PDC Line Pharma développe un médicament anti-cancer innovant

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(Crédits : DR)
La société grenobloise de biotechnologie PDC Line Pharma développe une nouvelle classe de vaccins thérapeutiques anti-cancer. Basé sur une lignée de cellules dendritiques, cette technologie vient d’obtenir la classification de médicament de thérapie innovante par l'Agence européenne des médicaments (EMA). Et vise une commercialisation à compter de 2023.

Spin-off de l'Etablissement Français du Sang (EFS), PDC Line Pharma (3 associés : Laurent Lévy, Joël Plumas et François Thomas) a été fondée en avril 2014. "Mais cela faisait déjà 15 ans que Joël Plumas travaillait sur cette technologie, basée sur une ligne de cellules très particulières (les cellules dendritiques), qui sont en quelque sorte les chefs d'orchestre de l'immunité", explique Laurent Lévy, co-fondateur et directeur général de PDC Line Pharma. Prélevées sur un échantillon de sang d'un patient atteint d'un type rare de leucémie, ces cellules présentent de bonnes caractéristiques de multiplication.

"L'idée étant d'orienter la réponse immunitaire vers des cibles désignées, les cellules cancéreuses, et d'éviter de détruire les cellules saines", ajoute-t-il.

Combiner à d'autres thérapies

Contrairement au vaccin thérapeutique conçu lui aussi à base de cellules dendritiques déjà commercialisé par la société Dendreon, notamment pour le cancer de la prostate, la nouvelle classe de vaccins développée par PDC Line Pharma présente plusieurs avantages : "Nous ne sommes pas obligés de collecter les cellules des patients concernés afin de fabriquer un produit personnalisé, en quantité limitée", explique M. Lévy.

Industrialisable à grande échelle, sa technologie pourrait au contraire s'appliquer à plusieurs types de cancers et agirait en synergie avec les inhibiteurs de point de contrôle immunitaires (anti-PD-1).

"Notre produit est reconnu comme non toxique et peut facilement se combiner avec d'autres approches, même toxiques", avance M. Lévy.

Avec une condition : pour recevoir ce vaccin thérapeutique, le patient doit être compatible avec la cellule utilisée à l'origine pour le développement du vaccin, qui correspond en moyenne à 50 % des patients européens et 35 % des patients américains. "Mais on sait qu'on peut modifier des cellules pour élargir leur compatibilité ", avance-t-il.

Une première phase d'essais cliniques

De premiers essais cliniques de phase 1 ont été amorcés sur le vaccin PDC*mel visant les cancers de la peau, sur 9 patients volontaires atteints de cancers de la peau (mélanome) au stade avancé en collaboration avec le CHU de Grenoble, le Centre Léon Bérard de Lyon et le CHU de Nantes. Ils devraient se terminer fin 2015.

"Nous allons poursuivre le développement de notre médicament candidat contre le mélanome (PDC*mel) en testant son activité en combinaison avec un anti-PD-1 dans une phase 2. Nous souhaitons également démarrer le développement clinique d'un second candidat pour le cancer du poumon (PDC*lung) en situation de maintenance post-chimiothérapie", précise M. Lévy.

En venant d'obtenir la classification de médicament de thérapie innovante (MTI) par l'Agence européenne des médicaments (EMA), la start-up voit ainsi son travail validé et ses prochains développements sécurisés. "Nous allons avoir besoin de lever 8 à 10 millions d'euros, avec une première tranche de 2 millions d'euros cette année, afin de poursuivre le développement clinique auprès des patients et démontrer d'ici 4 ans que notre technologie est mature. Mais nous avons déjà de beaux contacts avec des fonds français, européens et américains".

L'objectif ? Revendre, sous forme de licence ou de co-développement, son produit à de grands industriels de la santé pour fournir les marchés mondiaux. Selon la société, le marché potentiel s'élèverait à 3 à 4,5 milliards d'euros aux Etats-Unis et en Europe.

"Nous prévoyons de mener des essais cliniques sur ces deux indications en parallèle de 2016 à 2019. La phase suivante pourrait se poursuivre jusqu'en 2022, et déboucher par une mise sur le marché à l'horizon 2023", précise M. Lévy.

Quid de la concurrence ?

Sur les 21 sociétés spécialisées dans le développement des vaccins thérapeutiques anti-cancer à base de cellules dendritiques à l'échelle mondiale, seules 3 (dont PDC Line Pharma) n'ont pas besoin de collecter les cellules de leurs patients. En Suède, Immunicum collecte des cellules chez des donneurs sains, tandis que DCPrime en Hollande a démarré avec une lignée de cellules qui peuvent se multiplier en culture, mais qui ne sont pas de nature dendritique.

Alors que sa voisine, la start-up Ecrins Therapeutics basée à La Tronche, vient de lever 535 000 euros sur la plateforme Crowd Avenue pour le développement de son médicament contre le cancer, Laurent Lévy nuance : "Dans le domaine du cancer, il n'y aura malheureusement pas de produit miracle qui va tout résoudre. Le candidat ET-D5 d'Ecrins Therapeutics semble avoir une forte activité anti-vasculaire sans toxicité. Un tel produit peut probablement apporter une valeur ajoutée importante dans l'arsenal thérapeutique".

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Commentaires
a écrit le 26/12/2016 à 17:47 :
Le Biocurcumax TM (complément allmentaire)
Les gélules végétales de" curcumine."
Soi-disant, possède un fort pouvoir antioxidant ,et la capacité de bloquer la prolifération
des cellules cancéreuses,et d'améliorer la réponse à la chimio....! ! !
Y a t'il des assais clinique sur ce produit ?

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