Sublimed : trois millions d'euros pour conquérir les Etats-Unis

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(Crédits : DR)
Spécialisée dans le développement de solutions non-médicamenteuses pour la prise en charge de la douleur engendrée par les maladies chroniques, la start-up grenobloise Sublimed vient d'annoncer une augmentation de capital de 3 millions d'euros. Une somme qui devrait permettre à la jeune pousse d'emmener son dispositif médical actiTENS sur le marché américain à compter de 2020.

Deux ans après sa première levée de 700 000 euros, auprès du réseau Angelor et de quelques business angelsSublimed remet le couvert et annonce une seconde augmentation de capital, cette fois de près de 3 millions d'euros, qui signe l'entrée de nouveaux investisseurs au capital.

Avec, parmi eux, les fonds d'investissement Kreaxi, Crédit Agricole Alpes Développement, Concept Innovation EthiqueCEAi, Rhône Dauphiné Développement ainsi que de fonds privés et publics. Une opération qui devrait permettre à la jeune pousse, spécialisée dans les dispositifs de neurostimulation électrique cutanée depuis sa création en 2015, d'accélérer son développement commercial et pousser la porte du marché américain.

"Notre première levée nous avait permis au total de réunir près de 2 millions d'euros, lorsque l'on prend en compte les différentes subventions et prêts que nous avions pu obtenir grâce aux 700 000 €, et de financer le développement de l'industrialisation de notre produit, avec l'obtention du marquage CE", rappelle Nicolas Karst, président et co-fondateur de Sublimed, aux côtés de l'ancien directeur du centre antidouleur de Grenoble, le Dr Jean-Pierre Alibeu.

Son produit actiTENS, qui génère de faibles impulsions électriques afin d'inhiber la sensation de douleur dûes aux maladies chroniques (lombalgies, douleurs sciatiques, douleurs des membres fantômes, fibromalgieetc), a ainsi pu être lancé sur le marché français en mars 2018, et fait désormais l'objet d'un remboursement de la part de la Sécurité Sociale de 102 €, pour un prix public conseillé de 350 € en pharmacie.

"Le reste à charge dépend ensuite de la part mutuelle, qui a souvent une ligne destinée au petit appareillage", ajoute Nicolas Karst, qui précise que sa prescription doit toutefois provenir d'un centre antidouleur pour être remboursée.

Obtenir le feu vert de la FDA

Après avoir atteint en fin d'année le cap des 1000 patients équipés, Sublimed mise sur le développement de partenariats avec de grands groupes pharmaceutiques pour accélérer sa distribution auprès des pharmacies. En parallèle, la start-up veut également capitaliser sur sa dernière levée de fonds pour s'exporter en dehors de l'Hexagone.

"Notre objectif est de continuer de nous déployer sur le marché français pour avoir des retours et une crédibilité auprès des structures spécialisées dans le traitement de la douleur, mais aussi de nous lancer sur le continent américain, qui connaît en ce moment une crise sanitaire liée à l'utilisation des opiacés dans le traitement de la douleur", illustre-t-il.

Avec ses 14 salariés, la jeune pousse travaille désormais à obtenir le feu vert de la part de l'autorité américaine (Food and drug administration, FDA) pour la mise en marché de son produit sur le continent américain. "Avant de recevoir cette autorisation, cela nécessite une série de démarches, telles une validation du marché ainsi qu'une mise à jour réglementaire et technique, qui font que le lancement sur le marché américain ne pourra pas se faire avant le premier trimestre 2020", indique Nicolas Karst. En parallèle, Sublimed a déjà amorcé des discussions en vue de trouver un partenaire sur place qui pourrait ensuite l'aider à être distribuée. "Nous visons quelqu'un qui possède déjà un réseau de distribution, et qui souhaiterait compléter sa gamme en offrant notre solution en complément".

1,5 milliard de personnes concernées

Si le marché de la neurostimulation existe depuis une quinzaine d'années, Nicolas Karst table sur l'aspect innovant de sa solution, qui s'affiche comme "plus polyvalente, performante et miniaturisée" que ses concurrentes.

"Nous avons face à nous des sociétés qui sont très orientées vers la vente directe de dispositifs très spécialisés, uniquement pour une partie du dos ou une indication ciblée", rappelle-t-il.

Quant aux autres thérapies de la douleur d'origine médicamenteuses, Sublimed envisage également un positionnement complémentaire.

"Nous n'avons pas l'objectif de remplacer entièrement ce qui existe déjà, même si, dans certains seulement, cela peut permettre de supprimer toute médication", poursuit-il.

Face à lui, le marché potentiel serait de taille puisque les douleurs chroniques, éligibles à la neurostimulation, concerneraient près d'un adulte sur cinq à travers le monde, soit environ 1,5 milliard de personnes. En adressant le marché américain, qui compte près de 300 millions habitants, autant dire que Sublimed aura déjà de quoi faire.

"Nous prévoyons un chiffre d'affaires supérieur à 10 M€ d'ici trois ans, et nous aurons certainement encore besoin d'augmenter notre capital si nous souhaitons approcher d'autres marchés d'ici fin 2020", confie le président.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2019 à 2:15 :
Ces equipements a stimulation electrique, dos, bras, epaules et j'en oublie surement, sont a la vente libre en Asie pour des sommes ridicules et sont tout aussi efficaces.

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