Médias : Le Petit Bulletin grandit et accueille six actionnaires

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Marc Renau, Baptiste Rollet, Sébastien Rousset et Magali Paliard-Morelle demeurent les quatre actionnaires principaux du groupe de médias, services et événements Unagi nouvellement créé.
Marc Renau, Baptiste Rollet, Sébastien Rousset et Magali Paliard-Morelle demeurent les quatre actionnaires principaux du groupe de médias, services et événements Unagi nouvellement créé. (Crédits : DR/Niko Rodamel)
Le Petit Bulletin et le magazine Spot accélèrent leur transformation, en se rassemblant autour d’un nouveau nom, le groupe Unagi. Une nouvelle étape qui signe également l’entrée de six nouveaux investisseurs rhônalpins, issus du monde de la culture. Avec une ambition : poursuivre la transformation digitale du groupe tout en demeurant indépendant.

Avec 2,2 millions d'euros pour 40 salariés, le groupe Unagi, nouvellement créé, rassemble les forces de plusieurs médias historiques, que sont les éditions du Petit Bulletin (à Lyon, Grenoble et Saint-Étienne) ainsi que les éditions Spot magazine (à Grenoble et Lyon).

"La constitution du groupe Unagi a été avant tout pensée pour refléter une nouvelle organisation : alors que les activités du Petit Bulletin représentaient jusqu'à 95 % du chiffre d'affaires il y a 10 ans, le poids de ce média ne représente plus que 30 %", atteste Marc Renau, cofondateur et directeur du Petit Bulletin Lyon.

Une nouvelle direction entamée par le groupe médias en vue de faire face à une baisse constante du chiffre d'affaires.

"Nous avons enregistré une baisse de chiffre d'affaires de 50% en 10 ans, à la fois en raison de la crise économique qui a commencé à nous impacter à compter de 2008, mais aussi de l'arrivée des réseaux sociaux et d'internet, ainsi que du budget culturel des collectivités locales qui a eu tendance à baisser".

Le groupe avait donc commencé par amorcer une première tentative de diversification sur fonds propres, avec la constitution d'une société de distribution de documents, Diffusion Active, d'une agence de vidéo et webmarketing Tintamarre, ainsi que d'une branche spécialisée dans l'organisation d'événements tout au long de l'année, tels que Lyon Bière Festival, le Lyon Whisky Festival, le festival Faut Que Ca Brasse de Saint-Étienne, ou encore le grand rendez-vous du street-art lyonnais, Peinture Fraîche.

Un ensemble de pôles qui se trouvent désormais unis sous la bannière du groupe Unagi.

Nous n'avons rien inventé, mais il s'agit d'un modèle qui fonctionne bien puisque nos commerciaux ont désormais la possibilité de proposer à nos clients une offre très large, comprenant à la fois de la publicité, de la vidéo, du sponsoring, ou du street marketing", avance Marc Renau.

Résultat ? Depuis deux ans, les résultats du groupe s'affichent de nouveau en hausse, et devraient atteindre près de 2,5 millions d'euros cette année.

De premiers investisseurs

Une nouvelle stratégie qui a su convaincre de premiers investisseurs à rejoindre le navire. Alors que la holding du Petit Bulletin était jusqu'ici détenue par ses cofondateurs, Marc Renau et Magali Paliard-Morelle, ainsi que par les dirigeants du Petit Bulletin Saint-Etienne et de Spot (Baptiste Rollet et Sébastien Rousset), le groupe Unagi nouvellement créé a accueilli ses premiers investisseurs.

Ces six nouveaux entrants, que sont le groupe Ninkasi, Rémi Perrier (RPO/Festival Musilac), l'initiateur de Nuits Sonores Arty Farty, le groupe d'éditions CESAM (qui détient notamment Rue des écoles, Librairie Arthaud), la société de production Maestro Spectacles ainsi que l'agence digitale stéphanoise Webqam, viennent ainsi prendre 15% du capital.

"Jusqu'ici, 100 % du capital était détenu par les membres fondateurs et des proches. Étant donné la situation financière difficile, nous avons eu envie, non pas de céder, mais d'ouvrir notre capital car nous pensions qu'il s'agissait d'une très bonne manière d'assurer notre crédibilité à moyen terme auprès des banques", justifie Marc Renau.

En plus d'un apport de fonds propres (dont le montant n'a pas été communiqué), cette transaction permet aux fondateurs d'Unagi de réunir des personnes de confiance. Car si la gouvernance demeure inchangée, l'équipe a convenu de pouvoir rencontrer ses nouveaux actionnaires tous les six mois en vue de "pouvoir confronter les objectifs et les choix stratégiques".

"Nous souhaitions un actionnariat qui soit bien reparti au niveau régional, ainsi que des acteurs différents, afin d'ouvrir notre champ et de partager des expériences", souligne Marc Renau.

Le groupe confirme toutefois une volonté de conserver son indépendance, avec des fondateurs qui conserveront ainsi 70% du capital ainsi que 15% pour leurs proches.

Une stratégie autour du print

Malgré le resserrement du pôle médias, qui ne représente plus que 45% des revenus du groupe, Marc Renau estime que le modèle du gratuit - dont Le Petit Bulletin s'est imposé comme l'un des pionniers à l'échelle française -, n'est pas remis en cause pour autant. Bien au contraire : "Cela fait 10 ans que nous étions en train de nous réorganiser et de nous transformer. Maintenant que cette phase est presque terminée, cela va nous permettre de faire de nouvelles choses, y compris du côté médias", estime Marc Renau.

Si aucun projet précis n'a encore été communiqué, ce dernier évoque surtout une volonté de trouver, à moyen terme, de nouveaux modèles économiques, que ce soit sur le web ou le papier.

"Même si le constat général et que l'information ressemble à un champ de ruines avec un certain nombre de disparitions de titres ayant eu lieu à Lyon, Grenoble ou Saint-Etienne, on pense désormais paradoxalement que l'avenir se fera sur le papier".

Le groupe Unagi ne s'interdira donc rien, y compris sur le terrain des expérimentations. Avec un objectif : atteindre une croissance globale de 20 à 30 % par année sur l'ensemble du groupe.

"L'un de nos enjeux sera de nous ouvrir à d'autres secteurs d'activité que la culture, le sport, les loisirs et le tourisme, notamment sur nos activités d'événementiel ou de vidéo ou webmarketing", glisse le cofondateur.

Ce dernier évoque également plus largement la volonté de pouvoir être en mesure de réaliser, en fonctions des opportunités, une future acquisition pour continuer son développement. En attendant, le groupe recherche de nouveaux locaux d'ici l'an prochain pour ses équipes lyonnaises, désormais trop à l'étroit.

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