Santé : 322 emplois menacés sur le site Famar Lyon

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(Crédits : DR)
L'antenne lyonnaise du façonnier pharmaceutique Famar, basée à Saint-Genis-Laval, vient d'être placée en redressement judiciaire. Alors que le reste du groupe est mis en vente par le fonds d'investissement KKR, le Pdg de Famar, Patrick Puy, ne cache pas la "situation délicate" d'un site surdimensionné et en sous-investissement chronique depuis des années.

L'avenir du site Famar Lyon s'écrit désormais en pointillés. Le fonds d'investissement américain KKR, qui contrôle le façonnier pharmaceutique pour les grands laboratoires (Sanofi, Merck, J&J...), vient de mandater une banque d'affaires pour la revente - vraisemblablement en appartement - de onze des sites industriels de Famar dans le monde. Soit l'ensemble de ses actifs... à l'exception du site de Saint-Genis-Laval, qui emploie 322 salariés, directement placé en redressement judiciaire le 24 juin.

"Nous sommes convaincus que nous n'aurions jamais eu d'offre pour ce site", déclare, cash, le Pdg de Famar, Patrick Puy.

Nommé en mai dernier par KKR pour redresser la barre d'un groupe de plus de 3 000 salariés qui plie sous une dette de 200 millions d'euros, cet autoproclamé "médecin urgentiste des entreprises", spécialisé dans les restructurations d'ampleur (il a notamment piloté dernièrement celle du groupe textile Vivarte), ne cache pas une "situation délicate" pour le site de Lyon.

"Le site de Lyon est particulier, puisque c'est le seul du groupe qui perd de l'argent. C'est un site qui n'a pas été très bien géré par le passé, beaucoup trop dimensionné et en sous-investissement", poursuit Patrick Puy.

Et si le montant des pertes est gardé confidentiel, les derniers comptes déposés de Famar Lyon indique une perte de 2 millions d'euros en 2017 pour 26,7 millions d'euros de chiffre d'affaires.

"Nous allons tout faire pour éviter une fermeture complète"

En se mettant sous la protection du tribunal du commerce de Lyon, le dirigeant dit vouloir se donner le temps pour trouver une solution pour sauver le site. Outre la recherche d'un éventuel repreneur par le biais d'un administrateur judiciaire, Patrick Puy travaille à un autre plan B :

"L'option la plus probable serait de trouver un investisseur immobilier qui créé, sur le site, une sorte de parc d'activité autour de la pharmacie, de la chimie, des cosmétiques, etc... Et les acteurs industriels qui s'installeraient ici pourraient reprendre des salariés de Famar", expose Patrick Puy.

Le Pdg estime que le site dispose d'une année devant lui pour s'écrire un avenir.

"Nous allons tout faire pour éviter une fermeture complète. Et, je ne promets pas que l'ensemble des salariés seront repris, mais je promets que l'on va tout faire pour cela."

"Désengagement industriel"

Les syndicats, qui ont prévu une journée de mobilisation ce jeudi 3 juillet, en appellent désormais aux pouvoirs publics pour tenter d'enrayer un lent déclin entamé depuis des années. Détenu par Sanofi jusqu'en 2004, le site spécialisé dans la formulation et le conditionnement de médicaments (infectiologie, cardiovasculaire, antidiabétique, neuropsychiatrique...) a ensuite été cédé au groupe grec Famar.

Un propriétaire "qui a encaissé les bénéfices pendant des années sans investir", accuse Stéphane Collet, délégué syndical (FO) de Famar Lyon :

"Les difficultés financières du site ne sont pas le fait des salariés mais d'un actionnaire qui n'a fait que pomper l'entreprise. Nous ne voulons pas entendre parler de suppression d'emplois."

Repris par le fonds d'investissement KKR en 2017, l'intersyndicale (CGT, CFE-CGC, FO) dénonce aujourd'hui la "cupidité" de son actuel actionnaire qui a poursuivi le "désengagement industriel".

L'intersyndicale pointe également la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques engagés dans "une recherche croissante des pays à bas coût de main d'oeuvre pour la fourniture des principes actifs" des médicaments.

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Commentaires
a écrit le 04/07/2019 à 18:54 :
Enième épisode du feuilleton de l'irresponsable (mais sans coupable) débâcle Rhône-Poulenc sur la région lyonnaise, ce site peut laisser à St Genis-Laval l'espace nécessaire à la création d'un parc paysagé (car le terrain l'est déjà en grande partie); une fois les bâtiments actuels rasés (et dépollués?) ou reconvertis pour quelques-uns d'entre-eux.

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