RTE face à l'enjeu de la transition énergétique

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(Crédits : DR)
L'arrivée massive des énergies renouvelables par nature fluctuantes, prévue à terme, modifie la donne pour RTE l'opérateur national du réseau électrique. Il lui faut, notamment, investir dans le développement d'interconnexions avec les pays voisins pour favoriser les échanges.

Initialement annoncée pour  décembre prochain, la loi sur la transition énergétique sera présentée avant l'été, a promis Manuel Valls, le premier ministre, lors de son discours de politique générale, le 8 avril dernier. Et, RTE, opérateur national du réseau de transport d'énergie, à qui revient la responsabilité de l'équilibre entre la consommation et la production d'énergie, est évidemment très concerné par le sujet, a rappelé ce mercredi , Frédéric Dohet, délégué RTE à Lyon. De fait, qui dit énergies renouvelables dit forcement énergies fluctuantes, en particulier quand il s'agit du vent ou du soleil. Leur montée en puissance  - 23 % de la production à l'horizon 2020, selon les objectifs fixés  - « change la donne », confirme Christian Guilloux, directeur du centre développement & ingénierie RTE de Lyon.

Smartgrids

Les réseaux électriques intelligents répondent à ce besoin qui sera grandissant de « moduler la courbe de consommation pour qu'elle épouse la courbe de la production ». Sur les 15 expérimentations dites « Smargrids » lancées en France, cinq se concentrent en Rhône-Alpes. Les deux plus emblématiques, d'un coût de 50 millions d'euros environ, se situent l'une dans le quartier Confluence à Lyon (sous l'égide du Nedo japonais, une agence gouvernementale japonaise) tandis que l'autre GreenLys, est menée à la fois à Grenoble et Lyon, sous la coordination d'ERDF.

« Nous avons signé une convention avec GreenLys dont nous sommes un des partenaires. En effet, nous avons besoin de comprendre comment les consommateurs finaux peuvent se comporter quand ils sont informés en direct de leur consommation »

Christian Guilloux, directeur du centre développement & ingénierie RTE de Lyon.

Profiter du soleil d'Italie 

La transition énergétique nécessite que RTE investisse dans de nouvelles lignes pour accueillir de nouvelles productions, faire prévaloir la solidarité entre les territoires et renforcer les échanges transfrontaliers.  A l'échelle nationale, le budget prévisionnel de RTE oscille, à ce stade et dans l'attente des dispositions précises de la loi, entre 25 à 50 milliards, à l'horizon 2030.

En Rhône-Alpes-Auvergne, où l'opérateur compte un millier de collaborateurs, le chiffre se situe entre 1 et 1,2 milliard, d'ici à 2020. Il s'agit notamment de développer, via la liaison souterraine « Savoie-Piémont », les interconnexions avec l'Italie qui prévoit de s'équiper massivement en installations photovoltaïques, dans le Sud. La surproduction solaire qui pourra être constatée à un moment donné pourra ainsi être renvoyée par delà les Alpes, dans l'optique d'une valorisation optimale.

Aujourd'hui, RTE poursuit, entre autres, un important programme d'accroissement des capacités de ses 4 lignes de 400.000 volts dans la Vallée du Rhône (entre Lyon et Montélimar) pour une enveloppe totale de 285 millions sur la période 2011/2016, dont 60 millions en 2014. De 144 millions d'investissements globaux, cette année, le rythme annuel doit être à 220 millions entre 2015 et 2018.

 

Le bilan énergétique 2013 de RTE en Rhône-Alpes

  •  En 2013, selon les chiffres donnés par RTE, la production électrique de Rhône-Alpes a augmenté de 1,6 % du fait de la forte hausse (+ 13 %) de la production hydraulique s'expliquant par l'abondance de pluies.
  • La production nucléaire s'est rétractée de 1,5 % et le thermique fossile a diminué de  2,4 %.
  • La production d'origine renouvelable (incluant l'hydraulique) a atteint 27 % de la production totale.
  • Rhône-Alpes a continué en 2013 à produire deux fois plus (122 656 GWh soit 122,6 TWh) que la région consomme (52 385 GWh).
  • La consommation finale d'électricité affiche une baisse de 3,9 %, cette diminution s'explique principalement par la moindre consommation d'Eurodif, grand industriel du secteur de l'énergie.
  • La consommation des PME/PMI et particuliers a progressé de 2 %.

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Commentaires
a écrit le 19/04/2014 à 21:03 :
C'est une folie d'investir dans les Energies Climatiques (vent et soleil) et de dépenser autant en réseau pour limiter les conséquences de leur intermittence, quand on dispose en France d'une énergie nucléaire à prix imbattable, et qui s'ajuste à la demande quelle que soit la météo.
RTE ne fait que suivre les directives du pouvoir en place, mais dépenser 50 milliards d'€ (la même somme que celle dédiée à la lutte contre le chômage, sujet autrement plus important que la Transition Énergétique !!!!), c'est de l'inconscience pure et simple.
D'autant que ces interconnexions ne garantiront rien : nos voisins ne pourront nous vendre que l'électricité qu'ils ont en surplus, et il est fréquent en Europe qu'un anticyclone fasse tomber le vent sur plusieurs pays voisins.

Quand le pouvoir politique s'appuie sur des idéologues (les Verts) et pas sur ses scientifiques et ingénieurs pour prendre des décisions sur une domaine technique (le mix énergétique), on ne peut que courir à la catastrophe. Il est d'ailleurs surprenant de voir RTE, qui dispose d'experts éminents, joue au bon élève et ne s'insurge pas davantage contre la mission impossible qui lui est confiée. A ce titre, il portera une part de responsabilité en cas de pénurie ou de pannes d'électricité dans un avenir proche.
Réponse de le 21/04/2014 à 17:15 :
Cà ne se passe pas comme vous l'indiquez. Ce ne sont pas les Verts qui décident, ils n'ont pas été aux postes impliqués et ne le sont pas, mais c'est le constat de rapports techniques et scientifiques. Les chiffres indiqués sont bruts. Il y a toujours eu un problème d'interconnexions en Europe, même avec le seul nucléaire et les réseaux sont vieillissants et pas assez performants et adaptés. Il y a également toujours eue une part hydro importante à cause du nucléaire et de transfert avec la Suisse etc. Donc une part d'investissements importants est dans tous les cas nécessaire. Les réseaux avaient été conçus pays par pays et tous se heurtent à ce problème. Par ailleurs l'âge moyen du nucléaire en France a dépassé la durée pour laquelle il a été initialement conçu (30 ans) et la courbe des investissements et risque s'accroît en conséquence. Faire des investissements nouveaux dans la 3eme génération qui est dépassée (EPR), plus coûteuse que les énergies renouvelables et en hausse quand ces dernières sont en baisse, qui produit des déchets, est risquée, implique des coûts supplémentaires très élevés à terme de démantèlement puis de stockage sur des durées d'au moins plusieurs dizaines de milliers d'années, n'est pas gérable, ni économique, ni la meilleure solution. De nombreux rapports scientifiques et non des moindres (Fraunhofer, Stanford etc), démontrent qu'il est plus rentable de mettre plus d'énergies renouvelables, d'accroître l'efficacité énergétique, d'améliorer les interconexions, que de remettre du nuclaire ou de faire du stockage en l'état actuel. Toutefois les techniques de stockage et les coûts de stockage évoluent vite donc çà changera sans doute les données assez rapidement. Le nucléaire de façon modérée pourait être interéssant avec la 4e génération et filière thorium qui combine plusieurs réacteurs afin de réduire les déchets et drastiquement leur durée de nuisance, diminuer les risques et augmenter la durée de vie de la ressource. Le problème de cette combinaison de réacteurs étudiée au Cnrs et Cea qui est assez nouvelle et nécessité une forte technicité est toutefois sont coût qui risque de ne pas être compétitif alors ques les énergies renouvelables voient les leurs continuer à baisser tout comme leurs performances s'accroître. Donc les choix techniques actuels sont meilleurs qu'il n'y paraît et ne sont pas spécifique à la France mais sont les conclusions des pays européens comme d'autres. Le réseau Ento-E et son vaste développement en atteste.
Réponse de le 21/04/2014 à 17:16 :
Cà ne se passe pas comme vous l'indiquez. Ce ne sont pas les Verts qui décident, ils n'ont pas été aux postes impliqués et ne le sont pas, mais c'est le constat de rapports techniques et scientifiques. Les chiffres indiqués sont bruts. Il y a toujours eu un problème d'interconnexions en Europe, même avec le seul nucléaire et les réseaux sont vieillissants et pas assez performants et adaptés. Il y a également toujours eue une part hydro importante à cause du nucléaire et de transfert avec la Suisse etc. Donc une part d'investissements importants est dans tous les cas nécessaire. Les réseaux avaient été conçus pays par pays et tous se heurtent à ce problème. Par ailleurs l'âge moyen du nucléaire en France a dépassé la durée pour laquelle il a été initialement conçu (30 ans) et la courbe des investissements et risque s'accroît en conséquence. Faire des investissements nouveaux dans la 3eme génération qui est dépassée (EPR), plus coûteuse que les énergies renouvelables et en hausse quand ces dernières sont en baisse, qui produit des déchets, est risquée, implique des coûts supplémentaires très élevés à terme de démantèlement puis de stockage sur des durées d'au moins plusieurs dizaines de milliers d'années, n'est pas gérable, ni économique, ni la meilleure solution. De nombreux rapports scientifiques et non des moindres (Fraunhofer, Stanford etc), démontrent qu'il est plus rentable de mettre plus d'énergies renouvelables, d'accroître l'efficacité énergétique, d'améliorer les interconexions, que de remettre du nuclaire ou de faire du stockage en l'état actuel. Toutefois les techniques de stockage et les coûts de stockage évoluent vite donc çà changera sans doute les données assez rapidement. Le nucléaire de façon modérée pourait être interéssant avec la 4e génération et filière thorium qui combine plusieurs réacteurs afin de réduire les déchets et drastiquement leur durée de nuisance, diminuer les risques et augmenter la durée de vie de la ressource. Le problème de cette combinaison de réacteurs étudiée au Cnrs et Cea qui est assez nouvelle et nécessité une forte technicité est toutefois sont coût qui risque de ne pas être compétitif alors ques les énergies renouvelables voient les leurs continuer à baisser tout comme leurs performances s'accroître. Donc les choix techniques actuels sont meilleurs qu'il n'y paraît et ne sont pas spécifique à la France mais sont les conclusions des pays européens comme d'autres. Le réseau Ento-E et son vaste développement en atteste.
a écrit le 17/04/2014 à 18:34 :
On rappelera que le reseau sert deja a transporter en masse l'electricite des zones de production centralisees (nucleaire) vers les zones de consommation, donc rien de nouveau sous le soleil.
L'evolution plus fondamentale est la reduction de l'utilisation du reseau par les petits consommateurs qui s'equiperont en auto-consommation (PV, eolien, hydro) dans le futur.
Or un reseau electrique n'a pas d'existence de droit divin : c'est un outil pouvant progresser et regresser, c'est exactement ce qui va se passer dans les 10 annees a venir, il s'agit de l'anticiper et gerer cette evolution.
Réponse de le 18/04/2014 à 11:56 :
"L'auto-consommation dans le futur", ça fait 40 ans qu'on en parle et pour l'instant on voit surtout de l'éolien industriel qui déstabilise le réseau
Réponse de le 20/04/2014 à 18:13 :
"Poutine",votre surnom est provocateur mais révélateur d'une méconnaissance générale sur le sujet.Sachez que j'expérimente depuis 1 an et demi le système de l'autoconsommation par une installation solaire photovoltaïque de 1280 Wc (6 modules). Notre consommation d'électricité en 2013 est tombée à 1253 kW/h avec pour objectif final moins de 1000 Kw/an.Nous sommes 4 à la maison avec tout le confort moderne (L-V ,L- L,...) et nous habitons dans le Nord de la France.L'installation n'a bénéficié d'AUCUNE AIDE avec en plus une TVA à 19,6%.(total ttc 5000€) .Un smart grid va être installé afin de récupérer les électrons produits en excès pour augmenter le rendement du combi solaire thermique.
Réponse de le 21/04/2014 à 17:33 :
@ Poutine7 : Non Steph a raison. La décentralisation de l'énergie et la constitution d'ilôts d'énergie a démarré depuis un moment. La situation apparaît dans les régions avancées du monde où l'offre des particuliers concurrence celle des opérateurs. Des groupes comme Pacif Gas aux Etats Unis ou RWE en Allemagne voient leur rentabilitée remise en question par les énergies renouvelables. Une des meilleures solutions est comme pour les réseaux de chaleur, les ilôts d'énergies plutôt que uniquement l'autoconsommation qui implique au total plus dinvestissements et de ressources. Tout dépendra du prix des systèmes et des services mais logiquement il est moins rentable et efficace d'avoir de multiples systèmes individuels que la mise en place d'ilôts d'énergies reliés entre eux. Quant à l'éolien, les progrès permettent 45% d'intégration d'énergies renouvelables au réseau en l'état actuel donc ce n'est pas l'éolien qui va gêner longtemps, l'intermittence est un problème déjà acté à ce stade.

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