulaire. Et enfin que nous recherchions des économies pour participer à l'effort collectif de réduction du déficit public ». De surcroît, le président de la CCI de Lyon, justifie son initiative par l'opportunité de constituer ainsi un ensemble dont la taille ferait contrepoids à la puissance politique. Pour autant, il assure ne rien vouloir imposer.

« Le dialogue s'ouvre mais je ne sais pas s'il sera fructueux. Ni avec qui ? L'échéance que je me suis fixé est le renouvellement consulaire, fin 2015 », indique Emmanuel Imberton. Il est déterminé à verser dans la corbeille de la mariée la société des Aéroports de Lyon dont la CCI de Lyon est actionnaire à 25 %. Il faudra alors que « le territoire du Nord-Isère puisse être représenté au conseil de surveillance. A cette échelle métropolitaine, nous serons ainsi plus puissants pour prendre en main l'avenir de cette plateforme ». De même, « nous pourrions imaginer mutualiser les services de formation professionnelle en prenant ce qui marche bien dans chacun des territoires », dit-il. D'autant qu'une nouvelle loi se prépare, en la matière.

Pas la guerre

« S'il faut rentrer dans le rang avec une assemblée générale de 100 membres demain, je ne serai pas de ceux-là. Pas question d'engager la guerre non plus », prévient Noël Comte. Et la fusion deux CCI d'Ardèche (effective depuis 2011), correspondant à deux bassins aux réalités économiques pourtant très différentes, le conforte dans ce refus d'une CCI métropolitaine, tout comme Daniel Paraire. « Deux heures de route séparent la délégation d'Annonay à celle d'Aubenas. Il a fallu créer des bureaux à Privas. Où est l'économie ? », s'interrogent ils. S'ils rejettent une fusion à cinq, l'un et l'autre sont prêts à envisager des partenariats inter-CCI sous l'égide de CCI Rhône-Alpes.

Renforcer la CCIR fait l'unanimité. « Une région forte est compatible avec une CCI métropolitaine forte », assure Emmanuel Imberton. La réforme de 2009 a déjà transféré à cette chambre présidée par Jean-Paul Mauduy la gestion de certaines fonctions support pour le compte des 11 CCI de Rhône-Alpes. Il en va ainsi des enveloppes budgétaires qu'elle ventile entre les CCI ainsi que du personnel. « Cela a permis de décloisonner les effectifs. Quand une CCI a un poste à pourvoir, la CCIR le propose à tous. Mon responsable formation a ainsi été détecté pour prendre des responsabilités au niveau régional et c'est bien », commente Noël Comte. Emmanuel Imberton pense qu'il faudrait maintenant lui déléguer l'international. Les mois à venir promettent d'être chargés. 

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