Résultats 2018 : voyants au vert pour la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes

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(Crédits : Reuters)
La Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes (BPAURA) clôt son deuxième exercice d'après-fusion. Il est marqué par une croissance conséquente des indicateurs clé, malgré un contexte général difficile.

"Le TGV est lancé malgré la complexité de la fusion et une conjoncture peu favorable. Nous nous sommes donné les moyens de tirer notre épingle du jeu et de lancer de vrais projets de croissance", commente Daniel Karyotis, directeur général de la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes (BPAURA), lors de la présentation de ses résultats de l'année 2018. Il s'agit du deuxième exercice de la "jeune" BPAURA née de la fusion, en décembre 2016, des Banques Populaires des Alpes, Loire et Lyonnais et du Massif Central.

Après un exercice 2017 globalement impacté par les frais de fusion, la banque régionale a renoué avec la croissance en terminant l'année avec un PNB bancaire à 698,1 millions d'euros (+1 %, 690,8 millions en 2017) avec une baisse des charges de 1 % et un résultat net de 125,5 millions d'euros (105,8 en 2017), en augmentation de +15 %.

"Nous avons créé, conformément à nos objectifs, de la valeur. Cela renforce notre capacité à générer des réserves, et à alimenter les crédits", analyse Pierre-Henri Grenier, directeur général adjoint en charge du pôle finances, engagements, organisation et informatique.

Un encours de crédits qui a augmenté de +4 % à 26,2 milliards d'euros (25,2 milliards d'euros en 2017), en particulier sur les crédits d'équipements des professionnels, PME et ETI. Ils sont devenus sa cible prioritaire depuis le lancement de son plan stratégique CRG 2020.

"Nous sommes la 2e banque régionale en matière d'encours de crédits derrière l'Ile-de-France. Ce qui fait de nous l'un des "gros" acteurs de l'activité de crédit en France. Cela fait partie intégrante de notre ADN", poursuit Daniel Karyotis.

La banque a bénéficié du succès de son partenariat avec la Région Auvergne Rhône Alpes autour du dispositif de "prêts artisans PME" (un prêt à taux zéro avec caution de la Région) : au 19 mars 2019, elle a accordé 7 millions d'euros de prêts pour 700 dossier.

"A fin juin, nous aurons atteint nos objectifs de 10 millions d'euros. Nous songeons à une prolongation de notre enveloppe de prêt", glisse Pascal Trimouillat, directeur général adjoint en charge du pôle exploitation retail.

Néanmoins, la production globale de crédit sur 2018 a été de 5,3 milliards d'euros, en léger retrait par rapport à l'année dernière (6,5 milliards d'euros en 2017).

"Cela concerne essentiellement les prêts immobiliers aux particuliers : l'année 2017 a été exceptionnelle en matière de renégociation de crédits. Ce n'était donc pas de la production pure", note Pascal Trimouillat.

Réorganisation du réseau

En 2019, l'institution va poursuivre son plan de transformation, qui inclut la réorganisation de son réseau de distribution : d'ici à la fin de l'année 2020, BPAURA passera de 330 agences à 135 entités commerciales (regroupant jusqu'à 4 ou 5 agences). En solde net, la banque fermera 39 sites, près de 10 % du réseau, "pas rentables ou qui n'assurent pas la sécurité adéquate pour ses collaborateurs". Le reste se matérialisera en transferts ou rénovations de locaux (investissement : 40 millions d'euros). Par exemple, à Lyon-Bellecour (angle Place Bellecour / Rue Victor Hugo), elle regroupera en un seul site, plus adapté, trois plus petites agences du quartier, toutes situées à quelques rues des unes des autres.

"Nous avons voulu revoir et améliorer le parcours client. D'autant que c'est une autre facette de la banque de demain, qui voit de plus en plus de retour chez le client particuliers", souligne le directeur général.

Une nouvelle façon d'imaginer la banque qui a entraîné la création de "nouveaux métiers", et de 200 CDI en 2018.

 "Nous avons déjà près de 55 postes de commerciaux ouverts en 2019", précise Blandine Jamin, directrice générale adjoint en charge du pôle ressources.

Un effort qui ne compense pas encore la baisse globale des effectifs, la banque étant passée de 3 840 collaborateurs à fin 2016 à 3 600 collaborateurs à la fin de l'année 2018.

Une année 2019 qui démarre en demi-teinte

Malgré cet exercice positif, l'année 2019 est encore incertaine. Les manifestations à répétition depuis le début du mouvement des Gilets jaunes ont impacté l'activité commerciale de la banque (70 % de ses agences sont ouvertes le samedi matin), sans compter les dégradations de ses DAB ou de ses vitrines, à Lyon et Grenoble.

"Il est trop tôt pour évaluer les dégâts, mais ils sont conséquents", estime le directeur général.

Un mouvement qui a surtout affecté ses clients commerçants comme entreprises. Pour les soutenir, la banque a voté un gel de ses tarifs en 2019 et octroyé des facilités de trésorerie pour certains de ses clients. Dans ce contexte, elle pourrait être retenue par la Région pour être l'opérateur, à l'image de son prêt artisan, de son plan d'aide de 8 millions d'euros à destination des commerçants et des artisans.

"Nous restons pour le moment dans la lignée de notre plan stratégique. Nous avons lancé tous nos projets structurants. Le trimestre n'est pas terminé : nous prendrons les mesures qui s'imposent si les tendances de début 2019 se confirment, nous nous adapterons", conclut Daniel Karyotis.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2019 à 18:46 :
Question réseau s'ils continuent comme ça (moins de service et moins de compétence) ils diminueront peut-être leurs frais mais perdront surement des clients, dont je fais partie.

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