Emploi des cadres : Auvergne-Rhône-Alpes sur le podium

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(Crédits : © Zoran Milich / Reuters)
Avis de beau temps pour les cadres. Alors que le taux de chômage de l’ensemble de la population frise toujours les 9%, près de 30 000 cadres pourraient être recrutés courant 2019 par les entreprises de la région Auvergne Rhône-Alpes, selon la dernière enquête de l’Apec. Menée auprès d’un panel de 11 000 entreprises, cette enquête place la région en seconde position après l’Ile-de-France en matière de recrutements des profils cadres.

2019 pourrait bien faire office de record, au sens positif du terme. Alors que le taux de chômage affiché par les cadres au niveau national se situe sous la barre des 4 %, le dernier baromètre de l'Apec se montre très encourageant pour 2018-2019. Et ce, bien que la croissance française se montre au ralenti.

"On constate que le marché des cadres a aujourd'hui sa propre dynamique. Il s'affranchit des aléas conjoncturels", note Eric Guillaumot, délégué régional Auvergne-Rhône-Alpes de l'Apec.

Un phénomène qui s'expliquerait, d'après lui, par les mutations amorcées par les entreprises françaises, "qui se transforment d'un point de vue numérique, énergétique et réglementaire pour faire face à des exigences comme la mise en place de la RGPD et ont donc besoin de plus de cadres et d'experts".

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Auvergne Rhône-Alpes sur le podium

Sans surprise, la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît en seconde position de cette enquête en matière de prévisions, juste après la région Ile-de-France, avec près de 30 000 recrutements attendus en 2019. Avec 543 361 entreprises recensées et 3,3 millions d'emplois, selon le panorama régional d'Auvergne Rhône-Alpes entreprises, publié en 2018, la région se positionne comme l'une des régions les plus dynamiques et les mieux orientées en matière d'économie.

"On dit souvent que notre région est une mini France, car tous les secteurs y sont quasiment représentés. A noter également une présence forte de l'industrie", illustre Eric Guillaumot.

D'après les estimations de l'Apec, la région a enregistré près de 29 000 recrutements en 2018, soit une progression de 6 % par rapport à l'année précédente. Avec, à l'intérieur de ce chiffre, 9 200 créations d'emplois nettes. Avec la présence de grands groupes liés à la santé, aux transports, à l'informatique et à l'automobile dans le Rhône, mais aussi à la microélectronique, l'industrie, l'informatique et les medtechs en Isère, ou encore au textile dans la Loire et au caoutchouc en Auvergne, la région possède un écosystème très diversifié, allant même jusqu'aux installations nucléaires (Ain et Isère).

Confiance en Isère

A l'intérieur de la région, c'est l'Isère qui se montre d'ailleurs la plus confiante en matière de recrutements, puisque 20 % des employeurs interrogés prévoient ainsi d'augmenter leurs effectifs cadres dans la prochaine année, contre 17 % des patrons du Rhône, et 15 % en Haute-Savoie.

"Il faut toutefois prendre ces résultats avec des pincettes : si d'un côté, 83 % des entreprises régionales disent qu'elles ne comptent pas faire évoluer leurs effectifs sur la prochaine année, une partie d'entre ne le sait en réalité pas encore. Ce qui ne veut pas dire au final qu'elles ne recruteront pas".

Eric Guillaumot affirme que ce sont d'abord les grandes entreprises qui se montrent les plus optimistes en matière d'embauches, puisque 30 % d'entre elles songent à recruter en 2019, contre 9 % des TPE/PME de moins de 50 salariés.

"Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une période où il existe des pénuries de compétences sur des profils recherchés, comme les data scientists, les spécialistes de la cybersécurité qui peuvent jouer dans ces réponses. De même que certains territoires pourtant dynamiques, comme la vallée du plastique d'Oyonnax, connaissent des problèmes d'attractivité alors qu'elles ont de vraies besoins", complète-t-il.

Presque 20 % des emplois dans l'industrie

D'après cette enquête, 66 % des emplois cadres proposés dans la région se trouveront demain dans le secteur des services, contre 18 % dans l'industrie, 9 % dans le commerce et 7 % dans le BTP. Les fonctions R&D restent les plus prisées (20 %), suivies des profils spécialisés dans l'informatique, les fonctions commerciales et marketing (19 %), et la production industrielle et de chantier (12 %).

Alors que la fusion des régimes de retraite complémentaire pour les salariés du privé (Agirc-Arrco) a remis le débat concernant le statut des cadres au goût du jour, l'Apec a choisi de se baser, pour cette enquête, directement sur l'intitulé des postes affichés au sein des entreprises. Un paramètre qui évolue ainsi d'un établissement à l'autre, et n'intègre donc pas les jeunes diplômés n'ayant pas encore occupé un premier emploi.

"Le statut cadre n'est pas défini en fonction d'un diplôme. Ce sont les entreprises qui déterminent, en fonction de leur convention collective entre autres, les personnes qui occupent un poste de cadre au sein de l'entreprise", précise Eric Guillaumot.

D'ailleurs, les entreprises rechercheront avant tout de jeunes cadres possédant entre 1 et 5 ans d'expérience pour 30 % de cas, voire entre 6 et 10 années d'expérience (28%). Avec, sans surprise, moins d'appétence pour les profils seniors de plus de 20 ans d'expérience (5%) tandis que les jeunes cadres diplômés, présents depuis moins d'une année sur le marché du travail pourraient tout de même y trouver leur compte, puisqu'ils représentent 18% des prévisions d'embauche en Auvergne-Rhône-Alpes.

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