Un stade des Lumières dans l'obscurité ?

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
Le Stade des lumières, appelé à « éclairer » la notoriété footballistique de l'agglomération - et le « business » de l'Olympique lyonnais -, est-il promis aux limbes ?

Chaque semaine passée raccourcit d'autant les délais de faisabilité et donc hypothèque l'homologation de l'enceinte pour l'euro 2016. La Déclaration d'intérêt général, sans laquelle officiellement la construction ne peut être encore engagée, tarde à être validée par le Premier Ministre. Ni la vive opposition UMP au projet, ni les inquiétudes qui pèsent sur l'économie du football (cf. récents rapports de la DNCG ou de Terra Nova), ne devraient faciliter le déblocage. Et comme Gérard Collomb y conditionne le lancement des neuf enquêtes d'utilité publique... Selon nos sources, jusqu'au plus proche entourage des décideurs, le doute progresse. « Or, s'il me gagne, le projet sera mort », aurait confié l'un d'eux. Sur le front de l'attaque aux côtés de Jean-Michel Aulas, Gérard Collomb y engage une part substantielle de sa crédibilité de ce point mais aussi de son mandat et, peut-être, de sa réélection. Certes, en cas d'échec, les coupables expiatoires ne manqueront pas - élus UMP et Verts, gouvernement... - qui atténueront la responsabilité du président du Grand Lyon. Tout de même, celui qui avouait à un adjoint « ne pas disposer de plan B, car l'envisager signifie qu'on ne croit plus au plan A », progresse dans des sables de plus en plus mouvants. Lui qui avait préféré lier son destin à celui de Jean-Michel Aulas afin de mieux maîtriser l'ascension d'un possible rival qui lui aurait échappé si le site retenu - un projet à Jonage avait été évoqué - figurait en dehors du territoire communautaire, n'a pas de porte de sortie. La capacité de Jean-Michel Aulas de générer sur sa personne de l'antipathie peut-elle éclabousser son « associé » ?, s'interroge un élu communautaire, certain aussi que les 110 millions d'euros d'investissement engagés par le Grand Lyon accoucheront « inévitablement » d'un arbitrage au détriment des dotations des communes, menaçant alors déséquilibrer la politique de redistribution et de déclencher l'ire d'élus jusqu'alors bienveillants ou neutres. Gérard Collomb a-t-il failli dans sa stratégie ? « Ce dossier, qu'il mène seul, concentre tous les volets négatifs de sa méthode », assène un maire PS d'arrondissement. « Son obsession de désenclaver l'Est lyonnais est louable et visionnaire. Y compris au plan de la cohésion sociale, dissèque un autre édile de sa majorité. Mais il a commis une erreur » : celle d'avoir consubstantialisé le développement infrastructurel des transports en commun à l'édification du stade, cristallisant là la levée de boucliers. « Sur des dossiers aussi sensibles, complète un observateur clé, un élu ne peut pas lier l'issue et, concomitamment, son propre sort, à des éléments qu'il ne maîtrise pas. Son hyperdépendance à Jean-Michel Aulas, Michel Mercier, François Fillon ou Nicolas Sarkozy est dangereuse ». 




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