Boiron : une affaire de famille

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
Bref portrait des deux frères aux parcours et aux personnalités complémentaires.

Thierry Boiron, le manager

C'est en Inde, puis en Amérique du Nord - où il restera vingt ans - que Thierry, cadet de Christian de quatorze ans, diplômé de l'IFAG, fera ses armes avant d'être appelé au siège comme directeur général, en 2004. Est-ce pour suivre les croyances de son aîné, convaincu qu'un chef d'entreprise est avant tout un leader spirituel, qu'à son tour il s'est mis en retrait en 2011 ? Adepte du tai-chi, il est devenu un vrai exégète de l'intuition, "composante essentielle" du processus décisionnel. Lunettes turquoises et montre rose, il révèle une créativité mêlée d'un véritable sens pratique, attentif aux détails. Peu soucieux des codes et du "qu'en dira-t-on", il cultive un style direct, spontané, "à l'américaine". "Thierry passe bien auprès du personnel, il a une vraie faculté de présenter les choses", juge Jean-Pierre Icard, délégué syndical central CFDT.

Christian Boiron, le visionnaire

Il le dit lui-même : avoir eu 21 ans en 1968 a marqué l'étudiant en pharmacie de l'époque. Ces évènements ont téléguidé son aspiration à se vouloir "professeur de bonheur" - il a consacré un ouvrage à ce sujet - et sa gestion sociale du groupe. "Je ressens depuis longtemps que l'épanouissement est la clef de l'efficacité économique de l'entreprise et non l'inverse", confiait-il en 2006 aux Echos. Ce fils de famille est entré en 1970 dans l'affaire comme responsable export avant d'accéder à 29 ans à la direction générale et sept ans plus tard à la présidence. Le temps pour ce manager métaphysique, mais soucieux de rentabilité et d'efficacité, de prendre du champ par rapport au quotidien des affaires et de "s'exiler" plus tard en Italie. "Christian Boiron ? C'est un capitaine. Il a bourlingué. C'est lui qui a tenu bon contre les tempêtes et les cabales contre l'homéopathie. Thierry a peut-être encore à naviguer pour acquérir la dimension de son frère. Mais ils sont complémentaires", résume Francis Macquet, délégué syndical central CFE-CGC.

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