Michelin : Jean-Dominique Senard va passer la main à Florent Menegaux

 |   |  542  mots
(Crédits : Reuters)
A la tête de la multinationale auvergnate depuis 2012, Jean-Dominique Senard passera le relais à Florent Menegaux, actuel directeur général exécutif. Il deviendra, en mai 2019, le 7ème patron de Michelin depuis la création de l'entreprise.

Changement de tête en vu chez Bibendum. L'actuel directeur général exécutif de Michelin, Florent Menegaux, succédera à Jean-Dominique Senard en mai 2019, selon un communiqué de l'industriel clermontois diffusé ce vendredi après-midi. La transition se fera en douceur, fidèle à la tradition du groupe auvergnat.

L'assemblée générale extraordinaire prévue courant mai 2018 devra valider la nomination de M. Menegaux au titre de "gérant commandité", tandis que l'actuel patron, Jean-Dominique Senard, sera proposé après avis du conseil de surveillance à la "présidence de la gérance, fonction à laquelle Monsieur Florent Menegaux sera appelé à lui succéder à l'issue de l'Assemblée générale de 2019."

Ascension fulgurante de Senard

C'est une page qui se tourne tant Jean-Dominique Senard a incarné le géant mondial des pneumatiques. Entré en 2005 en tant que directeur financier, ce fils de diplomate issu d'une bonne famille parisienne - qui n'envisageait alors pas "une seule minute, un jour, devenir patron de cette entreprise" - a eu une ascension fulgurante et accidentellement précipitée.

L'héritier du groupe familial, Edouard Michelin, âgé de 42 ans, se noie au large des côtes bretonnes, en mai 2006. Michel Rollier, cousin germain de François Michelin, alors cogérant, succède au défunt et nomme Jean-Dominique Senard à son côté. Il deviendra en 2012 seul pilote de cette multinationale, et le premier dirigeant à ne pas avoir du sang Michelin dans les veines.

Michel Rollier et jean-Dominique Senard

Michel Rollier et Jean-Dominique Senard.

L'entreprise industrielle, cotée au Cac40, est désormais bien plus qu'un producteur de pneus. Sous la direction de Jean-Dominique Senard, et fidèle à la logique historique de services, le groupe a anticipé l'émergence du e-commerce, multipliant les acquisitions, tout en développant une politique d'innovation ambitieuse : dans l'essor de l'industrie 4.0, mais également dans des segments en apparence éloignés de son core business comme la mobilité ou l'exploitation des données. Le dirigeant a aussi porté la restructuration du groupe : au plan opérationnel avec une réorganisation interne à l'échelle mondiale ; au plan des économies, avec un projet de réduction des dépenses de 1,2 milliard d'euros sur la période 2017-2020, marqué notamment par le non-remplacement de départs en retraite et davantage de production hors d'Europe.

Fort de 110 000 salariés dans le monde, Michelin dépasse aujourd'hui les 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires, au grand bonheur des actionnaires du groupe. En 2016, le bénéfice était de 1,6 milliard d'euros.

Florent Menegaux, pur produit de Michelin

Pour maintenir les bons résultats d'un groupe international fortement ancré localement, le futur patron, Florent Menegaux, aura l'atout de bien connaitre la maison et comptera sur une expérience internationale avisée. Arrivé en 1997 chez Michelin, il a d'abord exercé comme directeur commercial dans plusieurs divisions européennes (Royaume-Uni, République d'Irlande), avant de travailler en Amérique du Nord et du Sud. En 2005, il devient directeur de la zone géographique Afrique - Moyen-Orient, avant de prendre la direction Europe pour la division Tourisme Camionnette Remplacement du groupe Michelin.

Nommé directeur général des opérations en 2014, puis directeur général exécutif en 2017, Florent Menegaux deviendra l'an prochain le septième patron de ce fleuron industriel français né il y a 129 ans.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/02/2018 à 14:01 :
Mr Senard a changé le fonctionnement des usines Michelin en France, en faisant plus confiance à l'opérateur de base, ce qui est une vraie nouveauté.
C'est éventuellement pour ça qu'on n'en a pas voulu au Medef.
a écrit le 09/02/2018 à 16:49 :
MICHELIN, c'est bien au delà de l'exemple, MICHELIN ,c'est la référence devant chaque français doit s'incliner.
Parmi tant d'autres, je n'évoquerai que la langue française que défend et illustre MICHELIN à travers ses implantations dans le monde.
Et comment ne pas rappeler quand le pays était envahi et sous la botte le courage de MICHELIN rejetant les offres de l'occupant.
Il fût bien seul.

Chapeau bien bas

Gérard FORMAN

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :