Résultats 2018 : La Caisse d'Épargne Rhône-Alpes résiste bien

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La Caisse d'Épargne Rhône-Alpes (CERA) poursuit son développement et sa transformation pour répondre aux assauts de la concurrence comme aux nouvelles exigences des usagers des services bancaires. Une stratégie qui porte encore ses fruits, se traduisant par un résultat net en progression malgré un produit net bancaire en léger retrait.

Malgré la persistance des taux d'intérêt très bas - bons pour les emprunteurs, mais moins favorables pour les établissements bancaires qui voient leurs marges s'éroder —, d'un contexte général hyper concurrentiel et d'un environnement législatif de plus en plus contraint, la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes (Rhône, Isère, Ain, Savoie, Haute-Savoie et Suisse avec la Banque du Léman) résiste bien.

"Nous avons réalisé une belle année 2018, j'en mets tout le crédit à Stéphanie Paix à qui j'ai succédé en novembre. Néanmoins, je vois dans notre modèle de banque régionale, commerciale et coopérative un avantage concurrentiel certain. C'est un modèle gagnant, notre intimité avec le territoire est décisive", souligne Alain Denizot, le nouveau président du Directoire de la CERA.

Un modèle qui se traduit par des résultats financiers en hausse, avec un résultat net de 162,4 millions d'euros en 2018, en hausse de 2,7 % par rapport à l'année précédente, dépassant encore son niveau historique des 160 millions d'euros. Et ce, malgré un Produit net bancaire (PNB) en léger retrait de 0,9 % par rapport 2018, à 702,4 millions d'euros, et un résultat brut d'exploitation qui s'établit à 275,5 millions d'euros (en baisse de 1,3 %). 

"Avec un coefficient d'exploitation en hausse de 0,2 points à 60,8%, nous avons une position bien supérieure aux autres Caisses d'Épargne du groupe BPCE. Globalement, nous n'avons aucune inquiétude sur nos différents ratios", note Jérôme Ballet, membre du directoire en charge du pôle finances.

Même si elle a continué à investir dans la formation de ses 3 000 collaborateurs pour accompagner la montée en compétence des équipes, dans la formation en alternance (115 alternants en 2018), dans la digitalisation de ses services, la CERA a stabilisé ses frais de gestion à 427 millions d'euros (-0,6 % par rapport à 2017).

Progression des encours de crédits et de l'assurance-vie

En 2018, l'activité commerciale a été "dynamique", avec plus de 5,5 milliards d'euros de nouveaux crédits engagés, dont 2,7 milliards d'euros de crédits immobiliers. Au total, ses encours de crédits ont progressé de 6,3 %, à 24,1 milliards d'euros en 2018. À noter également un maintien de ses encours de collecte (à 40,4 milliards d'euros, +0,3 %) portés par un rebond de la collecte d'assurance-vie.

"Il s'agit d'une bonne combinaison entre nos offres et les besoins de nos clients et d'une structuration et d'un gros effort de formation envers nos collaborateurs", estime le président du directoire.

Les bonnes performances commerciales ont également été soutenues par le pôle "banque régionale" (agences spécialisées, immobilier, etc.) et notamment la progression de la Banque du Léman, la filiale suisse de la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes. Avec ses deux agences à Genève et à Lausanne, elle a dépassé les 7 000 clients avec un PNB de 11,2 millions de francs suisses (environ 9,8 millions d'euros). Et devrait compter près de 50 collaborateurs d'ici à trois ans.

"La Banque du Léman réalise son premier résultat bénéficiaire. Elle constitue l'un des leviers de développement pour les années à venir, voire un test pour le groupe BPCE", estime Alain Denizot.

Augmentation de capital

Au regard de ces résultats, le Conseil d'Orientation et de Surveillance (COS) annonce que l'Assemblée générale de la Banque a voté une augmentation de capital de 150 millions d'euros, faisant grimper le capital social de la banque régionale au delà du milliard, à 1 150 000 000 euros.

"Nous avons multiplié nos fonds propres par quatre en 10 ans, et densifier nos ratios de rentabilité. Nous franchissons un nouveau cap. Autant d'éléments pour rassurer : nous avons les réserves nécessaires si nous devions faire face à des difficultés", se félicite Michel Manent, président du COS de la CERA.

En 2019, la Banque s'inscrit encore dans son plan stratégique initié en 2017 et ses projets "de transformation de son réseau de distribution, la construction de son siège grenoblois et le recrutement de nouveaux collaborateurs".

Après avoir signé 134 nouveaux CDI en 2018, la Banque recrutera au moins 50 conseillers commerciaux en 2019 et renforcera également ses équipes d'experts. Comme pour de nombreuses autres entreprises, le secteur bancaire a des difficultés pour attirer des talents, malgré sa bonne image employeur.

Pour y remédier, la CERA met en place des parcours de recrutement "innovant" et des parcours académiques et professionnels spécifiques. Et notamment à destination des personnes en situation de handicap et des femmes.

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