Grenoble : La Clinique Belledonne rachetée par le groupe C2S

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(Crédits : DR)
La Clinique Belledonne, basée à Saint-Martin-d'Hères (38), jusqu’ici sous le contrôle de plusieurs familles, passe sous la bannière du Groupe C2S en vue de poursuivre son développement. Il s’agit d’une première acquisition iséroise pour ce groupe multirégional de cliniques généralistes, qui compte déjà 14 établissements dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Et qui compte bien miser sur cet établissement de pointe pour tirer la stratégie du groupe.

On pourrait parler d'une rencontre entre deux projets complémentaires : soutenu par son actionnaire majoritaire, Eurazeo Patrimoine, le Groupe C2S souhaitait renforcer son maillage territorial, tandis que la Clinique Belledonne, fondée à l'origine par cinq médecins, recherchait une relève.

Avec plus de 650 salariés ainsi qu'une capacité de 290 lits, l'établissement isérois devient ainsi la plus importante clinique du Groupe C2S (2500 collaborateurs pour 240 millions d'euros de chiffre d'affaires), à l'issue d'une d'acquisition dont le montant n'a pas été dévoilé.

Positionnée à la 25e place du palmarès des cliniques privées réalisé par Le Point l'an dernier, la clinique Belledonne comporte sept pôles d'activité (Cardiologie, Chirurgie ambulatoire, Chirurgie robot assistée, Laboratoire, Oncologie, Périnatalité, Radiologie et Réanimation). Elle se positionne dans le top 15 des établissements de pointe dans le traitement des cancers, toujours selon le palmarès Le Point 2018, tandis que sa maternité accueille près de 2 000 naissances par an sous le label IHAB (Initiative hôpital ami des bébés).

"Nous allons ainsi nous doter d'un centre d'excellence qui va nous permettre de bonifier l'expertise de certaines de nos cliniques qui peuvent être en difficulté", résume Jean Rigondet, président du Groupe C2S, qui entrevoit déjà de nouveaux projets à développer :

"Nous aimerions notamment réaliser un nouveau centre ambulatoire, redévelopper les urgences de proximité dans certaines spécialités comme la cardiologie ou le cardio thoracique, ainsi que compléter les investissements de robotisation déjà engagés".

Un nouveau centre ambulatoire en projet

Alors que la chirurgie ambulatoire représente déjà 60 à 80 % de l'activité de la clinique, une nouvelle aile supplémentaire de 4000 m² est ainsi en projet pour accueillir un nouveau centre ambulatoire de 6 à 7 salles de bloc supplémentaires.

"Les choses pourraient aller très vite, car nous sommes en train d'acquérir un terrain mitoyen", glisse le président du groupe.

Une transmission va également être mise en place entre l'actuel Pdg Gérard Baron, et l'arrivée d'un nouveau directeur, Gauthier Escartin, qui possède une quinzaine d'années d'expérience en tant que directeur d'établissements de santé.

"Nous allons également amener notre savoir-faire dans certains domaines comme l'organisation informatique, ou la direction de qualité en vue d'être encore plus performant", complète Jean Rigondet.

Une médecine de « territoires »

Une opération qui s'inscrit bien dans la stratégie du groupe stéphanois C2S, fondé en 2006 par des médecins qui souhaitaient acquérir plusieurs établissements en difficulté, ainsi qu'une clinique de plus grande envergure (la clinique du Parc de Saint-Etienne). Après une phase de restructuration menée en 2011 visant à combler une déficit et à redéfinir une stratégie globale pour le groupe, C2S était de nouveau fin prêt à poursuivre son maillage territorial.

Depuis 2015, il aura notamment investi près de 30 millions d'euros dans son parc d'établissements et acquis pas moins de sept nouvelles cliniques. Avec une stratégie affichée, et renforcée depuis l'arrivée du fond Eurazeo en l'an dernier : "identifier et intégrer des établissements privés, réputés et complémentaires, en vue de les faire grandir ensemble pour assurer un maillage territorial solide".

"Notre objectif reste avant tout de reprendre des établissements situés dans des villes moyennes dans la grande région Auvergne Rhône-Alpes et sur le bassin Franche-Comté, en vue de nous placer comme des cliniques de proximité, pouvant amener des hyper-spécialités et des chirurgies pointues", traduit Jean Rigondet.

"D'autres regroupement à envisager"

Un positionnement qu'il défend alors même que le marché de la santé se trouve lui aussi en phase de concentration :

"La tendance est en effet au regroupement sur le marché de la santé, car il existe de plus en plus de paramètres à gérer en matière de sécurité, d'organisation, de technicité, etc", concède-t-il.

Alors que les terres grenobloises comptent déjà un CHU de 2100 lits et 2000 médecins, ainsi que plusieurs cliniques (Groupe Mutualiste ainsi que la Clinique des Cèdres), Jean Rigondet estime que l'ensemble de l'offre demeure pour l'instant bien proportionnée par rapport au tissu local.

"Il n'existe pas de concurrence effrénée. Chacun est bien positionné, même si cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas, à moyen terme, d'autres regroupements à envisager".

En 2016, la Clinique Belledonne avait elle-même initié un rapprochement avec La Clinique des Alpes.

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