La centrale du Bugey dans le viseur de l'ASN

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Manifestation d’écologistes en mars 2011, constestant la sécurité de la centrale du Bugey. ©Laurent Cerino/Rea
Manifestation d’écologistes en mars 2011, constestant la sécurité de la centrale du Bugey. ©Laurent Cerino/Rea (Crédits : Laurent Cerino/Rea)
La division de Lyon de l’Autorité de sûreté nucléaire a dévoilé mardi le bilan de ses 389 inspections réalisées en Rhône-Alpes en 2013. Globalement « assez satisfaisant » mais problématique pour la centrale du Bugey.

Depuis 2006, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), structure indépendante résultant de la loi « transparence et sécurité en matière nucléaire », met ses inspecteurs sur le terrain. Pour 2013 en Rhône-Alpes, 389 inspections ont été réalisées, dont 106 dans les centrales nucléaires EDF, 92 dans les autres installations nucléaires de base. « Le niveau de la sûreté nucléaire en Rhône-Alpes reste globalement assez satisfaisant mais cela cache des disparités », précise Matthieu Mangion, chef de la division Lyon de l'ASN.

Une centrale trop vieille ?

Sur les 4 centrales EDF de la région, celle du Bugey (Ain) fait figure de « mauvais élève ». Pour cette centrale nucléaire, l'ASN note que « 2013 a été marquée par un net recul de la rigueur d'exploitation », et pointe des faiblesses concernant les opérations de maintenance et d'exploitation. Les équipes EDF ont géré le redémarrage du réacteur n°2 et la mise à l'arrêt du réacteur n°3, ce qui a eu des conséquences négatives sur l'organisation ; 12 évènements classés 1 sur l'échelle de l'INES (huit niveaux de 0 à 7) sont également survenus. Pour la maintenance, l'ASN souligne des « lacunes dans le pilotage du traitement des avaries ». Enfin, concernant la protection de l'environnement, une présence anormale de tritium dans les eaux souterraines, au droit du site, avait été détectée en 2012, l'ASN estime qu'en 2013 la situation n'est pas vraiment corrigée. 

Elle a mis en demeure EDF de mettre en conformité l'entretien et l'exploitation des tuyauteries enterrées. Cela tendrait-il à prouver que cette centrale, qui a démarré progressivement à partir de 1972, commence à se faire vieille ? Selon l'ASN, les « vieilles » centrales peuvent poursuivre leur route, dés lors qu'elles s'imposent tous les dix ans un réexamen de sûreté. Ceci sous l'œil vigilant de l'Autorité qui a d'ailleurs imposé à EDF toute une série de prescriptions  conditionnant la poursuite de fonctionnement du réacteur n°4 du Bugey. Et elle continue l'instruction du dossier de poursuite de fonctionnement, au delà de 30 ans, du réacteur n°5.

Vers plus de sanctions

On se souvient qu'en août 2013, une présence anormale de tritium avait été détectée dans les eaux souterraines à l'intérieur de l'enceinte de la centrale du Tricastin (Drôme), alarmant les populations alentour. La menace sanitaire était finalement écartée, mais l'ASN maintient la pression. Elle a imposé une surveillance renforcée de l'environnement et demandé à l'exploitant d'identifier les équipements à l'origine de cette présence anormale; il lui faut aussi renforcer son programme de maintenance des joints « inter-bâtiments » qui pourraient être en cause.

L'ASN a les pouvoirs pour exiger l'arrêt total d'une centrale nucléaire (du jamais vu à ce jour)  en réalité ses actions de contrôle débouchent sur des mises en demeure, des prescriptions techniques supplémentaires. Son président estime qu'il faut élargir ses pouvoirs de sanctions, une demande a été faite en ce sens auprès du Parlement. « L'ASN souhaiterait pouvoir prendre des sanctions financières, sous forme d'astreintes journalières. Pour permettre une mise en conformité dans les meilleurs délais », a précisé Matthieu Mangin.

 

 

 

 

 

 

 

 

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a écrit le 30/05/2014 à 9:40 :
lmmm
a écrit le 30/04/2014 à 16:43 :
L'ASN c'est bien l'autorité "indépendante" dont la majorité des membres sont nommés par le président de la république... nous voilà bien rassurés!
a écrit le 30/04/2014 à 14:02 :
Espérons que sur nos 577 députés il y en aura quelqu'uns pour faire aboutir la demande de l'ASN. Surtout que plus de la moitié, ont été élus avec des voix écolos. Au lieu de se contenter de venir brailler le mercredi ils pourraient faire quelque chose d'utile pour une fois.
a écrit le 30/04/2014 à 13:54 :
Chouette on va tous pouvoir bouffer du tritium. Déjà que l'on a une bonne dose de césium. On va finir fluoresçant... vive le progrès !!
a écrit le 30/04/2014 à 13:27 :
Mise en service progressive en 1972 ? Donc ca fait 42 ans qu'elle fonctionne et on est en train de la tester pour l'autoriser au-dela de 30 ans. J'ai mal compris ou c'est du foutage de gueule ?
Réponse de le 30/04/2014 à 15:27 :
Si on rentre dans le détail, l'autorisation de l'ASN ne donne pas le droit à dix années civiles supplémentaires, mais dix cycles supplémentaires, un cycle étant la période entre deux arrêts de tranche pour rechargement. Un cycle dure généralement environ une année (pour les tranches en cycle 12 mois), mais sa durée peut varier un peu en fonction de l'actualité de la tranche.
a écrit le 30/04/2014 à 11:03 :
houlala ! c'est pas rassurant et comme l'iceberg , nous ne voyons que le dessus du panier .
Réponse de le 30/04/2014 à 13:10 :
Pourquoi ce commentaire , L'ASN étant plus que transparente et plus que rigoureuse ... il n'y a pas de doute à avoir ! D'ailleurs, j'ai trouvé amusant que l'ASN puisse faire arrêter à tout moment une centrale nucléaire, mais quand il s'agit de pouvoir faire arrêter une entreprise à tout moment si les conditions de sécurité ou d’environnement ne sont pas respectées (à l'ordre du jour des débats à l'inspection du travail), les patrons du MEDEF sont scandalisés... Si on peut plus polluer ou sacrifier des salariés comme on veut, ou va t on ?

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